Actualités - rapports

Rapports d'activité

Données épidémiologiques

Les données du CNR sont communiquées à la DGS et à l’InVS et sont régulièrement publiées dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du Ministère de la Santé. 

Voir notamment sur le site de l’Institut de Veille Sanitaire : 
- Le Botulisme humain
- Surveillance Clostridium difficile

Changements taxonomiques

Le spectaculaire développement des méthodes de biologie moléculaire incluant le séquençage du gène de l'ARN ribosomal 16S, ou l'étude d'autres marqueurs moléculaires tels que les gènes recA, rpoB, gyrB, etc., a révolutionné la phylogénie bactérienne apportant en permanence de nouvelles données génétiques. Des bactéries inconnues jusqu'à présent sont régulièrement isolées et caractérisées par ces nouvelles méthodes. De ce fait la taxonomie et la nomenclature des bactéries sont en perpétuel remaniement.

Ces dernières années, d'importants changements se sont produits dans la classification de la plupart des genres bactériens anaérobies. De nouveaux ordres, familles, genres et espèces ont été créés et de nombreuses espèces ont été reclassifiées ou regroupées.

Un nouveau phylum, les Synergistetes, a été créé (ainsi que classe, ordre, famille correspondants). Le genre Jonquetella créé en 2007 fait partie de ce phylum. Le genre Blautia créé en 2008 regroupe maintenant Clostridium coccoides et les espèces anciennement classées dans le genre Ruminococcus (coques à Gram +) [cluster XIVa des Clostridium (Collins et al. 1994)]. Parmi les bacilles à Gram négatif un nouveau genre Paraprevotella (et deux espèces) a été décrit.

Pour le microbiologiste clinique, et encore plus pour le clinicien peu au fait de ces développements taxonomiques, il est très difficile de faire la corrélation entre une espèce connue et sa nouvelle désignation, ou de distinguer parmi les nombreux genres ou espèces nouvellement décrits ceux qui ont un réel intérêt en pathologie humaine. 

Nous donnons ici la liste des principaux changements taxonomiques intervenus depuis 1996 chez les bactéries anaérobies d’intérêt médical

Informations sur le botulisme humain

Le botulisme humain est inscrit dans la liste des maladies à déclaration obligatoire (décret 86-770 du 10/06/1986 modifié par les décrets 87-1012, 96-838 et 98-169).
Voir sur le Site de l’InVS

Types de botulisme et origine :

Tout type d’aliment conservé (familial ou industriel) peut être à l’origine de botulisme. Classiquement, l’origine des principaux types de botulisme sont :

- Botulisme de type A : conserves familiales, notamment de végétaux, produits laitiers.
- Botulisme de type B : conserves familiales (charcuterie notamment jambon).
- Botulisme de type E : poissons, produits de la mer.


I. Suspicion de botulisme

- Le tableau clinique du botulisme est dominé par des signes de paralysie flasque. Des symptômes paralytiques évoluant chez plusieurs personnes ayant pris un repas en commun doivent évoquer un diagnostic de botulisme.
- Incubation 1 à 9 jours, en moyenne 1 à 4 jours.
- Les signes digestifs en phase de début sont discrets et souvent inexistants (douleur abdominale, nausée, vomissement, diarrhée brève puis constipation tenace). 
- Les signes neurologiques sont constitués de paralysies bilatérales et symétriques et de troubles des sécrétions : 
   . signes oculaires : troubles de l’accommodation, vision floue, parfois strabisme externe, mydriase bilatérale ; 
   . troubles bucco-pharyngés : troubles de la déglutition, dysphagie, dysphonie, sécheresse de la bouche ; 
   . autres : paralysie des membres, paralysie respiratoire, diminution des sécrétions lacrymales, salivaires, dysurie, constipation. Il faut noter qu’il n’y a pas d’atteinte sensorielle ou sensitive.
- Botulisme infantile. Le botulisme peut atteindre les nouveau-nés et nourrissons. Il se traduit par de l’apathie, asthénie, dysphagie, et insuffisance respiratoire dans les formes sévères.
Cette forme de botulisme se caractérise par la présence de toxine botulique et de Clostridium neurotoxinogène dans le tube digestif. Par contre, la toxine botulique dans le sang est peu fréquente.

II. Traitement 

En France, la forme la plus fréquente est le botulisme de type B qui est rarement mortel. Le traitement est surtout un traitement symptomatique.

III. Diagnostic

- Mise en évidence et typage de la toxine botulique (test de létalité sur souris et séroneutralisation) dans le sérum et/ou dans les selles.
- Recherche de Clostridium neurotoxinogène par culture d’enrichissement a partir de selles, caractérisation de la toxine produite et caractérisation génétique (PCR).
- Investigation des aliments suspects : recherche de toxine et/ou de Clostridium neurotoxinogène.

Informations sur le botulisme animal

Les principales formes de botulisme et les espèces concernées sont les suivantes :

- Botulisme type C : Volailles, oiseaux sauvages, visons.
- Botulisme type D : Bovins.
- Botulisme plus rare chez les équins et les carnivores.

Diagnostic

- Mise en évidence et typage de la toxine botulique (test de létalité sur souris et séroneutralisation) dans le serum et/ou le contenu intestinal.
- Recherche de Clostridium neurotoxinogène par culture d’enrichissement et caractérisation de toxine, ainsi que par caractérisation génétique (PCR) a partir du contenu intestinal.

N.B. : Le botulisme des oiseaux est fréquemment associé à une présence détectable de toxine botulique dans le sérum ; par contre, la toxine botulique n’est retrouvée dans le sérum que dans 30 à 50 % des cas de botulisme bovin.