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Version PDF      Virologie et d'Immunologie Cellulaire - URA CNRS 1930


  Responsable : Hovanessian, Ara (arahovan@pasteur.fr)


  resume

 

Nous étudions les mécanismes d'entrée du VIH dans les cellules cibles avec pour objectif la mise au point d'inhibiteurs spécifiques de l'infection. Par ailleurs, l'infection par le VIH, comme tous les virus, conduit à la production d'interféron qui joue le rôle de première barrière contre l'extension de la virémie. Dans cette optique, les principales lignes de recherche sont les suivantes : 1) Etude de l'entrée du VIH et de son inhibition par le pseudopeptide HB-19 ou la cytokine Midkine; 2) Rôle du facteur de transcription IRF7 dans l'établissement d'une réponse anti-virale sous le contrôle de l'interféron.



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Le pseudopeptide HB-19 inhibe la fixation du VIH à la surface des cellules cibles par le biais d'une interaction avec le domaine C-terminal de la nucléoline (A. Hovanessian, B. Krust, E. Said)

Le pseudopeptide 5[Ky (CH2N)PR]-TASP, nommé HB-19, inhibe la fixation des particules du VIH aux cellules cibles en se fixant à la nucléoline exprimée à la surface cellulaire. À l'aide de différents mutants de délétion de la nucléoline, nous avons démontré que son extrémité C-terminale, le domaine qui contient neuf répétitions du motif RGG, constitue le site minimal de fixation d'HB-19. Par extrapolation, il est possible de suggérer que ce domaine RGG corresponde au site d'interaction de la glycoprotéine de surface du VIH, avec la nucléoline. Afin de confirmer cette hypothèse nous avons synthétisé un peptide de 63 acides aminés (dénommé N63) correspondant aux résidus du domaine RGG de la nucléoline. Le peptide N63 inhibe l'infection de cellules par l'isolat T-tropique LAI ou par l'isolat M-tropique Ba-L. Ce résultat tend à confirmer que le domaine RGG de la nucléoline est impliqué dans la fixation du VIH aux cellules permissives.

L'ancrage du VIH aux cellules permissives induit un co-capping des particules virales et de la nucléoline de surface au niveau de radeaux lipidiques. (A. Hovanessian, B. Krust, J. Svab)

Le couplage des particules virales à la surface des cellules permissives, à l'aide d'anticorps, conduit à un rassemblement latéral coordonné des virions, ou " capping ", et à leur colocalisation avec des agrégats formés de la nucléoline, le CD4 et le CXCR4, mais dont est exclu le CD45. Ce phénomène s'accompagne d'une colocalisation des virions et de la nucléoline avec les microdomaines membranaires constitués de gangliosides, et de protéines couplées au glycosylphosphatidylinositol, comme le CD90 et le CD59. Ceci suggère que l'ancrage du VIH aux cellules induit une réorganisation de protéines membranaires, dont la nucléoline, au niveau de radeaux lipidiques. En accord avec ces données, on observe une copurification de la nucléoline avec les microdomaines membranaires enrichis en glycolipides, qui présentent la particularité d'être insoluble en présence d'un détergent non ionique comme le Triton-X100. Nos résultats démontrent que l'ancrage des particules virales à la surface des cellules cibles s'accompagne d'une agrégation de la nucléoline, au niveau des microdomaines membranaires de type radeaux lipidiques.

Le facteur de croissance midkine est une cytokine qui inhibe l'infection par le VIH. (A. Hovanessian, E. Said, B. Krust, J. Svab)

Un ligand physiologique de la nucléoline, le facteur de croissance Midkine, s'est révélé être une cytokine qui inhibe par une voie autocrine ou paracrine l'accrochage des particules virales selon un mécanisme identique à celui d'HB-19. Nous avons démontré que la nucléoline exprimée à la surface cellulaire est le récepteur de faible affinité de MK, et qu'elle est impliquée dans son processus d'entrée dans les cellules, probablement par le biais des radeaux lipidiques. Vu de son action anti-VIH, son expression constitutive dans les lymphocytes circulant de donneurs sains et l'augmentation significative de sa synthèse après stimulation spécifique des lymphocytes T, la Midkine apparaît être une cytokine impliquée dans le contrôle de l'infection par le VIH. MK pourrait représenter parmi les autres cytokines et chimiokines précédemment décrites dans la littérature, un élément de défense naturel supplémentaire dirigé contre le VIH. De ce fait, MK pourrait jouer un rôle dans la physiopathologie du SIDA.

