Les Escherichia coli entérohémorragiques (EHEC) - E. coli producteurs de shiga toxines (STEC)

Définitions

- les EHEC ou E. coli entérohémorragiques sont des souches ayant les mêmes caractéristiques cliniques, épidémiologiques que les O157 :H7 et qui possèdent les mêmes facteurs de virulence, 

- les STEC ou E. coli producteurs de Shiga-toxines (ou Shiga-toxin-producing E. coli) représentent toutes les souches de E. coli possédant les gènes stx codant une Shiga-toxine (anciennement Shiga-like toxine) ou vérotoxine (toxine détruisant les cellules Vero),
Remarque : les STEC sont des pathogènes émergents, mais tous les STEC ne sont pas associés à une maladie humaine, 

- les VTEC ou E. coli producteurs de vérotoxines (ou Verotoxin-Producing E. coli) ancienne dénomination encore utilisée, 

- le syndrome hémolytique et urémique ou SHU représente la complication la plus grave des infections à EHEC.

Historique

Les premiers STEC sont apparus en 1982 lors de deux épidémies de colites hémorragiques sévères, aux Etats-Unis (Oregon puis Michigan), après la consommation de hamburgers insuffisamment cuits provenant d’une chaîne de restauration rapide. Une souche de Escherichia coli d’un nouveau sérotype O 157 :H7 a été mise en évidence dans les selles des malades et dans la viande de bœuf d’où provenaient les hamburgers. Peu de temps après, une étude menée sur des selles d’enfants atteints par un Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU), montra la présence de E. coli produisant une toxine, cytotoxique pour les cultures cellulaires Vero, d’où son nom de "verotoxine" dénommée également Shiga-toxine du fait de sa grande similitude avec une toxine produite par Shigella dysenteriae 1.
Depuis cette date, des épidémies importantes consécutives à la consommation d’aliments contaminés par des STEC sont survenues dans le monde, les plus graves ont été : à Washington en 1993, liées à la consommation de hamburgers avec 501 malades, 45 SHU et 3 décès, au Japon en 1996 liée à des radis blanc avec 9451 malades et 12 décès, et en Ecosse en 1996, liées à de la viande de bœuf avec 137 malades et 10 décès. Toutes ces épidémies étaient dues au sérotype O157 :H7.


Données épidémiologiques

En France, depuis 1995, une centaine de cas de SHU majoritairement liés à des STEC est recensée par an chez les enfants de moins de 15 ans. Les chiffres concernant les adultes sont inconnus. Aucune épidémie due aux STEC n’a été jusqu’à maintenant observée. Seuls des cas groupés ou des foyers de SHU ont été identifiés sans que l’origine alimentaire n’ait été souvent démontrée. Plus récemment, 2 toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) ont été détectées et investiguées, l’une liée à E. coli O157 en décembre 2000 avec 10 cas, l’autre liée à un STEC non O157 (O148 :H8) en juin 2002, incriminant de la viande de mouton.

Pour plus de détails voir les rapports regroupés dans les liens utiles.

Transmission et réservoir

Malgré la difficulté de retrouver l'origine alimentaire, les aliments suspectés en France sont les produits d'origine animale ou au contact et ayant été consommés crus ou peu cuits comme des produits à base de lait cru, de vache ou de chèvre, bœuf, mouton..
Les STEC ont émergé au moment où les habitudes alimentaires ont évolué vers l'augmentation des repas pris hors foyer (grandes entreprises de "fast food", restauration collective....).

Caractéristiques des souches STEC

Les souches dites STEC (Shiga-toxin-producing E. coli) se caractérisent par la production de Shiga-toxines ou verotoxines qui se divisent en 2 grandes classes les toxines Stx1, neutralisables par des anticorps anti-Shiga-toxine de Shigella dysenteriae 1, et les toxines Stx2 et variants non neutralisables.
Les souches peuvent être nommés également VTEC (verotoxin-producing E.coli) mais la convention internationale de dénomination de ces pathogènes recommande le terme STEC aujourd’hui.
Escherichia coli O157:H7 est un des principaux sérotypes de E. coli produisant ces toxines, mais d’autres sérotypes, impliqués dans des SHU, ont été à l’origine d’importants foyers épidémiques. En France, des souches de sérotype O26, O55, O91, O103, O111 ou non agglutinables par les sérums actuels ont été incriminés dans des foyers épidémiques depuis 1991 mais n’ayant pas l’importance des épidémies étrangères.

Pathologies humaines

L’ingestion de bactéries STEC dans les aliments contaminés peut se traduire par une diarrhée évoluant dans 90% des cas en colite hémorragique (CH), se compliquant d’un SHU (10% des cas), plus particulièrement chez l’enfant de moins de 15 ans et le sujet âgé, ou plus rarement d’un purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT) chez l’adulte.
Ces affections se manifestent surtout par une atteinte rénale pour le SHU et une atteinte cérébrale pour le PTT.
Les personnes les plus sensibles sont les enfants de moins de 3 ans et de plus de 65 ans.

- CH ou Colite Hémorragique
Elle se caractérise par la présence d’une diarrhée aqueuse puis sanglante avec crampes abdominales. La période d’incubation est de 2 à 10 jours. L’évolution est généralement favorable en quelques jours.

- PTT ou Purpura thrombotique et thrombocytopénique
Il est caractérisé par une anémie hémolytique microangiopathique, avec fièvre, troubles neurologiques et insuffisance rénale aiguë. Elle touche plutôt l’adulte. 

- Syndrome Hémolytique et urémique ou SHU
Les infections à STEC sont responsables le plus fréquemment de colites hémorragiques pouvant se compliquer de Syndrome Hémolytique Urémique ou SHU.

Liens utiles