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Notre groupe qui faisait partie durant l'année 2000 de l'Unité d'Oncologie Virale, et qui constitue depuis début 2001 la nouvelle Unité d'Epidémiologie et Physiopathologie des Virus Oncogènes a continué et développé ses travaux dans les domaines suivants :
- Epidémiologie de l'infection par le virus herpès humain 8 et HTLV-1 dans les zones de fortes endémies en Guyane française. Nous avons démontré que l'HHV8 se transmettait de la mère à l'enfant, puis entre enfants dans une population endémique. La transmission entre couples hétérosexuels semble très faible dans ces zones. Il s'agit de la première démonstration des modes de transmission de ce virus en zone endémique. Ce travail se poursuit en Afrique Centrale. Par ailleurs, nous continuons des travaux d'épidémiologie clinique, et analytique des infections par le virus HTLV-1 et les maladies associées.
- Epidémiologie moléculaire des virus de type HTLV-1/2 et des virus simiens STLV. Nous avons séquencé partiellement plus de 30 nouvelles souches de STLV-I, originaires d'Afrique ou d'Asie du Sud-Est. De plus, la séquence complète (près de 9000 bp) d'un nouveau virus de type PTLV-L particulièrement divergent a été réalisée. Enfin, une vaste étude d'épidémiologie clinique et moléculaire HTLV-2 a été réalisée dans différentes populations (en particulier des Pygmées) vivant en zones forestières au Cameroun.
- Enfin, nous avons développé des travaux visant à mieux comprendre la résistance à l'apoptose des cellules infectées par l'HTLV-1 et les mécanismes d'action in vivo et in vitro de certaines drogues telles l'arsenic et l'interféron a utilisées dans le traitement des leucémies T de l'adulte.
- Des travaux concernant la neuro-pathogènèse de l'HTLV-1 ont aussi été réalisés : étude immuno-virologique des lésions de patients ayant des TSP/HAM et étude in vitro du passage de la barrière hémato-encéphalique par l'HTLV-1.
- Variabilité génétique du virus HHV8 et des virus simiens apparentés. Une étude de 80 nouvelles souches d'HHV8 provenant de patients d'origine africaine et ayant soit un sarcome de Kaposi (SK), soit un lymphome des cavités (PEL), soit une maladie de Castleman multicentrique (MCD), a montré l'existence de nouveaux variants d'HHV8 et de 2 sous-types en Afrique. Ces travaux ont permis de soulever de nouvelles hypothèses concernant l'origine, l'évolution et les voies de dissémination de ce virus. Enfin, nous avons découvert et caractérisé de nouveaux virus apparentés à l'HHV8 chez les singes d'Afrique et en particulier les gorilles et chimpanzés. Ces nouveaux virus sont les virus simiens les plus proches de l'HHV8 actuellement connus.
- Clonalité in vivo de l'HHV8 dans les différentes tumeurs associées (SK, PEL, MCD). Nos résultats préliminaires constituent la première démonstration indiscutable de la clonalité cellulaire de certaines lésions de Sarcome de Kaposi. Ils renforcent l'hypothèse d'un rôle transformant direct du virus latent dans la pathogenèse de ces tumeurs.
Pour la plupart de ces travaux, les collaborations avec de nombreux collègues et amis du Réseau International des Instituts Pasteur et Instituts Associés (en particulier Guyane, Cameroun et RCA) ont été absolument cruciales. |