Syndrome Hémolytique et Urémique ou SHU

Les infections à STEC sont responsables le plus fréquemment de colites hémorragiques pouvant se compliquer de Syndrome Hémolytique Urémique ou SHU. En 2001, le taux d'incidence du SHU était de 0, 7 pour 100 000 enfants âgés de moins de 15 ans et de 2,1 pour 100 000 enfants âgés de moins de 2 ans. Cette incidence reste stable depuis 1993. Le SHU représente la première cause d'insuffisance rénale du nourrisson. Il intervient surtout l'été.

Aspects cliniques

Phase prodromique avec gastro-entérite aiguë souvent fébrile associée à des douleurs abdominales, vomissements, diarrhée souvent sanglante durant 1 à 10 jours.
Le début du SHU est brutal avec une anémie hémolytique et une insuffisance rénale aiguë (taux élevés d’urée et de créatinine sanguine). Les enfants sont anuriques dans la moitié des cas.
D’autres organes peuvent être atteints : colite hémorragique sévère dans 10 à 20 % des cas, pancréatite aiguë dans 20 % des cas, atteinte du système nerveux central dans 20 % des cas, plus rarement atteinte hépatique ou cardiaque.

Conduite à tenir et traitement

Les signes qui doivent faire penser au diagnostic de SHU chez un enfant sont l’apparition de somnolence, irritabilité extrême et de la fatigue, une pâleur de la peau, éventuellement avec ictère discret dû à l’hémolyse, parfois des pétéchies dues à la thrombopénie, une diminution du volume urinaire et l’apparition d’œdèmes. Chez les enfants de moins de 3 ans, le SHU survient surtout après une diarrhée prodromique sanglante dans la majorité des cas.
Il doit être hospitalisé dans une unité pour enfants atteints d’insuffisance rénale. L’apparition de ce syndrome signifie souvent une longue période d’hospitalisation et au moins 80 % des enfants atteints auront besoin de plusieurs transfusions sanguines. La dialyse sera nécessaire dans 50 % des cas.

Traitement
Un traitement symptomatique précoce a une grande importance et permet d’avoir un taux de mortalité inférieur à 5% car il n’y a pas de traitement spécifique modifiant l’évolution du SHU.
La dialyse est indiquée chez les enfants oliguriques ou anuriques.


Pronostic

Le taux de mortalité à la phase aiguë est actuellement de < à 5%.
Chez les enfants atteints, les décès interviennent dans 3 à 5 % à la suite de complications.
Risques de séquelles rénales et du système nerveux central.

Surveillance des SHU en France

En France, un système de surveillance du SHU pédiatrique a été mis en place depuis 1996 en collaboration avec les membres de la Société de Néphrologie Pédiatrique. Ce réseau est constitué de 30 services hospitaliers de néphrologie pédiatrique volontaires répartis sur tout le territoire métropolitain. Les cas de SHU sont notifiés à l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) par l’envoi d’une fiche recueillant les informations cliniques, microbiologiques et épidémiologiques (expositions à des facteurs de risque alimentaires ou environnementaux).

Pour chaque cas, le protocole de surveillance requiert l’envoi des prélèvements de sérum au laboratoire associé au CNR des E. coli et Shigella.

Cette surveillance permet de connaître les caractéristiques épidémiologiques de la maladie, de suivre ses tendances spatio-temporelles du SHU chez les enfants de moins de 15 ans, d’identifier les agents responsables et de détecter des phénomènes épidémiques.

Un cas est défini comme un enfant de moins de 15 ans pour lequel un diagnostic clinique de SHU (début brutal d’une anémie hémolytique avec insuffisance rénale), précédé d’une diarrhée prodromique a été posé avec les critères biologiques suivants : anémie hémolytique microangiopathique (hémoglobine < 10 g/100 ml et schizocytose = 2%) et insuffisance rénale (créatinémie > 60 mmol/l si âge < 2 ans, > 70 mmol/l si âge = 2 ans).

Une infection à STEC est confirmée sérologiquement ou par l’isolement de souches STEC ou par la détection par PCR des gènes codant les Shiga-toxines dans les selles.
Les cas survenus pendant ou au retour immédiat d’un séjour hors de France sont considérés comme des cas importés.

Les recherches sérologiques chez les malades ont montré une prédominance du sérogroupe O157.

Facteurs de risque de survenue des SHU liés à une infection à STEC

En France les facteurs de risque chez les enfants de moins de 15 ans sont surtout la consommation de steak haché peu cuit et la transmission interhumaine dans les familles ou dans les collectivités. Le contact avec des animaux de ferme ou leur environnement, la consommation d’eau de puits ou d’eau de distribution non traitée, de fromages à base de lait cru ont été signalés.

Les STEC et plus particulièrement le sérotype O157 :H7 restent un nouveau risque pour l’industrie agro-alimentaire.

Mesures préventives recommandées

- Manger la viande de bœuf haché bien cuite,
- Se laver fréquemment et soigneusement les mains afin d’éviter de contaminer tout aliment,
- Laver soigneusement les ustensiles ayant servi à manipuler de la viande crue,
- Congeler la viande dès son achat si elle n’est pas consommée en moins de 48 heures,
- Placer la viande sur la tablette la plus basse du réfrigérateur,
- Se laver les mains très soigneusement avec de l’eau chaude et du savon après avoir été aux toilettes ou changé une couche,
- Appliquer les bonnes pratiques d’hygiène élémentaire afin de prévenir la transmission de personne à personne,
- Consulter son médecin si présence de symptômes suivants : diarrhée, présence de sang dans es selles, vomissements, crampes abdominales, fièvre.

Liens utiles

Sur le site de l'Institut de Veille Sanitaire :
Toxi-infection alimentaire collective à Escherichia coli O148:H8 producteur de shigatoxines.
Gironde, juin 2002. Rapport d'investigation

Sur le site de l'AFSSA
Bilan des connaissances relatives aux Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) - 24/07/2003

Eurosurveillance
Bulletin épidémiologique européen :surveillance et contrôle des maladies transmissibles.