Recherches sur le SIDA dans le Réseau International des Instituts Pasteur

Les établissements du Réseau international des Instituts Pasteur (RIIP) sont fortement associés aux travaux sur le virus du sida et sur la maladie elle-même. L'implantation des instituts du Réseau, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, est particulièrement importante quand on sait que plus de 90 % des cas de sida se trouvent au Sud…

Un vaste programme sur la résistance aux antirétroviraux

Coordinateurs : Françoise Barré-Sinoussi*, Institut Pasteur à Paris, Jean-Marc Reynes, Institut Pasteur du Cambodge, et Ahidjo Ayouba, Centre Pasteur du Cameroun
Laboratoire référent : Hervé Fleury, CHU de l'Université Bordeaux-I

Entre 6 à 10% des virus circulants sont résistants à certains antirétroviraux (ARV). Leur mise à disposition croissante dans les pays de forte endémie pour le sida rend nécessaire la mise en place en parallèle d'un programme de surveillance des résistances à ces thérapies.
Des établissements du RIIP participent à ce programme "résistance aux ARV", grâce des soutiens de l'Agence Nationale de Recherche sur le sida (ANRS) et du Ministère des Affaires Etrangères (MAE). La première étape de ce programme a consisté à mettre en place les technologies applicables à la recherche des résistances aux ARV selon des méthodes standardisées et avec un contrôle de qualité entre les différents laboratoires. Cette étape est d'ores et déjà réalisée. Ces techniques sont celles utilisées par le réseau français de surveillance de la résistance aux ARV mis en place par l'ANRS et par le ResNet (resistance network) de l'OMS, réseau auquel les instituts du RIIP sont associés.

Le programme a également pour objectif de standardiser les algorithmes d'interprétations servant à la recherche des mutations de résistance et les études visent dans un premier temps le problème de la transmission mère-enfant. On recherche en particulier les résistances à la néviparine, molécule permettant de prévenir cette transmission (notamment à Bangui, Yaoundé, Ho Chi Minh Ville, Pnom-Penh). Il est en effet connu que chez les femmes traitées à la néviparine, les résistances apparaissent très vite, ce qui pose problème, notamment pour la prise en charge d'une deuxième grossesse. Le programme "résistance aux ARV" du RIIP est mené en étroite liaison avec l'ANRS.

Les Instituts Pasteur de ce programme sont situés dans les pays suivants :
- pays de la zone de solidarité prioritaire (financement FSP) : Algérie, Maroc, République Centrafricaine, Cameroun, Madagascar, Vietnam, Cambodge
- Hors zone SP : IP de Guyane, IP à Paris et C.H.U. Bordeaux II

* Le Pr Françoise Barré-Sinoussi, co-découvreur du virus du sida, dirige l'unité de Régulation des Infections Rétrovirales à l'Institut Pasteur

Prévenir la transmission de la mère à l'enfant au Cameroun

Le Centre Pasteur du Cameroun situé à Yaoundé a été l'initiateur d'un programme de mise en place du traitement préventif de la transmission du VIH/Sida de la mère à l'enfant, en collaboration avec une équipe de l'Institut Pasteur à Paris, et avec le soutien de la fondation Glaxo. Les études menées ont débouché sur un programme national de prévention thérapeutique de la transmission mère-enfant de l'infection VIH-1 et de prise en charge des femmes enceintes au Cameroun.


Les co-infections sida-tuberculose au Cambodge

L'Institut Pasteur du Cambodge participe à un essai clinique ANRS qui débute cette année. Il est coordonné au Sud par le "Cambodian Health Committee" et au Nord par l'Hôpital du Kremlin-Bicêtre ; il implique également l'Institut Pasteur à Paris ainsi qu'une équipe américaine (Harvard Medical School). Cet essai vise à définir à quel moment il est préférable d'administrer des antirétroviraux chez des patients VIH+ tuberculeux. Ce problème est complexe car il existe des interactions médicamenteuses entre molécule-clé du traitement anti-tuberculeux et certains antirétroviraux, qui constituent souvent des contre-indications à l'utilisation concomittante des deux traitements. De plus, la reconstitution de l'immunité obtenue par les antirétroviraux peut s'accompagner d'une importante aggravation de la tuberculose. Les résultats de ce programme bénéficieront à l'ensemble de la communauté médicale internationale.


Evaluer le risque du vaccin fièvre jaune chez les séropositifs

Un autre problème, spécifique des pays du Sud, est celui de la vaccination contre la fièvre jaune chez les sujets immunodéprimés : on ne connaît pas l'impact de l'utilisation du vaccin (un vaccin vivant atténué : "souche 17D") chez les personnes VIH+. Or les contraintes sanitaires impliquent des vaccinations de masse de personnes dont on ne connaît pas le statut sérologique (on estime que plus de 10% de la population est infectée par le VIH dans 7 pays où la fièvre jaune est endémique). Une étude est donc prévue au Sénégal et sera menée par une équipe de l'Institut Pasteur de Dakar, en collaboration avec l'Institut Pasteur à Paris, pour évaluer le risque de cette vaccination chez les personnes VIH+.


Ces quelques exemples ne sont pas exhaustifs, bien d'autres recherches étant menées au sein du RIIP, comme l'étude de la diversité génétique du VIH-1 en Russie du Nord-Ouest, menée à l'Institut Pasteur de Saint-Pétersbourg, ou l'étude des co-infections VIH/paludisme à l'Institut Pasteur de Bangui, en République Centrafricaine. Ils illustrent l'importance des recherches menées dans les pays les plus touchés.

(Décembre 2005)


 

 
 


Pour obtenir des informations sur la recherche sur le SIDA à l'Institut Pasteur de Paris (France), voir la page des rapports d'acti
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