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Bases moléculaires de la mobilité en glissant et l'invasion cellulaire par les sporozoïtes (Teresa Gil Carvalho, Friedrich Frischknecht, Sabine Thiberge)
Comme tout stade invasif du phylum des Apicomplexes, le sporozoïte de Plasmodium exprime deux phénotypes majeurs: il est capable de glisser' sur un substrat solide (sans changer de forme, ce qui distingue la mobilité en glissant de la classique mobilité en rampant) et d'envahir toute cellule adhérente. Ces deux processus ont des bases communes et résultent d'un phénomène de capping d'interactions entre le parasite et le substrat ou la cellule : la translocation postérieure de ces interactions entraîne le mouvement en avant du parasite (sur le substrat ou à l'intérieur d'une vacuole parasitophore dans la cellule hôte).
Notre travail précédent avait montré que 1) mobilité et invasion des sporozoïtes dépendent d'une protéine transmembranaire, TRAP; 2) TRAP lie un système moteur actine-dépendant à des récepteurs sur le substrat/cellule qui servent d'ancrage pour la mobilité/pénétration du sporozoïte; 3) deux modules d'adhésion présents dans la partie extracellulaire de TRAP, un domaine I de chaîne ad'intégrine et un motif de type 1 de la thrombospondine, constituent les ligands nécessaires et suffisants pour l'entrée du sporozoïte dans toute cellule cible (notamment les glandes salivaires du moustique et les hépatocytes de rat in vivo). Nous tentons actuellement 1) d'identifier le(s) récepteur(s) cellulaire(s) reconnu(s) par le domaine I de TRAP, qui médie l'essentiel des capacités invasives du sporozoïte, et 2) de caractériser le système moteur qui transloque TRAP et fournit la force nécessaire à la mobilité et au pouvoir invasif du sporozoïte. Ce deuxième point est abordé par la recherche de produits qui lient la partie cytoplasmique de TRAP et le développement de techniques de mutagénèse conditionnelle, qui seront nécessaires à l'analyse de la fonction des composants du système moteur spécifiquement au stade sporozoïte.
Identification de produits parasitaires et cellulaires nécessaires au développement du parasite dans l'hépatocyte (Hiroshi Sakamoto, Sylviane Pacheco, Alka Agrawal)
Une fois le sporozoïte dans une vacuole à l'intérieur de l'hépatocyte, son développement l'amène à se dédifferencier et à générer des dizaines de milliers de mérozoïtes, le stade parasitaire qui infecte les érythrocytes et cause tous les symptomes de la maladie. La plupart des études portant sur les stades hépatiques du parasite ont tenté de caractériser de nouveaux candidats vaccinaux, ainsi que les bases immunologiques de la protection solide induite par l'injection de sporozoïtes irradiés (dont le développement intrahépatique est bloqué). En revanche, notre connaissance du processus de maturation du parasite dans le foie est limitée à quelques études descriptives, et on ne connaît que quelques molécules parasitaires spécifiques des stades intrahépatocytaires. Ceci est dû aux difficultés d'obtention de matériel parasitaire pur et de manipulation de ces stades produits en très faibles quantités.
Pour faciliter l'étude de ces stades parasitaires, nous avons construit un clone de P.berghei qui exprime la GFP aux stades d'intérêt, et qui permet pour la première fois de séparer par FACS les rares cellules infectées des cellules non infectées. A l'aide de ce système, nous voulons caractériser l'interaction précoce entre le parasite et l'hépatocyte. Nous avons entamé l'identification de gènes parasitaires exprimés après l'entrée du sporozoïte dans la cellule hôte, ainsi que des gènes hépatocytaires dont l'expression est modifiée par l'infection parasitaire, grâce aux techniques complémentaires d'analyse de transcriptomes (par shotgun microarray) et d'hybridation soustractive et suppressive. |