Rôle du facteur IRF7 dans l'établissement de l'état antiviral en réponse aux infections virales (A. Hovanessian, I. Marié, H. Collandre et A. Caillaud)

Nous avons récemment démontré que le facteur de transcription IRF7 (Interféron Regulatory Factor) est responsable de l'induction transcriptionnelle différentielle d'une sous-classe d'interférons de type I en réponse à toute infection virale. IRF7, étant lui-même inductible par l'interféron, est la protéine responsable du feedback positif de l'interféron sur sa propre synthèse. Il assure une réponse antivirale maximale qui permet d'arrêter le développement du virus dans la cellule infectée et de prévenir l'infection des cellules voisines par action paracrine de l'interféron.

- Etude des sites de phosphorylation d'IRF7 et recherche de nouveaux gènes cibles

L'objectif est d'établir une réponse immune innée contre les infections virales par l'expression d'IRF7. Les travaux antérieurs du groupe d'A. Hovanessian ont montré que la phosphorylation des six dernières sérines d'IRF7 en réponse à l'infection virale est une étape cruciale de son activation et que le remplacement de ces sérines par des résidus aspartate (mutation phosphomimétique) engendre une forme transactivatrice constitutive très active. L'objet du projet est de rechercher de nouveaux gènes cibles d'IRF7 en exprimant la forme sauvage ou mutée d'IRF7 dans des cellules insensibles à l'interféron (déficientes pour STAT1). Il est également de contrôler l'infection des lymphocytes T par le VIH, in vitro, en augmentant la production d'interféron dans ces cellules par transduction du gène IRF7 sauvage ou muté à l'aide d'un vecteur antiviral. Si cette stratégie s'avérait efficace, l'utilisation de cette approche pour augmenter la production d'interféron au cours de l'infection par le VIH, in vivo, pourrait être envisagée.

- L'acétylation d'IRF7 inhibe sa capacité de liaison à l'ADN.

Nous avons démontré qu'IRF7 est acétylé in vivo par les histone-acétyltransférases p300/CBP-associated factor (PCAF) et GCN5. L'unique résidu lysine cible de l'acétylation, la lysine 92, est localisé dans le domaine de liaison à l'ADN (DBD) et est conservé dans toute la famille des IRFs. Un mutant non-acétylable par PCAF en raison d'une modification des aminoacides voisins de la lysine 92 se caractérise par une plus forte capacité de liaison à l'ADN et une activité accrue en comparaison à IRF7 sauvage. Par ailleurs, nous avons montré que IRF7 acétylé possède une capacité de liaison à l'ADN moindre et que la sur-expression de PCAF entraînait une diminution de l'activité d'IRF7. Dans leur ensemble, nos résultats suggèrent fortement que l'acétylation de la lysine 92 module négativement l'affinité d'IRF7 pour l'ADN.

Mots-clés: VIH, entrée virale, pseudopeptide, midkine, interféron, IRF7, acétylation



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  Secrétariat Chercheurs Stagiaires Autre personnel
  TALPIN, Evelyne (evtalpin@pasteur.fr) HOVANESSIAN Ara, CNRS/IParahovan@pasteur.fr

KRUST Bernard, INSERM bkrust @pasteur.fr

MARIE Isabelle, IPimarie@pasteur.fr

CAILLAUD Alexandre Thésard (caillaud@pasteur.fr)

SAID Elias, Thésard (eliasans@pasteur.fr)

COLLANDRE Hélène, Ingénieur de Recherche I, CNRS (hecol@pasteur.fr)

SVAB Josette, Assistante Ingénieur, CNRS (jsvab@pasteur.fr)

FERRIS Stéphane, Technicien Sup., IP (06/02 - 11/02) (sferris@pasteur.fr)

GEORGES, Monique, Aide de laboratoire IP (mi-temps) (mgeorges@pasteur.fr)

QUEROL, Chantal, Aide de laboratoire IP (mi-temps)


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