CONTRIBUTION A LA SURVEILLANCE DE LA LEPTOSPIROSE EN FRANCE EN 1998

En 1998, le nombre de cas de leptospirose est en baisse par rapport aux deux années précédentes. Ce nombre s'établit à 684 pour l'ensemble (métropole, DOM-TOM) de la communauté francaise (comparé aux 950 cas de 1997 et 1006 de 1996). Cette chute porte à la fois sur la métropole (269 cas contre 344 et 434 en 1997 et 1996 respectivement) et sur l'Outre-Mer (408 contre 585 et 569 en 1997 et 1996 respectivement) (1,2).

Pour la deuxième année consécutive, le nombre de cas en métropole accuse une baisse de plus de 20 % sur celui de l'année précédente. Cependant, l'effectif est proche de la moyenne des 10 dernières années, compte-tenu des chiffres élevés de 1997 (2) et surtout 1996 (1).

Sur le plan saisonnier, l'endémie prédomine certes comme à l'accoutumée au second semestre mais les contrastes sont peu accusés. En particulier, on ne retrouve pas de "pic" net(Table 1).

Concernant la répartition en sérogroupes, Icterohaemorrhagiae ne représente cette année que moins du tiers de l'ensemble, ce qui est particulièrement modeste (Table 7). Grippotyphosa est bien représenté, environ 20%, suivi d'Australis et Panama. Il est à remarquer qu'Australis, Bataviae et Panama sont prédominants en fin de printemps, Sejroe et Icterohaemorrhagiae en été/automne et Grippotyphosa en automne/hiver(Table 1). Cette succession explique l'aspect saisonnier "étalé" cette année(Table 1) (Table 7).

La distribution régionale montre des taux modestes et quelque peu atypiques par rapport aux années précédentes : Champagne-Ardennes, Aquitaine* et Basse Normandie ont les taux les moins bas mais ne dépassent guère malgré tout 1/100 000 hab. Viennent ensuite Poitou-Charentes, Pays de Loire et Bretagne avec 0,7-0,8/100 000. La Franche-Comté curieusement ne dépasse pas cette année 0,4/100 000 (Table 7).

L'importance régionale des sérogroupes montre cette année une prédominance de Grippotyphosa en Bretagne, Basse Normandie, Pays de Loire et Charente Maritime, zones qui présentent cette année des chiffres habituels. A l'inverse, l'Aquitaine* qui, comme l'ensemble de la faŤade Atlantique, est généralement caractérisée par une présence notable de Grippotyphosa, montre cette année à la fois des taux inférieurs à 1 et une prédominance d'Icterohaemorrhagiae (Table 7).

Outre-mer, la décroissance du nombre de cas est presque uniquement liée à une réduction du nombre de diagnostics positifs en Nouvelle-Calédonie (Table 8) dont l'effectif de cas n'est que la moitié de celui de 1997(Table 8bis), année pendant laquelle un cyclone en début d'année, puis une période pluvieuse de mai à juillet, auraient entrainé un double "pic".

La Guyane voit depuis 3 ans une décroissance du nombre de diagnostics respectivement : 18 en 1996, 11 en 1997 (phénomène el Nino ?) et 6 en 1998, ce qui ne reflete surement pas la réalité. Les 6 cas de cette année ne font pas l'objet d'un tableau.

A l'inverse, à Mayotte (Table 5), désormais individualisée par un code postal spécifique : 976, les cas détectés par la Réunion (Dr MICHAULT) feront l'objet d'un tableau séparé de celui de la Réunion(Table 2).

Les autres DOM-TOM présentent des nombres de cas voisins de ceux de l'an dernier. On peut noter les observations habituelles sur les périodes de recrudescence. Pour les Antilles (Table 3 Table 4) : Tropiques Nord Atlantique, c'est en hiver de novembre à mars, Tahiti (Table 6) et Nouvelle-Calédonie, Tropiques Sud Pacifique : au printemps, mars à juillet pour la première et tout le premier semestre pour la seconde ; la Réunion(Table 2) Mayotte (Table 5); Tropiques Sud Indien, tout le premier semestre également.

