Interactions moléculaires Flavivirus-Hôtes


  RESPONSABLEDr DESPRES Philippe / pdespres@pasteur.fr
  MEMBRESBRAULT Jean-Baptiste / BREHIN Anne-Claire / Dr COFFEY Lark / DEJEAN DE LA BATIE Caroline
Dr DESPRES Philippe / MERTENS Eva / Dr NAVARRO-SANCHEZ Erika / Dr PARDIGON Nathalie

  Rapport d'activité

La structure de recherche Interactions Moléculaires Flavivirus-Hôtes a pour vocation d’explorer les interactions moléculaires entre les facteurs viraux et cellulaires en relation d’une part avec la virulence virale et d’autre part, la génétique de sensibilité, l’immunité innée et les défenses anti-virales de l’hôte. La compréhension de ces mécanismes est un pré-requis pour élucider la pathogénie des arboviroses émergentes et prioritaires en santé publique comme la dengue (DEN), la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise, la fièvre du Nil occidental (WN) et la fièvre Chikungunya (CHIK). L’objectif des travaux entrepris est de développer des outils de diagnostic précoce des infections virales et de définir des stratégies de lutte anti-virale y compris des vaccins candidats contre ces maladies humaines à transmission vectorielle.

Les facteurs viraux et cellulaires impliqués dans le virulence des arbovirus.

La petite protéine de membrane M des flavivirus possède des propriétés pro-apoptotiques. Par la technique du double-hybride en levure qui utilise une librairie d’ADNc de cellules spléniques humaines comme proie et les ectodomaines de M comme appâts, nous venons d’identifier un partenaire commun à la majorité des protéines M flavivirales. Le rôle de cet interacteur cellulaire de la protéine M dans la pathogénicité des flavivirus est actuellement exploré. Le virus CHIK est aussi capable d’induire l’apoptose. La sévérité de l’infection par le virus CHIK dépend en grande partie de l’efficacité de la réplication virale et de la capacité du pathogène à contrôler la mort cellulaire par apoptose. Nous caractérisons actuellement les facteurs viraux qui contribuent à la pathogénicité du virus CHIK à partir des isolats cliniques collectés lors de la récente épidémie sur l’Ile de La Réunion.

L’immunité innée aux flavivirus.

La lectine de surface DC-SIGN (CD209) joue un rôle essentiel comme récepteur d’attachement du virus DEN aux cellules dendritiques (DCs) interstitielles humaines. Le polymorphisme génétique -336A/G dans le promoteur de CD209 a été associé au risque de fièvre DEN chez les sujets infectés. Le variant -336G est responsable d’une faible activité transcriptionnelle du promoteur de CD209. Les DCs dermales et leurs progéniteurs CD14+ expriment DC-SIGN. Cependant, les cellules CD14+CD209+ restent réfractaires à l’infection par le virus DEN. Nous analysons actuellement les mécanismes moléculaires à la base de la surprenante résistance des cellules CD14+CD209+ à l’infection virale. L’inhibition de la réplication intracellulaire du virus WN a été démontrée dans les cellules murines exprimant l’isoforme 1b du gène 2’-5’ Oligo-Adenylate Synthetase (Oas1b) qui est dépendant de la voie interféron de Type I. L’échappement du virus WN à l’action de l’Oas1b a été réalisée par passages successifs sur des cellules murines sur-exprimant la protéine Oas1b. Nous étudions les déterminants moléculaires de la résistance à l’Oas1b qui ont été identifiés suite à l’analyse génomique du variant d’échappement du virus WN. L’importance des gènes OAS humains dans l’infection par le virus DEN est explorée sur la base de groupes de patients thaïlandais. Une association spécifique vient d’être identifiée entre un polymorphisme nucléotidique localisé dans un des gènes OAS humains et la sévérité de la maladie. Nous avons développé un modèle in vitro pour étudier l’impact de ce variant sur l’activité fonctionnelle du gène OAS candidat en relation avec la pathogenèse de la dengue.

Candidat vaccin contre la dengue basé sur le virus de la rougeole (MV).

Nous avons démontré que le virus recombinant MV-WNsE est capable d’induire une immunité protectrice contre le virus WN dans un modèle de petit primate. Nous essayons d’adapter ce système pour développer un candidat vaccin contre la dengue basé sur l’utilisation du vaccin pédiatrique Schwarz de la rougeole. Un vaccin efficace contre la dengue doit immuniser l’individu simultanément. contre les quatre sérotypes du virus. Nous validons actuellement un recombinant MV-DEN qui exprime en tandem le sous-domaine antigénique majeur de la glycoprotéine E et l’ectodomaine de M de chacun des sérotypes du virus DEN qui sont exprimées sous le contrôle de l’ADNc génomique infectieux de la souche atténuée Schwarz du virus MV.

Mots-clés: virus à ARN, arboviroses émergentes, pathogenèse virale, immunité innée, vaccinologie

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Virus de la dengue par microscopie électronique (coll. MC. Prévost)

Electron microscopy of Dengue virus (courtesy MC Prevost)



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