Institut Pasteur Rapport d'activité de l'unité Listeria pour l'année 1999


Responsable : ROCOURT Jocelyne (jrocourt@pasteur.fr)

Résumé du rapport

Centre National de Référence des Listeria (CNR): surveillance microbiologique de la listériose humaine, participation aux investigations pidémiologiques de la listériose en France.

Centre Collaborateur de l'OMS pour la listériose d'origine alimentaire (CCOMS): participation à la surveillance de la listériose dans certains pays, étude multicentrique sur les méthodes de typage de L. monocytogenes.

Recherche : étude de l'expression de protéines de virulence (LLO, ActA, InlB et Ami) dans une population de souches de L. monocytogenes isolées de cas cliniques et d'aliments.

Abstract

National Reference Center of Listeria : Laboratory-based surveillance of listeriosis and participation in investigations of listeriosis epidemiology in France.

World Health Organization Collaborating Center for Foodborne Listeriosis : Participation in laboratory-based surveillance of listeriosis in some Countries, multicenter study on L. monocytogenes typing.

Research : characterization of two populations of L. monocytogenes (strains isolated from humans and from foods) by their virulence proteins profils (LLO, ActA, InlB and Ami).

Texte du rapport

Laboratoire des Listeria
Rocourt Jocelyne
Fax : 01 40 61 35 67
Tel : 01 40 61 31 12
E-mail : listeria@pasteur.fr

Centre National de Référence des Listeria (CNR)

La listériose est une maladie grave survenant préférentiellement chez les sujets dont le système immunitaire est perturbé (femmes enceintes et nouveau-nés, personnes âgées et sujets souffrant d'affections atteignant le système immunitaire et plus particulièrement de cancers ou subissant des thérapeutiques immunosuppressives). Cette infection se traduit selon le cas, par des avortements ou la naissance d'un enfant infecté, des infections du système nerveux central ou encore des bactériémies. Le diagnostic repose sur l'isolement de la bactérie à partir d'un site le plus souvent normalement stérile. Le CNR reçoit les souches isolées par les biologistes médicaux et les caractérise avec des méthodes phénotypiques et moléculaires. Parallèlement, le CNR reçoit un certain nombre de souches isolées des aliments et de leur environnement, lors d'autocontrôles effectués par les industriels de l'agro-alimentaire, lors de contrôles officiels effectués par les services vétérinaires ou encore dans le cadre du plan de surveillance "Listeria" de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes.

La surveillance régulière des données permet pour les souches d'origine humaine : - d'évaluer des tendances concernant le nombre total de cas, - de détecter les premiers cas groupés en début d'épidémie, - de suivre l'évolution de la listériose dans les populations à risque, - d'évaluer l'impact des mesures de prévention sur l'incidence, - de participer à la déclaration obligatoire de la maladie (toute notification de cas au CNR étant immédiatement transmise à l'Institut de Veille Sanitaire), - de surveiller la sensibilité des souches aux antibiotiques, - et pour les souches d'origine alimentaire : de surveiller la distribution des souches et de disposer d'une banque de données permettant d'orienter les investigations pour identifier l'origine alimentaire de cas groupés.

Lors d'épidémies, le rôle du CNR est le suivant : - détection des cas groupés,
- identification des cas épidémiques,
- participation à l'identification du véhicule alimentaire par comparaison des souches isolées des aliments suspects avec les souches isolées des cas épidémiques.

Etat de la listériose humaine en 1999 selon les données du CNR :

Deux cent vingt-neuf cas sporadiques ont été recensés en 1999, à partir des souches reçues au CNR. La répartition des formes cliniques a été la suivante : 58 (25%) formes materno-néonatales et 171 (75%) formes non materno-néonatales. Une diminution importante du nombre des formes périnatales a été observée en 1994 et depuis cette date, le nombre de ces formes diminue régulièrement. La distribution des formes non périnatales, en bactériémies : 109 cas (64%), infections du système nerveux central : 48 cas (28%) et autres formes : 14 cas (8%), est comparable à celle de 1998.
En 1996,1997, 1998 et 1999, le nombre de cas de listériose a été compris entre 220 et 230 cas. Les résultats de l'année 1999 confirment donc la baisse importante du nombre de cas observé depuis 1996 (301 cas en 1995). Cette baisse est à mettre en relation avec les mesures concernant les denrées alimentaires (de la production à la distribution) et avec les recommandations aux populations à risque.

Centre Collaborateur de l'OMS pour la listériose d'origine alimentaire (CCOMS) : - participation à la surveillance de la listériose dans certains pays par le typage des souches ; - collecte d'informations sur la listériose dans différents pays (incidence, caractéristiques épidémiologiques) ; - étude multicentrique sur le typage de L. monocytogenes (5 méthodes étudiées par des laboratoires de 15 pays).

Recherche : étude de l'expression de protéines de virulence chez L. monocytogenes. Actuellement, toute souche de L. monocytogenes est considérée comme potentiellement pathogène pour l'homme. Un certain nombre d'observations suggère que certaines souches présentes dans les aliments pourraient être moins fréquemment responsables d'infections chez l'homme : inégale répartition des sérovars, des ribovars, des profils d'isoenzymes ou des protéines de surface des souches selon leur origine humaine ou alimentaire, hétérogénéité de la virulence des souches sur modèles animaux ou cellulaires. Toutefois, aucun marqueur des souches pathogènes pour l'homme, ou au contraire des éventuelles souches peu ou non pathogènes, n'a été identifié.
Un certain nombre de travaux effectués par Pascale Cossart et son équipe (Unité des Interactions Bactéries-Cellules) a conduit à la mise en évidence des mécanismes moléculaires d'invasion de l'hôte par L. monocytogenes. Une étude de l'expression de plusieurs facteurs de virulence impliqués dans différentes étapes du cycle infectieux est actuellement menée en collaboration avec cette unité, afin de comparer souches cliniques et souches d'origine alimentaire. Un set de 450 souches de L. monocytogenes, 300 responsables de cas sporadiques de listériose survenus la même année en France, et 150 souches isolées d'aliments pendant la même période, est en cours de caractérisation pour les protéines suivantes : - LLO (Listeriolysine O) : premier facteur de virulence mis en évidence pour L. monocytogenes, cette protéine sécrétée permet la lyse de la vacuole de phagocytose et donc la libération de la bactérie dans le cytoplasme de la cellule hôte. - ActA : intervient dans la polymérisation de l'actine nécessaire au mouvement intracellulaire de L. monocytogenes et son passage de cellule à cellule. - InlB : à la fois de surface et sécrétée, InlB est nécessaire et suffisante pour l'entrée de la bactérie dans la plupart des cellules hôtes. - Ami : exclusivement à la surface de la bactérie, cette protéine est une bactériolysine de L. monocytogenes et d'autres bactéries à Gram positif.

Mots-clefs : listériose, surveillance, Listeria, protéines de virulence.

Personnel de l'unité

Secrétariat de l'unité

Christine Phan
cphan@pasteur.fr
Tél : 01 40 61 31 12
Fax : 01 40 61 35 67

Chercheurs de l'unité

Jocelyne ROCOURT
Christine JACQUET

Autre personnel de l'unité

Isabelle André
Bénédicte Auvigne
Laeticia Bellon
Florence Brouillé
Evelyne Filiatre
Josiane Grégoire
Cécile Saint-Cloment

Publications de l'unité

En cas de problèmes ou de remarques concernant ce serveur Web, écrire à rescom@pasteur.fr. Cette page a été modifiée pour la dernière fois le Jeudi 30 Novembre 2000 à 10 h 27 (Temps Universel) .