Contribution à la surveillance de la leptospirose
en France en 2005
Introduction
En 2005, le CNR a réalisé 5850 analyses sérologiques et 109 examens bactériologiques.
Le nombre total des cas
observés, y compris les PCRs seules est de 555 dont 212
seulement (incluant 8 cas bactériologiques) pour la métropole (Table 1) et 8 à
l'étranger. Un net recul est donc observé en
Métropole comme Outre-mer pa rapport aux dix années
précédentes (moyenne: 308).
En métropole, le taux d’incidence est de 0,35 pour 100 000 habitants (Table 2), ce qui est particulièrement faible.
En Outre-mer, c'est en Guadeloupe (Table 3) que l'incidence est maximale (25.3), puis en Nouvelle Calédonie (Table 8) (20.3), à la Martinique (Table 4) (14.2), à Mayotte (Table 7) (13.1), à La Réunion (Table 6) (11.3), en Guyane (Table 5) (5.9) et enfin à Tahiti (Table 9) (3.7).
Tendances épidémiologiques et surveillance1. En Nouvelle-Calédonie, l'importance de l'incidence (notamment années 1994-1999), et donc la prévalence significative de taux résiduels, a conduit à adopter une définition de cas à la fois plus restrictive et plus complexe qu'ailleurs Cette définition différencie les cas confirmés (37 en 2005) et les cas probables (3 en 2005) et donc un total de 40. Les cas confirmés sont les cas bactériologiques (culture ou PCR) et/ou avec séroconversion (4 x titre). Les cas probables correspondent aux cas du 2).
2. En région d'endémie élevée (habituellement > 50100 000 hab.), le seuil dit "clinique" retenu (> 1/400 envers l'un quelconque des antigènes pathogènes) permet de s'abstraire des taux résiduels liés à une précédente leptospirose. C'est le cas à La Réunion et à Tahiti et depuis 2004 les Antilles.
3. En région de
basse endémie, c'est un seuil dit
"épidémiologique" de 1100 qui est retenu, la
prévalence de taux résiduels étant
généralement négligeable. Par contre,
l'utilisation
d’un seuil de 1400 ferait écarter des cas où les
prélèvements n'ont pas été effectués
à la période sérologique optimale, des formes
décapitées par une antibiothérapie précoce,
ou
encore des cas dus au groupe Grippotyphosa souvent
caractérisés par des taux faibles ; c'est le cas en
Guyane et en métropole. Dans ce cas de figure, la
définition de cas est un compromis entre incidence et
prévalence, le premier prédominant nettement. Mayotte
bien qu'en zone de haute endémie relève aussi de cette
définition en raison de la prévalence locale de
Grippotyphosa.
Le nombre de cas métropolitains est très faible en 2005 (191 sans les PCRs et 212 avec) (Table 1). Il faut remonter à 1989, époque ou la PCR n'existait pas pour trouver un si faible total en métropole (179). Une particularité est l'absence de réel "pic" en 2005. La recrudescence estivale est marquée par un plateau d'environ 30 cas d'août à octobre (Table 1).
Au plan géographique (Table 2) , si comme en 2004 la baisse d'incidence est généralisée, elle est encore plus marquée (0.35 au lieu de 0.39). Elle est particulièrement nette dans l'Ouest (Bretagne, Basse et Haute Normandie) et même en Ile-de-France, Aquitaine, Limousin et surtout en Poitou-Charentes. A l'inverse, plus à l'Est, certaines régions montrent des chiffres plus élevés qu'en 2004 : Centre, Nord-Pas-de-Calais, anecdotiquement, la Corse (2 cas au lieu d'un) et surtout Champagne Ardennes qui présente une incidence record de 1.35 (Table 2).
A l'échelle plus réduite du département, on retrouve les mêmes caractéristiques mais majorées (Table 10). Les Ardennes ont comme à l'accoutumée le taux d'incidence le plus élevé: 4,8 puis le Hautes-Pyrénées (1,4), Charente, Indre et Loire, Manche et Dordogne (1,2) Ain et Calvados :1.
Pour les DOM-TOM, en considérant les différentes définitions de cas, le chiffres sont proches de ceux de l'an dernier sauf pour la Nelle Calédonie (20,3) (Table 8), ou l'incidence s'est accrue alors qu'elle a diminué en Polynésie française. (Table 9) (Table 2).
Actualité
A
compter du 11 décembre 2005, un arrêté
ministériel modifie la nomenclature des actes de biologie
médicale.
En ce qui concerne la leptospirose, cet arrêté fait
obligation d’effectuer un criblage de tous les sérums
adressés pour diagnostic par une technique (cotée B30) de
macroagglutination dite «TR» assez spécifiquement
française. Seuls les sérums positifs ou douteux sont
étudiés par le MAT (coté B120).
Le CNR n’a pas été consulté pour cette
modification qui entraîne plusieurs conséquences :
- les définitions de cas doivent être changées par
adjonction d’une phrase initiale : «Un cas de leptospirose
sérologique (possible ou probable ou confirmé) est
défini par un résultat positif ou douteux en
macroagglutination TR et …» ;
- les performances du TR comme de toute réaction de
dépistage sérologique de la leptospirose étant
modestes, le nombre de cas dépistés sera inférieur
à ce qu’il serait avec les modalités antérieures
(MAT systématique) ;
- le TR présente un biais de sensibilité concernant des
sérogroupes particuliers : en métropole, Grippotyphosa
surtout mais aussi Panama, Australis …, en Guadeloupe : Ballum, ce qui
conduira à une sous-estimation très significative de ces
étiologies spécifiques ;
- tous les rapports antérieurs à 2005, les
développements de logiciels d’alerte, tel celui proposé
par l’Institut de Veille Sanitaire (Y. Le Strat), ne seront plus
comparables ou utilisables dans l’avenir.
PUBLICATIONS
2005 CONCERNANT LES LEPTOSPIRES
(RECHERCHE ET CNR)
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