Institut Pasteur Rapport d'activité de l'unité Biologie des interactions hôte-parasite

CNRS URA 1960


Responsable : BRAUN BRETON Catherine (cbb@pasteur.fr)

Résumé du rapport

Différents aspects des interactions hôte-parasite sont étudiés au sein de l’Unité : 1. Biologie des interactions hôte-Plasmodium Les études fondamentales que nous menons dans ce domaine tendent à une meilleure compréhension de mécanismes liés à des fonctions biologiques cruciales pour le développement du parasite chez l’hôte mammifère telles que : * l’invasion de la cellule hôte (équipe de C. Braun Breton) avec la caractérisation d'enzymes (protéases et phospholipases) impliquées dans la libération de mérozoïtes infectieux, la maturation de ces mérozoïtes ou la formation de la vacuole parasitophore au sein de laquelle se développe le parasite intraérythrocytaire * la fonction de la protéine majeure de surface des mérozoïtes (MSP1) de Plasmodium (équipe de S. Longacre-André) en étudiant sa structure, son polymorphisme et sa maturation. Cette recherche met en évidence l’intérêt de la partie C-terminale de MSP1 comme cible vaccinale et la validation de cette molécule comme vaccin antipaludique est poursuivie. * les voies de transport intracellulaire chez le parasite (équipe de D. Mattei) avec la caractérisation de protéines de la voie classique d’exportation (réticulum endoplasmique-Golgi) et la mise en évidence d’une voie alternative empruntée en particulier par des protéines transportées vers la surface de l’érythrocyte infecté * les stratégies d’échappements parasitaire (équipe d’A. Scherf) avec l'étude des modalités de la variation antigénique et du phénotype d’adhésion à l'endothélium vasculaire de P. falciparum, médiées par la même famille multigénique (var) et concourant à la physiopathologie de l'infection. * le maintien de l’intégrité et la création de la diversité du génome parasitaire (équipe d’A. Scherf) avec la caractérisation de la télomérase parasitaire et de son rôle dans l’immortalisation de P. falciparum 2. Interactions Theileria-lymphocytes. L’équipe de G. Langsley cherche à identifier les mécanismes par lesquels parasite induit une transformation blastique réversible de sa cellule hôte. Il s'agit en effet de préciser comment le parasite engendre la proliferation lymphocytaire et empêche la mort par apoptose de sacellule hôte ainsi que les mécanismes d'induction d'un état métastatique. La caractérisation des voies de communication hôte-parasite est également appliquée à Plasmodium par l'étude de kinases et de GTPases parasitaires. 3. Immunopathologie de l’infection à Trypanosoma cruzi (équipes de M. Hontebeyrie et P. Minoprio). Cette recherche est fondamentalement centrée sur l'immunobiologie de la relation hôte-parasite afin de mieux connaître les mécanismes du système immun associés à la résistance ou permettant l'échappement du parasite, d'étudier l'immunosuppression et l'autoimmunité pathologique, altérations fréquemment associées à cette infection parasitaire.

Abstract

  1. Biology of parasite-host interactions Our studies are aimed at an understanding of crucial biological steps involved in the development of Plasmodium falciparum within its human host. These include:
  2. Braun Breton et al. : - The invasion process of host erythrocytes with the characterization of enzymes participating in the release of merozoites, the maturation of merozoite surface proteins and the formation of the parasitophorous vacuole.
  3. Mattei et al. : - P. falciparum protein secretion pathways to the different cellular compartments implicating mechanisms and signals that are poorly understood. Plasmodium seems to possess two transport pathways: the endoplasmic reticulum-Golgi apparatus classical pathway, sensitive to the brefeldin A, probably including both the co-and post-translational translocation through the endoplasmic reticulum membrane and an brefeldin A insensitive, alternative pathway.
  4. Scherf et al. : - Analysis of two parasite escape mechanisms : antigenic variation and cytoadhesion of infected erythrocytes that are mediated by the multigene family var. The relation between specifique parasite adhesive phenotypes and physiopathology. Processes involved in chromosome maintenance and parasite immortalisation (telomerase) and genetic diversity.
  5. Associated laboratories :
  6. Langsley et al.: Theileria-lymphocyte interactions. The study of the mechanisms involved in parasite-induced transformation of host lymphocytes, via the characterisation of parasite-induced signalling pathways affecting lymphocyte cell cycle control (proliferation) and apoptosis (death) as well as metastasis. Host-Plasmodium communication pathways are also under study via the characterization of parasite kinases involved in signal transduction and Rab GTPases involved in the regulation of vesicular transport.
  7. Hontebeyrie et al.; P. Minoprio et al.: Immunopathology of Trypanosoma cruzi infection. These studies are focused on (1) understanding the host immune mechanisms involved in resistant phenotypes to this parasite, (2) characterizing processes allowing the parasite to escape the host immune response and (3) defining the immunosuppression and autoimmune responses of the host, frequently associated with T. cruzi infection. Parasite molecules inducing B/T lymphocyte polyclonal activation and their contribution to the development of the immunosuppression and autoimmune tissue pathology associated with Chagas disease are currently studied.
  8. Longacre-André et al.: Role of merozoite surface protein 1 (MSP1) in the invasion of the red cell by the Plasmodium parasite. Study of its structure, fonction and maturation. Development of a malaria vaccine based on the conserved carboxyterminal domain of MSP1.

