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Le criblage d'une banque d'ADNc de Trypanosoma cruzi avec des sérums de malades atteints de cardiomyopathie chagasique (infection par Trypanosoma cruzi, responsable de la Trypanosomose américaine) a permis d'identifier un antigène parasitaire spécifique de cette forme de la maladie. Il s'agit d'une protéine ribosomale P2 (Tc-P2), de la famille des protéines ribosomales acides. La particularité de la réponse humorale des patients chagasiques est la reconnaissance exclusive d'un épitope dans la partie C-terminale de Tc-P2 dont la séquence est très conservée dans l'évolution. En particulier sur les 13 acides aminés C-terminaux, un seul acide aminé diffère entre le parasite et l'homme. Le modèle expérimental (infection de la souris par T. cruzi) donne le même profil de réponse anti-TcP2. Un anticorps monoclonal spécifique de cet épitope (mAb 17.2) reconnaît la seconde boucle extra-cellulaire du récepteur b1-adrénergique et exerce un effet chronotropique sur des cardiocytes in vitro. Cet effet d'augmentation des battements cardiaques pourrait être corrélé à une partie de la pathologie cardiaque observée chez les malades. L'activité de cet anticorps monoclonal sur le rythme cardiaque est actuellement étudiée in vivo chez la souris.
Des essais de cristallisation du complexe monoclonal 17.2 avec la molécule TcP2 recombinante sont en cours, en collaboration avec l'Unité d'Immunologie structurale. La définition des interactions anticorps-antigène et, en particulier, avec le récepteur b1-adrénergique pourrait contribuer à l'élaboration de médicaments appropriés à cette cardiopathie, qui présente certaines similitudes avec la cardiopathie dilatée dont l'étiologie est inconnue. |