Listeria  


  HEADProf. Marc LECUIT / listeria@pasteur.fr
  MEMBERSMartine BELIN, I.P., (Secrétaire, mbelin@pasteur.fr)
Prof. Marc LECUIT, AP-HP, Université Paris Descartes, Inserm (Responsable G5/CNR/CCOMS, mlecuit@pasteur.fr) / Alexandre LECLERCQ, I.P., (CR, Responsable Adjoint CNR/CCOMS, alexlec@pasteur.fr) / Alban LE MONNIER, IP, (Responsable du CNR du 01/01/2007 au 31/12/2007)
Solène GRAYO, Pharm. D., Etudiante en thèse de Microbiologie, Ecole doctorale B2M, sgrayo@pasteur.fr / Adolfo PALLOTI, Vet. D., Stagiaire du CCOMS, Université de Bologne, Italie
Véronique CADET-DANIEL, I.P. (Technicienne Supérieure, vcadet@pasteur.fr) / Hélène DIEYE, (Technicienne Supérieure intérimaire, hdieye@pasteur.fr) / Anne MORVAN, I.P. (Technicienne Supérieure, amorvan@pasteur.fr) / Marie RAGON, I.P., (Ingénieur, ragon@pasteur.fr) (du 02/10/2006 au 30/09/2007)


  Annual Report

Le Centre National de Référence des Listeria(CNR) et le Centre Collaborateur de l'OMS pour la listériose d'origine alimentaire (CC-OMS) sont affiliés au Groupe « Microorganismes et barrières de l’hôte ». Le CNR est chargé de la surveillance microbiologique et épidémiologique de la listériose en France et des activités de recherche qui en découlent. Le CC-OMS caractérise les souches de L. monocytogenesadressées par des laboratoires étrangers, participe à la formation de scientifiques étrangers et à des projets scientifiques internationaux. Les thématiques de recherche du CNR/CC-OMS visent notamment à améliorer le diagnostic, surveiller l’antibiorésistance de L. monocytogenes, étudier de nouveaux schémas thérapeutiques des infections par L. monocytogeneset développer de nouvelles approches pour l’étude de la biodiversité des populations de Listeria. Ces activités de recherche s’articulent avec celles du Groupe « Microorganismes et barrières de l’hôte », et en collaboration avec l’Unité des Interactions Bactéries-Cellules et la Plateforme de Santé Publique de l’Institut Pasteur.

Activités d’expertise et de Santé Publique

La listérioseest une infection grave, survenant surtout chez les sujets dits « à risque » ayant un déficit immunitaire (patients atteints de cancer sous chimiothérapie, cirrhotique ou diabétique, infectés par le VIH, transplantés d’organe ou de moelle, ou sous traitement immunosuppresseurs dans le cadre de pathologie auto-immunes), les personnes âgées de plus de 60 ans, les femmes enceintes et leurs nouveau-nés. Cette infection se traduit par une phase bactériémique ou septicémique et se complique d’infections du système nerveux central, et chez les femmes enceintes de mort fœtale in utero, d’avortement, d’accouchement prématuré ou d’infection néonatale sévère.

En France, le diagnostic repose sur l'isolement de Listeria monocytogenesà partir d'un site ordinairement stérile. Le CNR reçoit les souches isolées des cas cliniques et les caractérise avec des méthodes phénotypique et génotypique. Il participe à la déclaration obligatoire de la maladie. Parallèlement, le CNR reçoit des souches isolées d’aliments et de leur environnement, lors de contrôles effectués par l’industrie agroalimentaire, ar les services de la Direction Générale de l'Alimentation et les services de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes.

La surveillance régulière des données recueillies pour les souches d'origine humaine permet de suivre l’évolution du nombretotal de cas dits « sporadiques », la répartition des formes cliniques dans chaque groupe à risque, les caractéristiques des souches impliquées, de surveiller leur sensibilité aux antibiotiques, et surtout de détecter les cas groupés de listériose. La surveillance et la caractérisation des souches isolées des aliments ou de leur environnement permettent d'analyser la distribution générale des souches, et de constituer une banque de données permettant, dans certains cas, d'orienter les investigations pour identifier l'origine alimentaire commune de cas groupés.

Lors d'épidémies, le rôle du CNR est le suivant : (1) détection des cas groupés, (2) identification des cas épidémiques, et (3) participation à l'identification du véhicule alimentaire par comparaison des souches isolées des aliments avec celles isolées des cas épidémiques. Le CNR participe étroitement, aux côtés de l'Institut de Veille Sanitaire, à deux systèmes supplémentaires d'investigation de la maladie en France : l'investigation autour des cas d'infection du système nerveux central par L. monocytogeneset l'étude des souches de L. monocytogenesisolées d'un produit alimentaire déjà commercialisé.

