RAPPORT D'ACTIVITE

DU CENTRE DE REFERENCE DES LEPTOSPIRES

POUR L'ANNEE 2002

 

 

INTRODUCTION

En 2002, le CNR a réalisé 5283 analyses sérologiques et 91 examens bactériologiques.

Le total des cas observés est de 653 dont 365 (incluant 4 cas détectés par PCR seule) pour la métropole (Table 1), soit un taux d'incidence moyen correspondant à 0,61/100000 (Table 2) .

Outre-mer, les 288 diagnostics positifs représentent un effectif modeste qui, comme l’an dernier, présente des contrastes en fonction du lieu. Ces disparités peuvent n’être révélatrices que de problèmes d’accès au diagnostic.

En métropole, le pic saisonnier est centré sur octobre mais s’étale sur les cinq derniers mois de l’année (Table 1).

Outre-mer, le taux d’incidence maximum, bien moindre que dans les années 1990, est observé en Nouvelle-Calédonie (30), puis aux Antilles-Guyane (17,8), à Tahiti (12,5) et enfin à La Réunion (7,2) (Table 2).

 

. Tendances épidémiologiques et surveillance

 

Trois définitions de cas différentes sont utilisées suivant la région. Elles correspondent à la nécessité de ne pas considérer comme significatives des cicatrices sérologiques dont la prévalence diffère considérablement compte tenu des niveaux divers d'incidence :

1. En Nouvelle-Calédonie, l'importance de l'incidence, et donc la prévalence significative de taux résiduels, a conduit à adopter une définition de cas à la fois plus restrictive et plus complexe qu'ailleurs. Cette définition différencie les cas confirmés (35 en 2002) et les cas probables (16 en 2002) et donc un total de 51. Les cas confirmés sont les cas bactériologiques (culture ou PCR) et/ou avec séroconversion (4 x titre). Les cas probables correspondent aux cas du 2).

2. En région d'endémie élevée (habituellement > 50/100000 hab.), le seuil dit "clinique" retenu (> 1/400 envers l'un quelconque des antigènes pathogènes) permet de s'abstraire des taux résiduels liés à une précédente leptospirose. C'est le cas à Tahiti et à La Réunion.

3. En région de basse endémie, c'est un seuil dit "épidémiologique" de 1/100 qui est retenu. En effet, la prévalence de taux résiduels est généralement négligeable et, par contre, l'utilisation de 1/400 ferait écarter des cas où les prélèvements n'ont pas été effectués à la période sérologique optimale, des formes décapitées par une antibiothérapie précoce, ou encore des cas dus au groupe Grippotyphosa souvent caractérisés par des taux faibles. C'est le cas aux Antilles-Guyane et en métropole.

 

Le nombre de cas métropolitains en 2002 (357 cas sérologiques) est le plus important des cinq dernières années avec les 2/3 des cas au deuxième semestre. Le maximum (62 cas) se situe en octobre (Table 1).

On y retrouve les habituels foyers géographiques (Table 2): Pays de Loire (1,21), Poitou-Charentes et surtout Franche-Comté (1,61) mais, en 2002, la Basse-Normandie (1,48) vient avant le Poitou-Charentes (1,34) et la Champagne-Ardennes (0,97). De plus, encore moins habituel, la Bretagne (1,07) et le Limousin (1,11) figurent parmi les régions d’endémie supérieure à 1/100000. Au plan sérogroupe, Grippotyphosa est équivalent à Icterohaemorrhagiae (23% chacun) (Table 1). Grippotyphosa est responsable des scores de la partie Ouest et Nord de la métropole (Table 2) grâce à une recrudescence automno-hivernale (Table 1). L’importance de Canicola cette année (Table 1) est d’origine probablement artefactuelle.

Pour les DOM-TOM (288 cas), si les Antilles-Guyane ont eu une incidence assez élevée (Table 2) surtout en Guadeloupe (97 cas) (Table 3), la Martinique (Table 4) et la Guyane (Table 5) ayant des nombres de cas plus habituels : respectivement 61 et 13. A l’inverse la Nouvelle-Calédonie est à 30/100000 et Mayotte inexplicablement indemne. Tahiti depuis 2 ans a cessé d'effectuer le diagnostic par MAT. Le petit nombre de cas confirmés: 15 (Table 7) ne rprésente donc que les patients diagnostiqués au CNR. Localement et au CNR, l'ELISA IgM disponible permet cependant un diagnostic présomptif conduisant à 39 cas probables supplémentaires. Quant à La Réunion, l’incidence est modeste pour une année avec cyclone (Table 6).

Il est à noter que sur le plan diagnostique il existe un décalage entre la PCR très précoce et la sérologie plus tardive. Ainsi à la Réunion cette année, de manière presque caricaturale, les 4 PCR positives s'accompagnaient d'une sérologie négative et inversement les 47 sérologies positives avaient une PCR négative.

Faut-il voir dans cette recrudescence sur les deux rives de l’Atlantique, par rapport à une faible incidence indo-pacifique, un effet du phénomène El Niño marqué ces deux dernières années ? Il est difficile de ne pas l’évoquer mais il s’agit de pure spéculation. Tout au plus, peut-on dire qu’il y a parallélisme relatif entre la pluviométrie et le nombre de cas tant en métropole que dans les DOM-TOM au dire de nos correspondants.

PUBLICATIONS 2002 CONCERNANT LES SPIROCHETES

 

Provenance : Bases  Human infection caused by Leptospira fainei.
Auteur :  Arzouni JP, Parola P, La Scola B, Postic D, Brouqui P, Raoult D
Source  :  Emerging Infecious Diseases. 8(8):865-8, 2002


Provenance : Bases  Inactivation of the spirochete recA gene results in a mutant with low viability and irregular nucleoid morphology.
Auteur :  Tchamedeu Kameni AP, Couture-Tosi E, Saint-Girons I, Picardeau M
Source  :  Journal of Bacteriology. 184(2):452-8, 2002



Provenance : Bases  Cluster of leptospirosis cases among children in France.
Auteur :  Sertour N, Menouard M, Poveda JD, Perra A, Baranton G, Postic D
Source  :  European Journal of Clinical Microbiology & Infectious Diseases. 21(7):560-2, 2002



Provenance : Bases  Molecular diversity of the ospC gene in Borrelia. Impact on phylogeny, epidemiology and pathology.
Auteur :  Lagal V, Postic D, Baranton G
Source  :  Wiener Klinische Wochenschrift. 114(13-14):562-7, 2002