CNRS URA 1961
cumano@pasteur.fr)Les lymphocytes sont constamment générés à partir des cellules hématopoïétiques souches (CHSs). Nos objectifs sont: 1. L’isolement d’une population homogène de CHSs et la caractérisation des mécanismes de détermination de lignée au cours du processus de différenciation en lymphocytes T. 2. L’identification des ligands spécifiques reconnus par les lymphocytes Tgd. 3. La régulation du nombre total de lymphocytes T du système immunitaire périphérique et l’origine des populations lymphocytaires régulatrices qui maintiennent la tolérance aux composants du soi.
Lymphocytes are constantly generated from hemopoietic stem cells. Our aims are: 1. The purification of stem cells and the characterisation of lineage commitment during T cell generation. 2. The identification of ligands for gd T cells. 3. The study of mechanisms underlying the regulation of numbers of T cells in the periphery and the origin of lymphocytes regulating graft rejection.
Développement hématopoïétique chez l’embryon de souris. Responsable A. Cumano.
Les cellules sanguines sont constamment générées, dans les organes hématopoïétiques, à partir d'un type cellulaire appelé cellule hématopoïétique souche (CHS) qui est multipotent, capable de se différencier en érythrocytes, cellules myéloïdes et lymphoïdes et qui a la capacité d'auto-renouvellement. Les CHSs se trouvent dans la moelle osseuse chez la souris adulte et dans le foie foetal, chez l'embryon. Ces organes présentent, néanmoins, une complexité cellulaire très grande et, en conséquence, la fréquence des CHSs est de l'ordre de 10-5.
Nos objectifs sont:
1. L’isolement d’une population homogène de CHSs à partir du local où elles sont générées, pendant le développement embryonnaire, et leur caractérisation. Les CHS d’origine embryonnaire sont en division cellulaire. Nous nous proposons d’utiliser cette propriété pour tester leur capacité à être infectées par des vecteurs rétroviraux et ainsi établir un système de transfèrt de gènes.
2. La compréhension des mécanismes de détermination de lignée que les CHSs subissent au cours du processus de différenciation en lymphocytes T. Pour cela, nous cherchons à identifier, purifier et caractériser les précurseurs de lymphocytes T qui migrent du foie foetal au thymus. Cette population cellulaire constitue les précurseurs immédiats des thymocytes, capables de reconstituer le compartiment cellulaire T d’un individu.
Cette étude ouvre la possibilité de manipuler une population homogène de CHS et des précurseurs éventuellement déterminés dans la voie de différenciation lymphocytaire T. La capacité de contrôler le devenir de ces précurseurs aura des implications importantes dans les situations pathologiques où la greffe de cellules hématopoïétiques est la thérapie de choix. Cette thérapie est importante dans le traitement des immunodéficiences, dont le SIDA.
Les CHS d’origine embryonnaire et leurs progéniteurs déterminés sont en division cellulaire active, ce qui leur confère la capacité d’être infectées par des vecteurs rétroviraux. Cette caractéristique présente donc un avantage par rapport aux CHSs de la moelle osseuse adulte qui sont plutôt au repos. Ces cellules deviendront alors un outil précieux une fois administrées aux patients: comme source de cellules capables de reconstituer le système hématopoïétique en général ou exclusivement de précurseurs de lymphocytes T. Les CHSs d’origine embryonnaire constituent une source enrichie de cellules immuno-incompétentes qui vont mûrir dans le nouvel organisme, sans les dangers de réaction de greffe contre l'hôte.
Nous avons détecté des cellules hématopoïétiques multipotentes dans le mésoderme intraembryonnaire, autour du mésenchime aortique, avant le peuplement du foie foetal. Cette région dénommée Splanchnopleure (Sp)/Aorte, Gonades, Mésonephros (AGM) est peut-être le seul endroit de génération de novo de cellules hématopoïétiques souches. Des expériences de dilution limite ont montré que ces précurseurs multipotents augmentent en nombre, avec le stade de développement de l'embryon alors que nous n’observons aucune activité de différenciation. Cette activité de génération de cellules souches atteint un niveau maximal au 10.5ème jour de gestation puis décroît rapidement pour s’éteindre vers le 12.5ème de gestation (6).
Les CHSs fondatrices de l’hématopoïèse définitive sont donc originaires du mésoderme intraembryonnaire. Les CHSs arrivent au foie fœtal entre le 10ème et le 11ème jour de la gestation et au thymus vers le 11ème jour de la gestation. Le thymus reçoit un apport constant de précurseurs qui doivent migrer du foie foetal, après extinction de la région paraaortique comme source de cellules souches. Pour identification ultérieure des précurseurs des thymocytes dans le foie foetal, nous avons déterminé le nombre de précurseurs de cellules T dans le foie. Avec des outils d'analyse unicellulaire dans des systèmes de culture qui permettent la détermination de la fréquence des précurseurs de cellules T, nous avons montré que le nombre de précurseurs de lymphocytes T augmente à partir du 11ème jusqu’au 13ème jour de la gestation, dans le foie foetal. A partir de ce jour, ce nombre diminue. Cette réduction est concomitante à une augmentation du nombre de précurseurs T dans le thymus embryonnaire dont l’ampleur ne peut pas être expliquée par simple division cellulaire in situ. Nous avons caractérisé le potentiel de différenciation des précurseurs de lymphocytes T présents dans le foie fœtal à jour 14 et 15 de gestation. Après un tri cellulaire de différentes populations, nous avons utilisé des cultures in vitro qui permettent la différenciation de précurseurs multipotents en cellules T, B, NK et myéloïdes, en conditions de dilution limite, ce qui permet une analyse aussi bien qualitative que quantitative de ces précurseurs (6, 7), en collaboration avec l’Unité de J. DiSanto.