Etat de la listériose humaine en 2006selon les données du CNR disponibles à ce jour (les données 2007 seront disponibles fin mars 2008). À partir des souches reçues au CNR, on observe que le nombre de nouveaux cas de listériose recensés en France métropolitaine par an (incidence) est relativement stable depuis 1996 (entre 181 et 272 cas par an, Figure 1) mais une tendance à l’augmentation est détectée mais doit être confirmée en 2007. En 2006, 272 cas sporadiques ont été recensés, ce qui constitue une légère augmentation. Ces données démontrent que le risque associé à Listeriapersiste et nécessite une surveillance continue. La répartition des formes cliniques des cas sporadiques pour 2006 a été la suivante : 31 (11%) formes materno-néonatales et 240 (89%) formes non materno-néonatales. Une diminution importante du nombre des formes périnatales avait été observée entre 1994 et 1996 et le nombre de cas observés en 2006 est le plus faible enregistré depuis 1987. La distribution des formes non materno-néonatales est proche de celles observées les années antérieures : 169 cas de bactériémies/septicémies (70 %), 55 cas d’infections du système nerveux central (23 %) et 16 cas d’autres formes cliniques (7 %).

Centre Collaborateur de l'OMS pour la listériose d'origine alimentaire (CCOMS).

Il participe à la surveillance de la listériose dans certains pays par la caractérisation et le typage desouches, à la formation de microbiologistes étrangers, et développe des programmes de mise en place de système de santé publique pour la listériose dans certains pays jusque-làépargnés et pour lesquels le risque Listeriasemble émerger (exemple des pays du Maghreb). En outre, il participe à des programmes de recherche internationaux.

Activités de Recherche

Biodiversité et études phylogénétiques des populations de Listeria.

La surveillance de la listériose requiert des méthodes de typage moléculaire discriminantes, standardisées et reproductibles. Le Multi-Locus Sequence Typing (MLST) est une technique qui génère ce type de données, utilisées pour le typage moléculaire de nombreuses espèces bactériennes. Nous avons évalué le pouvoir discriminant du MLST pour les souches françaises de L. monocytogenesen comparaison avec celui de la macrorestriction d’ADN en champ pulsé (PFGE) actuellement admise comme technique de référence. Par ailleurs, le MLST génère des informations complémentaires concernant les liens de parenté entre les souches. Nous avons utilisé cette technique pour comprendre l’évolution phylogénique des souches à un niveau global. L’ensemble des données rassemblées a également permis de constituer une base de données ouverte et accessible favorisant les échanges et les collaborations internationales sur l’étude de la structure génétique des populations de Listeria. http://www2.pasteur.fr/recherche/genopole/PF8/mlst/

Validation de nouvelles alternatives thérapeutiques et surveillance de l’antibiorésistance de L. monocytogenes

L. monocytogenes est naturellement sensible aux principaux antibiotiques utilisés en clinique, à l’exception des céphalosporines de troisième génération. Cependant, plusieurs phénomènes inquiétants semblent émerger concernant la sensibilité des souches à certains antibiotiques (étude longitudinale de l’antibiorésistance depuis 1926 en cours) motivant la recherche et la validation de nouvelles alternatives thérapeutiques au traitement de référence actuel qui associe amoxicilline et gentamycine. Une approche épidémiologique et expérimentale nous a permis de mettre en évidence l’efficacité de la moxifloxacine, fluoroquinolone de nouvelle génération, sur une collection de souches de L. monocytogenes. Outre une action rapidement bactéricide sur les formes extracellulaires et les réservoirs intracellulaires de la bactérie, la moxifloxacine présentent des propriétés pharmacocinétiques intéressantes du fait d’une diffusion rapide et précoce dans le parenchyme cérébral d’animaux infectés expérimentalement. Cette étude confirme également le faible pouvoir sélectif de mutant résistant par cette molécule.

Développement de nouveaux tests diagnostiques

Nous avons développé une technique de PCR en temps réel permettant de détecter et de quantifier l’ADN de L. monocytogenes dans les prélèvements biologiques. Ce test a été évalué de façon prospective sur une cohorte de 162 liquides céphalo-rachidiens prélevés de patients avec une forte suspicion de listériose neuroméningée. Cette étude a montré que ce test permet d’améliorer la sensibilité du diagnostic de listériose notamment dans certaines situations cliniques comme une antibiothérapie précédent le prélèvement. La quantification permet également le suivi de l’efficacité du traitement.

Keywords: Listériose, Centre National de Référence, Surveillance, Listeria, Biodiversité, Antibiorésistance

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