Texte du rapport

I. Biologie des interactions hôte-Plasmodium Les études fondamentales que nous menons dans ce domaine tendent à une meilleure compréhension de mécanismes liés à des fonctions biologiques cruciales pour le développement du parasite chez l’hôte mammifère. Ces travaux peuvent à terme avoir des retombées dans l’identification de nouvelles cibles vaccinales et le développement de nouvelles molécules actives contre Plasmodium, dont le mode d’action serait radicalement différent de celui des molécules actuellement sur le marché vis à vis desquelles les parasites circulant en zone endémique présentent des résistances. 1. Invasion des globules rouges par les mérozoïtes de Plasmodium falciparum. (C. Braun Breton et al.) Nous avons étudié depuis plusieurs années, des enzymes impliquées dans le processus d’invasion des globules rouges par le parasite et dans la production de mérozoïtes (formes libres du parasite) capables d’interagir efficacement avec l’érythrocyte, préalable crucial au processus d’invasion une fois le cycle érythrocytaire enclenché. Nos premières études nous ont amenés à caractériser une protéase parasitaire indispensable au processus d’entrée du parasite dans sa cellule hôte et impliquée dans la formation de la vacuole parasitophore au sein de laquelle se développe le parasite intraérythrocytaire. Nous cherchons actuellement à développer des inhibiteurs spécifiques de cette enzyme qui pourraient mener à la définition de nouveaux antimalariques. Par ailleurs, des études récentes nous ont permis de montrer que le processus de libération des mérozoïtes fait intervenir une phospholipase A hémolytique parasitaire susceptible de rompre la membrane de la vacuole parasitophore et la membrane plasmique de la cellule hôte ainsi qu’une protéase de l’hôte, l’activateur de plasminogène de type urokinase, qui se lie à un récepteur spécifique à la surface des érythrocytes. La maturation de la protéine MSP1, protéine majeure de surface des mérozoïtes, indispensable à l’entrée du parasite dans l’érythrocyte, semble être due à une sérylprotéase de la famille des subtilisines (PfSUB2) dont le gène a été isolé et caractérisé. Cette enzyme parasitaire est plus proche des subtilisines procaryotes que des prohormone-convertases eucaryotes. Cette propriété pourrait permettre le développement d'inhibiteurs spécifiques de l'invasion érythrocytaire peu actifs contre les maturases de l’hôte mammifère. Nous avons récemment cloné et séquencé le gène homologue d'un parasite murin, P. berghei, ouvrant ainsi la voie à des études génétiques et procurant un modèle expérimental pour valider cette enzyme comme cible thérapeutique. 2. Les voies de transport intracellulaire chez Plasmodium falciparum. (D. Mattei et al.) Nos études sur la sécrétion de protéines chez P. falciparum ont mis en évidence la complexité des voies de transport. Il semble que le parasite possède deux voies de transport des protéines : la voie classique du réticulum endoplasmique-appareil de Golgi, sensible à la bréfeldine A et dont nous avons isolé et caractérisé un constituant PfSec61a, qui pourrait présenter les systèmes de translocation co- et post-traductionelle à travers la membrane du réticulum endoplasmique, et une voie alternative insensible à la bréfeldine A. Il est à noter que chez P. falciparum, les signaux d’adressage des polypeptides vers le réticulum endoplasmique pourraient être différents de ceux utilisés par d’autres cellules eucaryotes : PfEMP1, qui ne possède pas de séquence signal, semble transiter par le réticulum endoplasmique de même que l’antigène 41-2 qui lui possède une séquence signal atypique. Ainsi, le parasite soit exprimerait des complexes de translocation différents reconnaissant des signaux d’adressage propres, soit serait capable de modifier les séquences signal pour les rendre reconnaissables par sa machinerie de translocation. En conclusion, nos résultats suggèrent que la machinerie de translocation de Plasmodium est similaire, mais non identique, à celle des cellules de Mammifères. L’étude des mécanismes, signaux et voies de transport spécifiques au parasite pourrait donc conduire à l’identification de voies de secrétion spécifiques au parasite représentant des cibles potentielles pour le développement de nouvelles drogues contre le paludisme. 