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Développement de stratégies pour la thérapie génique.
- La distribution systémique d'apolipoprotéine E3 à partir du foie génétiquement modifié par un vecteur adénoviral nous a permis de montrer une régression de la maladie athéromateuse chez la
souris déficitaire (C. Desurmont, collaboration avec RPR Gencell).
- La distribution systémique permanente de grandes quantités d'érythropoiétine (Epo) a été obtenue par une injection de vecteur AAV ou par l'electro-transfert d'ADN nu dans le muscle. Le niveau de sécrétion est modulable grâce à la présence dans le vecteur d'un promoteur inductible par la tétracycline. Cette procédure permet l'établissement d'une érythropoïèse fonctionnelle de type ftal chez la souris thalassémique et une correction de l'anémie hémolytique, définitive dans le cas de l'injection de vecteur AAV. Les mécanismes mis en jeu par l'érythropoiétine ont été élucidés. Les doses élevées d'Epo secrétées par le muscle conduisent au recrutement de précurseurs érythroïdes de type BFU-E dont l'engagement rapide vers la différenciation s'accompagne d'une absence d'extinction du programme ftal (S. Samakoglu, D. Bohl).
- Les maladies de surcharge lysosomale peuvent être corrigées par un apport substitutif de l'enzyme manquante. Pour les maladies lysosomales affectant le système nerveux central, qui sont les
plus fréquentes, cet apport ne peut se concevoir que par la sécrétion in situ à partir de cellules génétiquement modifiées. L'injection stéréotaxique de vecteurs AAV ou de vecteurs lentiviraux dans
le cerveau permet d'obtenir une telle sécrétion de manière définitive. Nous avons montré dans le modèle de la souris MPS VII que l'enzyme peut être distribuée à l'ensemble du cerveau,conduisant à une correction de la pathologie (N. Desmaris). Des études similaires ont été initiées dans des modèles murins d'autres maladies lysosomales et chez le chien afin de juger de la faisabilité de cette approche chez les enfants atteints (collaboration avec M. Tadié, laboratoire de Neurochirurgie du CHU Bicêtre et avec P. Moullier, CHU de Nantes).
Etude des phases précoces de l'infection rétrovirale.
- Nous avons poursuivi notre analyse du fonctionnement du récepteur PiT-2 des oncorétrovirus murins amphotropes (C. Salaün, P. Rodrigues). PiT-2 permet l'entrée des rétrovirus murins amphotropes. Il fonctionne comme un transporteur pour les ions sodium et phosphate. C'est une molécule à multiples transmembranes. Nous avons précisé l'organisation topologique de PiT-2 et son état d'oligomérisation. Ces caractéristiques semblent importantes pour la régulation de l'activité de PiT-2, aussi bien en regard du transport ionique que de l'entrée virale.
- Le VIH infecte les lymphocytes T et les cellules présentatrices d'antigène, macrophages et cellules dendritiques. Nous avons montré que pour les virus de type R4 le mécanisme de fusion implique la localisation des récepteurs CD4 et CXCR4 en dehors des microdomaines raft (J.M. Heard, collaboration avec D. Kabat). Les macrophages internalisent les particules de manière non spécifiques dans des vésicules de micropinocytose. L'interaction spécifique de l'enveloppe virale avec un co-récepteur CCR5 conduit à la fusion avec la membrane vésiculaire (V. Maréchal, O. Schwartz). La dégradation des capsides entrantes implique probablement le protéasome. Elle génère des peptides qui peuvent rejoindre les molécules de classe I en cours de synthèse et être présentés à des CTL spécifiques (O. Schwartz, collaboration avec F. Buseyne et Y. Rivière). Cette présentation antigénique par la voie exogène, en l'absence de néosynthèse des protéines virales, joue potentiellement un rôle important dans la réponse immunitaire antivirale. La reconnaissance ultérieure des cellules infectées est compromise par l'expression de Nef (O. Schwartz). Nous avons poursuivi l'analyse des mécanismes par lesquels Nef diminue l'expression du CMH-1 à la surface cellulaire (S. Le Gall, O. Schwartz). Plutôt que d'accélérer le recyclage des molécules de surface, nous avons montré que Nef perturbe l'adressage du CMH-1 à la surface cellulaire et provoque sa rétention dans le réseau transgolgien. Nous étudions en outre le rôle de Nef d'un point de vue virologique et immunologique au cours de la réplication du VIH dans les cellules dendritiques (N. Sol-Foulon, C. Petit). |