Dans tous les DOM-TOM, sauf Mayotte(Table 5), Icterohaemorrhagiae prédomine très largement (La Réunion(Table 2), Martinique (Table 4) ou moins nettement (Tahiti (Table 6), Nouvelle-Calédonie (Table 8)). Un second sérogroupe est notable à Tahiti : Australis(Table 6), et deux autres en Nouvelle Calédonie : Pyrogenes et Canicola(Table 8). Ailleurs, la situation est plus tranchée : hormis parfois Canicola, les autres sérogroupes sont sporadiques. A Mayotte cependant, les sérogroupes étiologiques, pour une raison indéterminée, sont plus divers : Grippotyphosa, Pyrogenes et meme Sejroe sont plus représentés qu'Icterohaemorrhagiae (Table 5).

* A noter que pour l'Aquitaine, les chiffres sont cette année apparus surestimés suite au recrutement élargi (national) d'un gros laboratoire local dont les cas étaient considérés comme régionaux.

1. Baranton G., Postic D. 1997. Contribution à la surveillance épidémiologique de la leptospirose en France en 1996. http://www.pasteur.fr/Bio/Leptospira/(textcnr1996.html)

2. Baranton G., Postic D. 1998. Contribution à la surveillance épidémiologique de la leptospirose en France en 1997. http://www.pasteur.fr/Bio/Leptospira/(textcnr1997.html)

3.4. Publications du C.N.R. des Leptospires en 1998

. Publications relatives à l'activité d'expertise

BARANTON G., POSTIC D. (1998) Borrelia.

BARANTON G., PEROLAT P. (1998) Les leptospires. in Traité de Microbiologie Clinique, sous la direction de A. EYQUEM, J. ALOUF, L. MONTAGNIER, Edit. PICCIN, Padova, Italie, 1998, 1 vol. 1596 pages, 697-704, 705-712.

BARANTON G. (1998) Vaccination antileptospirose. Vaccin contre la borréliose de Lyme. in Manuel des Vaccinations et d'Immunoprévention, sous la direction de A. EYQUEM, J. ALOUF, A. CHIPPAUX, Edit. PICCIN, Padova, Italie, 1998, 1 vol. 359 pages, 148-151, 151-155.

PEROLAT P., CHAPPEL R.J., ADLER B., BARANTON G., BULACH D.M., BILLINGHURST M.L., LETOCART M., MERIEN F., SERRANO M.S. (1998) Leptospira fainei sp.nov. isolated from pigs in Australia. Int. J. Syst. Bacteriol., 48 (part 3), 851-858.

CAO T.B. Van,THUY T.T. Nguyen, SAN H. Ngo, HIEN T. Tran, BARANTON G., PEROLAT P. (1998) Human leptospirosis in the Mekong delta, Viet Nam. Trans. Roy. Soc. Trop. Med. Hyg., 92, 625-628.

YERSIN C., BOVET P., MERIEN F., WONG T., PANOWSKY J., PEROLAT P. (1998) Human leptospirosis in the Seychelles (Indian Ocean) : a population-based study. Amer. J. Trop. Med. Hyg., 59, (6), 933-940.

. Publications relatives à l'activité de recherche

MARTI RAS N., POSTIC D., BARANTON G. (1998) Diversité génomique chez Borrelia burgdorferi sensu lato, une caractéristique partagée de part et d'autre de l'Atlantique. Méd. Mal. Infect., 28 (Nˇ spécial 7e CEMI), 398-399.

POSTIC D., MARTI RAS N., LANE R.S., HENDSON M., BARANTON G. (1998) Expanded diversity among Californian Borrelia isolates and description of Borrelia bissettii sp. nov. (formerly Borrelia Group DN127). J. Clin. Microbiol., 36, (12), 3497-3504.

MERIEN F., TRUCCOLO J., ROUGIER Y., BARANTON G., PEROLAT P. 1998) In vivo apoptosis of hepatocytes in guinea pigs infected with Leptospira interrogans serovar icterohaemorrhagiae. FEMS Microbiol. Letters, 169, (1), 95-102.

BARANTON G., MARTI RAS N., POSTIC D. (1998) Borrelia burgdorferi, taxonomie, pouvoir pathogène et expansion. Ann. Med. Interne, 149, (7), 455-458.

BARANTON G., MARTI RAS N., POSTIC D. (1998) Molecular epidemiology of the aetiological agents of Lyme borreliosis. Wien. Klin. Wochenschr., 110/24, 850-855.


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