3. Variation antigénique et adhésion des globules rouges infectés chez P. falciparum. (A. Scherf et al.) L'accès pernicieux marqué par des signes neurologiques et le paludisme pendant la grossesse restent des complications redoutables de l'infection par P. falciparum. Cette pathologie semble liée à la présence de protéines d'origine parasitaire, en particulier les protéines Var, à la surface des globules rouges, protéines médiant des phénomènes tels que l'adhésion de ces érythrocytes aux cellules endothéliales (séquestration). L'expression de variants de ces protéines se traduit par une dérive phénotypique (variation antigénique) résultant en une variabilité de l'adhérence des érythrocytes infectés à l'endothélium vasculaire. Afin d’étudier les mécanismes moléculaires permettant la régulation d’expression et de commutation (switching) des gènes var , trois populations isogéniques de P. falciparum ont été sélectionnées in vitro, jusqu’à ce que chacune d’entre elles n’adhère que sur un seul de ces trois récepteurs : CD36, ICAM1 ou CSA. Contrairement à ce qui est observé chez d’autres micro-organismes faisant appel à la variation antigénique, la commutation d’expression des gènes var ne s’est pas accompagnée de réarrangement programmé de l’ADN, faisant parler de commutation in situ. De façon inattendue, une transcription simultanée de tous les gènes var a été observée au stade anneau. En revanche, leur expression était étroitement régulée, par l’intermédiaire d’un mécanisme d’extinction (silencing) de tous les gènes de la famille sauf un, chez les trophozoïtes mûrs. Le contrôle transcriptionnel au stade trophozoïte semble donc mutuellement exclusif: une population parasitaire de phénotype de cytoadhérence défini n’exprimerait qu’un seul des gènes var présents dans son génome. Un ou des mécanismes épigénétiques sont donc impliqués dans la régulation d’expression des gènes var. Cependant, durant la méiose, nous avons détecté des réarrangements majeurs d'ADN impliquant les gènes var. Dans les progénies de deux croisements génétiques de P. falciparum, nous détectons des recombinaisons de gènes var entre chromosomes hétérologues. La méiose semble donc jouer un rôle crucial dans la génération de la diversité des gènes var ce qui pourrait expliquer que le répertoire des gènes var de souches différentes présente très peu de chevauchement. Notre travail confirme la liaison entre variation antigènique et variation du phénotype de cytoadhérence chez P. falciparum. La variation antigénique pourrait parfois s’accompagner d’une variation de tropisme parasitaire car la répartition des différents récepteurs endothéliaux n’est pas homogène d’un organe à l’autre. Cette variation de tropisme pourrait être liée à la variété clinique des formes graves du paludisme. En zone holoendémique, les femmes sont particulièrement susceptibles à l'infection par Plasmodium falciparum pendant leur première grossesse, avec des conséquences graves pour l'enfant (hypotrophie, mortalité infantile). L'adhérence élective d'une sous-population parasitaire à la chondroitine sulfate (CSA) - récepteur présent en grande quantité au niveau placentaire - est responsable de cette susceptibilité. Des parasites qui cytoadhèrent spécifiquement au récepteur CSA ont été sélectionnés et isolés par adhérence à des cellules endothéliales exprimant exclusivement ce récepteur. Nous avons ainsi pu caractériser un gène var spécifiant un ligand de CSA. La région de la protéine qui se lie avec la CSA a été identifiée. Ces résultats pourraient déboucher sur de nouvelles méthodes de contrôle du paludisme gestationnel : déséquestration placentaire ou immunoprophylaxie. 4. Mise en évidence d'une activité télomérase chez P. falciparum. (A. Scherf et al.) L'étude des télomères et de la télomérase de P. falciparum présente un intérêt scientifique fondamental mais aussi médical. Nous avons développé un test in vitro , le "Pf-TRAP", qui a permis de détecter, pour la première fois, une activité télomérase chez P. falciparum synthétisant de novo des répétitions télomériques à l'extrémité 3' du substrat fourni. Nos résultats suggèrent que la télomérase est également impliquée dans la cicatrisation des cassures chromosomiques observées pendant les divisons mitotiques. La télomérase étant une transcriptase inverse spécialisée, nous avons testé l'effet de deux inhibiteurs de transcriptases inverses rétrovirales, l'AZT et l'Acyclo-GTP, et montré que ces substances inhibent efficacement l'activité télomérase parasitairein vitro. L'efficacité des molécules sur les parasites de culture et pour des singes infectés par P. falciparum sera évaluée. 