CONTRIBUTION A LA SURVEILLANCE DE LA LEPTOSPIROSE EN FRANCE EN 1997

En Métropole, le nombre de cas de leptospirose en 1997 accuse une baisse de plus de 20 % par rapport au chiffre exceptionnel de l'an dernier mais, avec 344 cas(Table 1), reste important. Sur l'ensemble de la communauté francaise, 950 cas de leptospirose ont été détectés en 1997.

Les particularités épidémiologiques de 1996 (1): importance du sérogroupe Icterohaemorrhagiae et de l'incidence dans les zones à forte concentration urbaine ont disparu et on retrouve l'image plus traditionnelle de la leptospirose en Métropole du début de la décennie(2).

En ce qui concerne la répartition en sérogroupes (Table 1, Table 7), Icterohaemorrhagiae ne représente que 35 % des cas (43 % en 1996) et Grippotyphosa retrouve son taux voisin de 20 % (10 % en 1996). La diversité générale s'en trouve également accrue, notamment avec Sejroe et Cynopteri.

Sur le plan géographique hexagonal (Table 7), l'Aquitaine revient comme auparavant en tete des régions en chiffre absolu comme en taux/100 000 h. (A noter que 4 des décès associés à la leptospirose en 1997 ont été attribués à des contacts avec un fleuve du Sud-Ouest : l'Adour). Franche-Comté, Pays de Loire et Champagne - Ardennes viennent ensuite pour les taux/100 000 h comme à l'accoutumée.

Au plan saisonnier (Table 1), là encore 1997 se différencie de 1996 (sans maximum défini) pour montrer un pic en septembre assez habituel.

En ce qui concerne l'Outre-Mer, le chiffre total de 585 est du meme ordre que celui de 1996 (569). Dans ce chiffre, la part de la Nouvelle-Calédonie (366) (Table 8) est encore supérieure à ce qu'elle était l'an dernier (299) et considérable (4) . Certes, le rôle de la PCR (5), qui à elle seule a permis le diagnostic de 132 cas, est encore important mais en nette régression par rapport à l'an dernier (184). On doit s'interroger sur le surcroît de diagnostic sérologique apporté par l'introduction du nouveau sérogroupe Hurstbridge (85) . Si ce sérogroupe est réellement pathogène, il s'agit alors bien de cas auparavant méconnus (6). Sinon, ce pourrait etre comme Patoc (saprophyte) un antigène de trop large spécificité pour être un indicateur valable.

Les autres DOM-TOM sont plutot en régression : Réunion - Mayotte, 96 au lieu de 125 (Table 2), Antilles - Guyane, 75 au lieu de 104 (Table 3, Table 4, Table 5).

Quant au taux d'endémie de Tahiti (Table 6), 30/100 000 h , très accru par rapport à ceux des rapports précédents, il est lié au fait qu'habituellement c'est le nombre d'habitants de l'ensemble de la Polynésie Française qui était utilisé pour le calcul. En réalité, seuls les cas détectés à Tahiti (hormis de rarissimes évacuations sanitaires) faisaient l'objet d'une confirmation biologique et, en 1997, dans le présent rapport, seule la population de Tahiti sensu stricto a été prise en compte.

Au total, 1997 apparait sur le plan de la leptospirose (3) comme un retour à une situation moyenne avec les répartitions classiques par saison, par région et par sérogroupe. Ceci contraste avec l'année 1996 qui avait été particulière sur plusieurs de ces points.

Références :

1. Baranton G., Postic D. 1997. Contribution à la surveillance épidémiologique de la leptospirose en France en 1996. http://www.pasteur.fr/Bio/Leptospira/(textcnr1996.html)

2. Baranton G., Postic D. 1993. La leptospirose humaine en France de 1986 à 1992. Méd. Mal. Infect., 23, Spécial, 499-503.

3. Baranton G., Postic D. La leptospirose en France en 1997 in Bulletin Epidémiologique Annuel (RNSP) 1998 in press.

4. Merien F., Perolat P. (1996) Public Health Importance of human Leptospirosis in the South-Pacific: a five years study in New Caledonia. Am. J. Trop. Med. Hyg. 55(2) 174-178.

5. Perolat P. (1996). Interet de l'amplification genique (PCR) pour le diagnostic et l'epidemiologie de la leptospirose humaine. L'eurobiologiste 199; XXXI:228 15 Nov. 1996 1-6.

6. Perolat,P., Chappel R.J., Adler B., Baranton G., Bulach D.M., Billinghurst M.L., Letocart M., Merien F., Serrano M.S. Leptospira fainei sp. nov., isolated from pigs in Australia Int. J. System. Bacteriol. 1998; 48:851-8


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