Génétique Papillomavirus et Cancer humain


  RESPONSABLEDr FAVRE Michel / mfavre@pasteur.fr
  MEMBRESDr DEMERET Caroline / Dr JACOB Yves / Dr MENDOZA José / NEVEU Grégory
ROLLOY Caroline / Dr VUILLIER Françoise

  Rapport d'activité

Certains génotypes de papillomavirus humains (PVH 16 et 18) sont les agents des carcinomes ano génitaux dont le cancer du col utérin qui constitue le deuxième cancer féminin à l’échelle mondiale. D’autres (PVH5 et 8) sont responsables de cancers de la peau survenant chez des patients souffrant d’épidermodysplasie verruciforme (EV). Cette maladie génétique rare correspond à une sensibilité anormale à un groupe de virus apparentés (les PVH de l’EV) dont les génotypes oncogènes 5 et 8. Nous avons montré que la sensibilité aux PVH de l’EV est associée à des mutations dans deux gènes (EVER1 et EVER2, également dénommés TMC6 et TMC8) dont la fonction n’est pas connue. Il est vraisemblable que les protéines EVER sont impliquées dans la permissivité des cellules cibles des PVH (les kératinocytes) ou dans le déclanchement de la réponse immunitaire dirigée contre les cellules infectées. Le but des recherches menées dans l’unité est de déterminer la fonction des protéines EVER1 et EVER2 dans une cellules normale et dans un kératinocyte infecté et de comprendre les mécanismes de la transformation maligne associée aux PVH oncogènes. Notre stratégie repose sur l’utilisation de la méthode du double hybride chez la levure pour identifier les facteurs cellulaires interagissant avec les protéines EVER ou les protéines virales E6 et E7 des PVH cutanés ou muqueux agents de lésions bénignes ou malignes

Fonction des protéines EVER.

Nous avons montré que les protéines EVER1 et 2 interagissent avec la protéine transporteuse de zinc , ZnT-1. Les trois protéines sont localisées au niveau du réticulum endoplasmique et jouent un rôle dans la localisation intracellulaire du zinc libre. Elles sont impliquées dans l’inhibition de l’expression de facteurs de transcription cellulaire induits par le zinc (MTF-1) ou des cytokines (c-Jun, elk, c-fos). Nous étudions actuellement l’impact de mutations dans les protéines EVER1 et EVER2 sur le mode d’expression de différentes cytokines dans des lignées de cellules lymphoblastoides ou de kératinocytes isolées de patients et de sujets sains de familles atteintes d’EV.

Afin de tirer des enseignements sur le contrôle des PVH de l’EV dans des cellules infectées, nous recherchons si les protéines EVER et ZnT-1 interagissent avec les protéines virales de transformation E6 et E7 des PVH cutanés (PVH5, 8) et génitaux (PVH6 et 16) ou interfèrent avec des voies de signalisation cellulaires modifiées par les PVH oncogènes. Enfin, nous analysons dans des kératinocytes en voie de différenciation (cultures en radeau) l’impact de mutations dans le gène EVER2 sur la transcription de gènes viraux précoces (E1, E2, E6 et E7) et sur les stades tardifs de l’infection virale (réplication de l’ADN, formations de virions).

Réseaux d’interactions des protéines précoces des PVH associés à des lésions bénignes et malignes

Notre but est d’étudier les stratégies développées par les PVH pour se répliquer et, dans le cas des PVH oncogènes, pour transformer des kératinocytes. Nous avons réalisé le clonage moléculaire des gènes E6 et E7 de 12 PVH cutanés et génitaux induisant des lésions bénignes (PVH à bas risque de type 1, 3, 6, 9, 11, 32) ou malignes (PVH à haut risque de type 5, 8, 16, 18, 33, 39). L’utilisation d’un criblage double hybride à haut débit nous a permis d’identifier 1.460 interactions entre les différentes protéines E6 et les protéines cellulaires. Nous analysons certaines de ces interactions par différentes méthodes de GST pull-down, d’immunoprécipitation ou de SELDI TOF. Des approches bioinformatiques nous permettrons d’intégrer les interactions observées aux réseaux des interactions cellulaires. Nous étudions actuellement les interactions existant entre la protéine E6 du PVH5 et des protéines spécifiques de la voie de signalisation du facteur de croissance tumorale (TGF-β1) et analysons les conséquences de l’inhibition observée sur le cycle viral et la conversion maligne des kératinocytes.

Ces études font partie du projet I-MAP (Infection Mapping Project) établi entre l’IFR 128 de l’INSERM (Biosciences Lyon-Gerlant) et l’Institut Pasteur (Laboratoire de Génomique Virale et Vaccination et notre unité).

Perspectives

Ces études devraient permettre une meilleure compréhension des stratégies virales mises en jeu dans la carcinogenèse cutanée et génitale et de définir de nouvelles approches pour le contrôle des infections par les PVH qui sont très répandues dans la population générale

Mots-clés: virologie, papillomavirus humain, cancers génitaux et cutanés, prédisposition génétique, épidermodysplasie verruciforme, gènes EVER1 et EVER2, oncoprotéines virales, voies de signalisation



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