5. La signalisation chez le parasite Plasmodium falciparum (G. Langsley et al.) Notre étude de la signalisation chez le parasite est poursuivie à travers notre caractérisation des kinases et des GTPases parasitaires. En ce qui concerne les kinases nous nous sommes concentrés sur la protéine kinase A dépendante d’AMPcyclique (cPKA). La prédiction de la structure tridimensionnelle de cette enzyme en complexe avec l’inhibiteur spécifique (PKI) suggère une sensibilité différente de celle de la cPKA humaine. De plus, un inhibiteur spécifique de la cPKA bloque le développement du stade asexué. Ainsi la cPKA parasitaire pourrait être une nouvelle cible chimiothérapeutique. Nous avons par ailleurs étudié les petites protéines G de la famille Rab, médiateurs de la sécrétion vésiculaire. La structure tridimensionnelle de PfRab6 a été déterminée et l’expression de Rab1A suggère que tous les stades de développement du parasite sont capables d’un trafic vésiculaire contrôlé. II. Protéine de surface des mérozoïtes de Plasmodium : structure et essais vaccinaux (S. Longacre-André et al;) MSP-1 est une protéine de 200 kDa, ancrée par une liaison de type glycosylphosphatidylinositol (GPI) à la surface du mérozoïte de Plasmodium. Cette protéine polymorphe subit une maturation en deux étapes, donnant lieu successivement à des fragments C-terminaux de 42 kDa et de 19 kDa. Le polypeptide p19 est riche en cystéines et semble beaucoup plus conservé que le reste de la molécule. Les épitopes conformationnels de l'extrémité C-terminale sont impliqués dans la réponse immune protectrice dirigée contre le parasite et donc, des vaccins recombinants reproduisant correctement ces épitopes complexes sont suceptibles d’induire une telle immunité. Puisque les systèmes d'expression eucaryotes semblant les mieux adaptés à remplir cette condition, nous avons utilisé le système d'expression baculovirus/cellule d’insecte pour exprimer des protéines recombinantes correspondant aux p42 et p19 de P. vivax, P. cynomolgi et P. falciparum. P. vivax et P. falciparum sont les principaux agents du paludisme humain, tandis que P. cynomolgi est une espèce très semblable à P. vivax, infectant habituellement les singes macaques, mais aussi capable d’infecter l’Homme. Ces caractéristiques font de P. cynomolgi un modèle naturel intéressant pour tester le pouvoir protecteur de MSP-1 en vaccination. Les protéines recombinantes de baculovirus reproduisent largement les épitopes conformationnels de la molécule native, surtout ceux sensibles à la réduction. En effet, en collaboration avec l’Unité d’Immunologie Structurale, nous avons déterminé la structure cristalline de la p19 de baculovirus démontrant ses deux domaines EGF prédits par homologie de séquence. Plusieurs essais de vaccination faits avec les protéines recombinantes MSP-1 C-terminal sur des modèles primates ont été très prometteurs. Malgré les résultats encourageants obtenus chez le singe, les essais chez l’Homme sont le seul moyen veritable de valider l’efficacité protectrice d'un candidat vaccin antipalustre. En conséquence, nos efforts récents se concentrent sur les démarches nécessaires au transfert de la technologie à l’industrie, afin d’aboutir à un composant qui puisse être employé chez l’Homme. Cet objectif comprend trois axes: (1) la production et la purification des antigènes dans des conditions acceptables pour un usage humain (2) la caractérisation physique et immunologique des antigènes ainsi préparés et (3) la démonstration chez les primates d’une efficacité de protection avec les antigènes ainsi purifiés et caractérisés en présence d’adjuvants acceptables pour l’Homme. III. Interactions Theileria- lymphocytes (G. Langsley et al.) Les lymphocytes infectés par Theileria présentent les caractéristiques propres des lignées cellulaires tumorales, à savoir la capacité à proliférer et à former des métastases. Ceci