Nous avons ainsi obtenu une distribution du nombre de précurseurs T dans les différents sous-ensembles cellulaires du foie fœtal. Parmi 7 populations caractérisées, une d’entre elles correspond aux caractéristiques attendues d’un précurseur déterminé dans la voie T/NK de différenciation. Elles constituent environ 0.5-0.1% des cellules du foie fœtal, mais contiennent à ce stade d’enrichissement 60% des précurseurs T. Cette population est capable de générer des lymphocytes T et NK in vitro à une fréquence de 1:15, des cellules B et myéloïdes à une fréquence de <1:5.000. L’injection de ces cellules dans des souris irradiées Rag2-/-gc-/-, déficientes en lymphocytes et en cellules NK, permet non seulement la reconstitution exclusive (et avec une haute efficacité) des compartiments T et NK de la rate et du thymus, mais aussi la génération de lymphocytes Tab CD8aa et gd de l’épithélium intestinal d’origine extra-thymique. L'environnement thymique de la souris nu/nu est incapable de soutenir une différenciation des lymphocytes T. La population que nous venons d’isoler est présente en nombre identique à celui des souris normales dans des embryons de souris nu/nu. Cette observation nous permet donc de postuler la nature pre-thymique de ces cellules. C'est la première fois que la présence de précurseurs déterminés dans la lignée T/NK a été démontrée dans un organe hématopoïétique.
Développement du processus de tolérance. Responsable A. Bandeira
Nos projets portent sur trois thèmes: 1. Tolérance dominante induite par un épithélium thymique allogénique: ontogénie et physiologie des cellules T régulatrices; 2. Régulation du nombre total de lymphocytes T du système immunitaire périphérique; origine et physiologie des populations lymphocytaires régulatrices naturellement activées; lien entre les cellules régulatrices qui maintiennent la tolérance aux composants du soi et celles qui régulent les réponses immunitaires au niveau des muqueuses; 3. Rejets de tissus embryonnaires.
Biologie du Développement des lymphocytes T gd. Responsable P. Pereira.
La recherche que nous menons depuis quelques années porte sur différents aspects de la physiologie des lymphocytes Tgd. Notre travail est centré sur deux questions majeures concernant cet ensemble lymphocytaire: 1) Quels sont les ligands spécifiques reconnus par les cellules Tgd et 2) Quelles sont les étapes de différentiation et de sélection suivies par les cellules Tgd dans leur développement?
En ce qui concerne la caractérisation de leurs ligands spécifiques, nous avons poursuivi l'identification des gènes qui contrôlent la représentation des différentes sous-populations de cellules Tgd dans l'intestin de souris. Nous nous sommes intéressés tout particulièrement à la localisation d'un gène lié au Complexe Majeur d'Histocompatibilité (CMH). A ce jour, nous avons produit et analysé quatorze souris recombinantes dans le CMH, ce qui nous a permis de localiser ce gène dans l'intervalle H2K-H2D du CMH et, plus précisément, entre le gène H2K et celui codant pour le Tnf.
Nous avons aussi continué la caractérisation d'une sous-population de cellules Tgd que nous avions découverte il y a quelques années. Les cellules appartenant à cette sous-population présentent deux caractéristiques particulières. Elles sont capables de produire des cytokines du type Th2 (ex. IL 4 et IL 10) et expriment un répertoire TCR très restreint. Cette année, nous avons pu montrer que l’homogénéité de ce répertoire TCR est due, principalement, à une sélection positive des cellules exprimant ce TCR. Nous avons aussi cloné les gènes réarrangés g et d exprimés par un hybridome T appartenant à cette population et injecté ces clones dans des oeufs fécondés afin d'obtenir des souris transgéniques exprimant ce récepteur. Nous avons déjà obtenu des souris portant dans leur ADN soit les deux gènes g et d réarrangés, soit uniquement l'un de ces 2 gènes. Bientôt, nous serons en mesure d'analyser l'expression fonctionnelle de ces gènes. Ces souris devraient être de grande utilité dans les études de la sélection et la fonction de cette sous-population Tgd.
Par ailleurs, nous avons réalisé une analyse systématique des gènes influençant la représentation de cette population dans le thymus. Nos résultats ont montré un rôle prépondérant de deux régions génomiques localisées dans les chromosomes 13 et 17.
VOUGNY Marie-Christine, 8593, mcvougny@pasteur.fr
CUMANO Ana, DR2 Inserm, cumano@pasteur.fr BANDEIRA Antonio, CR1 CNRS, bandeira@pasteur.fr PEREIRA Pablo, CR IP, ppereira@pasteur.fr
ANDRE Isabelle, Post-Doc
ANNACKER Oliver, Eutidant thèse
BARRETO Vasco, Etudiant thèse
BRISSAC Caroline, Etudiante thèse
DOUAGI Iyadh, Etudiant thèse
GRIGORIADOU Kalliopi, Etudiante thèse
PIMENTA-ARAUJO Ricardo, Etudiant thèse
BURLEN-DEFRANOUX, Ingénieur IP
BOUCONTET Laurent, Technicien Sup. Labo IP
VOUGNY Marie-Christine, Secrétaire de direction IP
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