Contribution à la surveillance de la leptospirose

en France en 2004

Introduction

 

En 2004, le CNR a réalisé 5967 analyses sérologiques et 76 examens bactériologiques.

Le nombre total des cas observés est de 679 (proche des 671 cas en 2003) dont 236 seulement (incluant 7 cas détectés par PCR seule et 1 cas bactériologique uniquement) pour la métropole. (Table 1)

En métropole, le taux d’incidence est de 0,38 pour 100 000 habitants (Table 2), ce qui est très modeste. L’année 2004 est marquée par un pic aigu en septembre débordant sur Octobre. (Table 1)

En Outre-mer, comme l'an dernier et contrairement à l’habitude, les DOM sont caractérisés par de plus nombreux cas que les TOM. C’est en Guadeloupe que l’incidence est maximale (41,2) (Table 3) puis en Martinique (18,9) (Table 4), à La Réunion (9,2) (Table 5) et en Guyane (3,8) (Table 6)

. Dans les TOM, cette année encore, l’incidence est exceptionnellement faible : Mayotte (12,2) (Table 7), la Nouvelle-Calédonie (6,1) (Table 8) et Tahiti (6) (Table 9).

Tendances épidémiologiques et surveillance

Trois définitions de cas différentes sont utilisées suivant la région. Elles correspondent à la nécessité de ne pas considérer comme significatives des cicatrices sérologiques dont la prévalence diffère considérablement compte tenu des niveaux divers d'incidence :

1. En Nouvelle-Calédonie, l'importance de l'incidence (excepté cette année 2003), et donc la prévalence significative de taux résiduels, a conduit à adopter une définition de cas à la fois plus restrictive et plus complexe qu'ailleurs Cette définition différencie les cas confirmés (35 en 2002) et les cas probables (16 en 2002) et donc un total de 51. Les cas confirmés sont les cas bactériologiques (culture ou PCR) et/ou avec séroconversion (4 x titre). Les cas probables correspondent aux cas du 2).

2. En région d'endémie élevée (habituellement > 50100 000 hab.), le seuil dit "clinique" retenu (> 1/400 envers l'un quelconque des antigènes pathogènes) permet de s'abstraire des taux résiduels liés à une précédente leptospirose. C'est le cas à La Réunion et à Tahiti.

3. En région de basse endémie, c'est un seuil dit "épidémiologique" de 1100 qui est retenu, la prévalence de taux résiduels étant généralement négligeable. Par contre, l'utilisation d’un seuil de 1400 ferait écarter des cas où les prélèvements n'ont pas été effectués à la période sérologique optimale, des formes décapitées par une antibiothérapie précoce, ou encore des cas dus au groupe Grippotyphosa souvent caractérisés par des taux faibles ; c'est le cas aux Antilles-Guyane et en métropole. Dans ce cas de figure, la définition de cas est un compromis entre incidence et prévalence, le premier prédominant nettement.

 
Aux Antilles, nous utilisions cette dernière définition de cas mais les demandes d'examens se sont accrues (ainsi en Guadeloupe, de 233 en 2002 elles sont passées à 571 en 2004) et donc élargies. Dans ce contexte moins bien ciblé, la part des traces sérologiques est devenue un problème, ainsi: Guadeloupe 2004 183 cas avec la définition 3 et 121 cas avec la définition 2 (
Table 3); Martinique 2004, respectivement 72 et 33 (Table 4).

Le nombre de cas métropolitains en 2004 (236 cas sérologiques et/ou bactériologiques) (Table 1) est nettement inférieur à la moyenne des cinq dernières années (300).

. Le maximum se situe en septembre (44 cas) et en octobre (34 cas) (Table 1). Il faut remonter à 1992 pour trouver un si faible total en métropole. La baisse du nombre de cas est répartie sur toute l’année (Table 1).

Au plan géographique (Table 2) , là encore, la baisse d'incidence est généralisée (0.38 au lieu de 0.5 ces dernièrres années) portant aussi bien sur les régions à forte incidence, dont deux seulement (Basse-Normandie 1.20 et Poitou-Charentes 1.16) atteignent en 2004 un taux supérieur à 1/100 000 h, que sur les régions d'incidence moyenne. Seules certaines régions à basse incidence, telles que PACA, Picardie ou Languedoc-Roussillon, ont conservé leur moyenne habituelle qui, par contraste, apparait en 2004 un peu plus élevée (Table 2).


Au niveau des départements métropolitains, les contrastes sont plus nets (Table 10) (Fig 1). Cinq atteignent et dépassent 10 cas mais, pour trois d'entre eux Nord, Paris et Ardennes, c'est habituel avec des incidences respectivement de 0.6, 0.7 et 3.4 mais la Seine-Maritime et le Calvados avec 0.93 et 1.54 dépassent significativement leur incidence normale. Du reste, sur l'ensemble des deux régions normandes, on peut noter une recrudescence du nombre de cas de leptospirose liée à une poussée de Grippotyphosa en automne. C'est également le cas en Poitou-Charentes.

Pour les TOM, en Nouvelle-Calédonie (Table 8), c'est à nouveau le climat (encore plus sec et frais qu'en 2003) et l’absence de diagnostic de confirmation local par MAT (Tahiti) (Table 7) qui expliquent les chiffres exceptionnellement bas dans le Pacifique. (Table 2).

Au niveau des DOM, les Antilles et surtout la Guadeloupe ont des scores particulièrement élevés à relier à une année très pluvieuse (notamment en mai où des pluies diluviennes ont persisté une dizaine de jours). La Réunion (Table 5) présente également un nombre de cas élevé (65 cas par sérologie auxquels s'ajoutent 26 cas par PCR seule). 


PUBLICATIONS CONCERNANT LES LEPTOSPIRES
(RECHERCHE ET CNR)

 






Provenance : Bases  A methylated phosphate group and four amide-linked acyl chains in Leptospira interrogans lipid A - The membrane anchor of an unusual lipopolysaccharide that activates TLR2
Auteur :  Que-Gewirth, NLS, Ribeiro, AA, Kalb, SR, Cotter, RJ, Bulach, DM, Adler, B, Saint Girons, I, Werts, C, Raetz, CRH
Source  :  Journal of Biological Chemistry. 279(24):25420-25429, 2004


Provenance : Bases  Risk factors for leptospirosis in metropolitan France: Results of a national case-control study, 1999-2000
Auteur :  Nardone, A, Capek, I, Baranton, G, Campese, C, Postic, D, Vaillant, R, Lienard, M, Desenclos, JC
Source  :  Clinical Infectious Diseases. 39(5):751-753, 2004