implique que des produits parasitaires sont capables d’induire de nouvelles fonctions liées aux facteurs de transcription et au cycle cellulaire de la cellule hôte. 1. Modulation des marqueurs de surface des lymphocytes transformés Nous avons caractérisé des lignées de macrophages transformés par T. annulata ainsi que des isolats cliniques pour l’expression de marqueurs de surface de ces cellules et constaté une modulation importante de tous les marqueurs analysés (CD14, CD11b, CD5) traduisant une dé-différenciation des cellules hôtes. Ces cellules présentent également une augmentation du récepteur de la transferrine (TfR) et un recyclage accru de cette molécule, autre caractéristique des lignées tumorales. De plus, nous avons constaté que tous les leucocytes bovins expriment le marqueur CD44 associé au processus métastatique. L'analyse détaillée des isoformes CD44 exprimées sur les lymphocytes transformés est en cours. 2. Le transport vésiculaire et la prolifération lymphocytaire Nous avons observé chez les lymphocytes parasités une activation globale du transport vésiculaire endosomal/lysosomal se traduisant par une augmentation en particulier de la GTPase Rab11 lymphocytaire. Nous avons constaté que 70% des vésicles Rab11-positives portent également la TfR suggérant que le recylage accru du récepteur est dû à une activité accrue des endosomes du recyclage médié par Rab11. Nous avons également abordé l’étude de la machinerie de transport vésiculaire chez le parasite par l’identification de trois gènes de T. annulata homologues à rab11 dans le but de comprendre à terme comment le parasite communique avec sa cellule hôte (en particulier par l’endocytose). 3. La signalisation entre Theileria et sa cellule hôte, le lymphocyte. Chez des lymphocytes infectés par Theileria, nous avons montré une induction permanente du facteur de transcription AP-1 dépendant exclusivement d’une activation constitutive par le parasite de la JNK-kinase de la cellule hôte. Le parasite induit également Src et PI3-kinases de la cellule hôte, qui contribuent à l’activité AP-1 et la prolifération lymphocytaire via des voies de transduction de signaux indépendantes. De plus, nous avons mis en évidence que la PI3-kinase joue également un rôle dans le recyclage de la TfR. L’inhibiteur (NDGA) de la 5’-lipoxygénase inhibe l’activation constitutive des facteurs de transcription NF-kB and E2F induite par le parasite et affecte le cycle cellulaire des lymphocytes, pouvant même induire l’apoptose des cellules. Nous cherchons actuellement à déterminer si l’inhibition de NF-kB et/ou E2F rend compte des effets induits par le NDGA, c’est à dire, la mort par apoptose. IV. Immunopathologie de l’infection à Trypanosoma cruzi Cette recherche est fondamentalement centrée sur l'immunobiologie de la relation hôte-parasite afin de mieux connaître les mécanismes du système immun associés à la résistance ou permettant l'échappement du parasite. Notre modèle de travail, l'infection expérimentale de la souris par le protozoaire Trypanosoma cruzi, permet de plus d'approcher l'étude de l'immunosuppression et de l'autoimmunité pathologique, des altérations fréquemment associées à toute infection parasitaire. 1. Activation polyclonale et mimétisme moléculaire dans l’infection chronique (M. Hontebeyrie et al.) L'activation polyclonale du système immunitaire est un processus fréquemment retrouvé dans les infections, en particulier, dans les infections persistantes. Elle peut être la première manifestation d'un long processus de dérégulation du système immunitaire à l'origine d'une pathologie de type autoimmune. Une des hypothèses de l'autoimmunité est basée sur le mimétisme moléculaire qui pourrait induire une rupture de la tolérance vis-à-vis d'épitopes communs entre des molécules de l'hôte et des molécules du parasite Les protéines ribosomales P sont des molécules dont la partie C-terminale est extrêmement conservée tout au long de l'évolution. Des travaux antérieurs ont montré une corrélation étroite entre la réponse en anticorps contre les protéines ribosomales P de T. cruzi chez des patients chroniques et la gravité de la cardiopathie chagasique. L'épitope majeur est représenté par la partie C-terminale de la molécule, région qui présente une très forte similarité avec la protéine homologue chez l'Homme ou la souris. Les réponses humorales et cellulaires contre TcP2b (protéine ribosomale P2 de T. cruzi) sont étudiées chez la souris infectée et chez la souris immunisée par la protéine recombinante afin de comparer ces deux systèmes et d'apprécier le rôle joué par l'activation polyclonale dans le type de réponse obtenue. Nous avons déjà démontré que les réponses cellulaires responsables de la pathologie chronique chez la souris sont de type Th2. L'immunisation par l'ADN de TcP2b est en cours d'étude. Quels sont les effets de la persistance d'un ADN parasitaire dans le muscle de la souris : l'expression d'un antigène à mimétisme moléculaire favoriserait-il une réponse locale de type inflammatoire et par quel mécanisme ? 2. Immunopathologie du processus infectieux à Trypanosoma cruzi (P. Minoprio et al.) Ce projet s’inscrit dans le cadre général de l’étude des relations micro-organisme - système immunitaire, plus précisément, l’étude des mécanismes utilisés par Trypanosoma cruzi pour échapper au système immunitaire de l’hôte mammifère. Le but est de comprendre comment les lymphocytes B et T activés par l’infection contribuent au développement d’une immunosuppression et d’une auto-immunité progressive. Il a été montré que le parasite sécrète, in vivo et in vitro , des molécules présentant une forte activité mitogénique pour les cellules B naïves. Une de ces molécules, de 24 kDa, est une protéine qui fixe le Ca2+, et qui, lors de son injection chez la souris, induit une prolifération importante des lymphocytes B, accompagnée d’une immunosuppression humorale et cellulaire. Par des approches biochimiques et moléculaires, une autre protéine, de 45 kDa, présentant une activité mitogénique pour les cellules B, a été isolée et son gène cloné. Il semblerait que cette protéine soit impliquée dans des réactions métaboliques intervenant au niveau des cellules cardiaques. Une fraction protéique, isolée du cytosol des parasites, induit également l’activation, la prolifération et la différentiation des cellules B. L’activation des lymphocytes B par ces mitogènes est indépendante des cellules T et est à l'origine d'anticorps polyréactifs dont la majorité n'est pas spécifique des antigènes parasitaires mais réactive contre des antigènes du ‘soi’. L’absence d’activation polyclonale chez des souris résistantes à T. cruzi (ne présentant pas en particulier de pathologie chronique cardiaque) pourrait alors être corrélée à la présence dans leur sérum d’anticorps dirigés contre ces mitogènes. Une analyse multiparamétrique du répertoire des cellules B des souris résistantes ou sensibles, avant et après l’infection, a montré que le répertoire B préexistant chez les souris résistantes est effectivement composé d’anticorps multiréactifs et anti-’soi’, qui à la fois maintiennent l’auto-réactivité ‘physiologique’ et empêchent le développement d’une pathologie sévère, tout en facilitant le contrôle de l’infection aiguë. Des études en cours visent à déterminer le seuil d’activité polyclonale obtenu par l’utilisation de parasites dont l’expression de gènes spécifiant un ou plusieurs mitogènes, a été modulée. Si notre hypothèse est correcte, l’infection par ces parasites présentant un potentiel mitogénique réduit devrait être associée à une réponse polyclonale (non-spécifique) des cellules B plus faible et une réponse immune spécifique des antigènes parasitaires plus forte donc une situation plus favorable à la survie des animaux.

Personnel de l'unité

Secrétariat de l'unité

LOZNER Josyane

Chercheurs de l'unité

BRAUN BRETON Catherine
HONTEBEYRIE JOSKOWICZ Mireille
LANGSLEY Gordon
LONGACRE ANDRÉ Shirley
MATTEI Denise
MINOPRIO Paola
SCHERF Artur

Stagiaires de l'unité

BARALE Jean Christophe
BAUMGARTNER Martin
BERRY Laurence
BOTTIUS Emmanuel
BUFFET Pierre
CHAUSSEPIED Marie
COUFFIN Sandrine
DEGRAVE Wim
DESROSES Sarah
FIGUEIREDO Luisa
MANAMPERI Aresha
MELO COUTINHO Claudia
MORALES BETOULLE Maria Eugenia
PIRITT Lindsay
REINA SAN MARTIN Bernardo
SEPULVEDA Pilar
UZUREAU Pierrick

Autre personnel de l'unité

BLISNICK Thierry
COSSON Alain
HOLM Inge
LIEGEARD Pascale
MOREAU Marie Françoise
RICHARD Odile
SCHEIDIG BENATAR Christine

Publications de l'unité

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