Actualités - rapports


Historique de la coqueluche

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Epidémiologie - Contribution du CNR

Coqueluche

A la suite d’une enquête réalisée en 1991 à l’Hôpital d’Enfants Armand Trousseau avec les professeurs Pierre Bégué et Emmanuel Grimpel, le Laboratoire de Bordetella à l’Institut Pasteur a pu mettre en évidence une augmentation du nombre des nourrissons hospitalisés atteints de coqueluche, ainsi que la présence de cas de coqueluche dans l’entourage de ces nourrissons.
C’est à la suite de cette enquête que le Ministère de la Santé a créé le Centre National de Référence des Bordetelles, et a décidé la réalisation d’une enquête épidémiologique en 1993-1994. Cette enquête, effectuée par 22 centres hospitaliers (22 pédiatres et 22 bactériologistes), le Réseau National de Santé Publique (InVS) et le Centre National de Référence des Bordetelles, a permis de confirmer les résultats obtenus avec l’Hôpital Trousseau.
Voir les résultats de l’étude publiée dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire B.E.H. n°50/1998 et Baron et al. PIDJ (1998) 17: 412-418.

Comme cela a été le cas aux Etats-Unis, une résurgence de la coqueluche a pu être observée en France, vingt-cinq ans après l’introduction de la vaccination généralisée. Cette résurgence s’accompagne d’une modification de la transmission de la maladie qui touche désormais les adultes et les adolescents anciennement vaccinés, pouvant ainsi contaminer les nourrissons non vaccinés exposés aux formes graves de la maladie.
Ce changement d'épidémiologie ne s'est pas produit suite à une réduction de la couverture vaccinale ou à une mauvaise efficacité du vaccin à germes entiers, mais suite à une diminution progressive de l'immunité en raison de l'absence de rappels, vaccinal ou naturel. En effet, la vaccination consistait en trois injections à 2, 3, 4 mois, suivie d'un rappel à 18 mois uniquement. L'introduction d'un rappel vaccinal était donc nécessaire. Ce rappel vaccinal a été fixé à 11 ans. En effet, très peu de cas étaient observés entre 2 et 10 ans chez les enfants vaccinés, et une étude sérologique que nous avons effectuée en 1994 sur une cohorte d'enfants vaccinés a montré que la réponse immune augmente, 6-7 ans après la dernière vaccination effectuée à 18 mois, en l'absence de rappel vaccinal, suggèrant donc une importante circulation de la bactérie chez les sujets vaccinés.
Grâce à la mise sur le marché de vaccins acellulaires composés de protéines purifiées, le rappel vaccinal est maintenant possible depuis février 1998. Lors de récents essais cliniques, ces vaccins dits acellulaires se sont montrés efficaces et mieux tolérés que les vaccins à germes entiers par le nouveau-né. La durée de l'immunité que ces vaccins confèrent, étudiée en 2000 et en 2004 chez des enfants vaccinés soit avec un vaccin à germes entiers soit avec un vaccin acellulaire à 3 composants est semblable (Guiso N. et al. Vaccine. (2007) 25(8):1390-1397). Une surveillance des conséquences de l'introduction de ce rappel vaccinal est évaluée grâce au Réseau National de Surveillance Hospitalier de la Coqueluche, mis en place depuis avril 1996 (R.E.N.A.C.O.Q.: 44 bactériologistes et 44 pédiatres, l'InVS et le Centre National de Référence des Bordetelles), et grâce à la récente amélioration des diagnostics microbiologiques mis au point par le C.N.R.
Voir : B.E.H. n°18/2001, B.E.H. n° 44/2003, B.E.H. n°44/2004, B.E.H. n° 29-30/2005, BEH n°29-30/2006, BEH n°16-17/2008

L’unité PTMMH a pu confirmer l’importante proportion d’adultes infectés. En collaboration, la SFTG (Société de Formation Thérapeutique du Généraliste), l’AMP (Association pour l’aide à la Médecine Préventive), Aventis-Pasteur, Aventis-Pasteur-MSD, et l’unité de l’Institut Pasteur ont réalisé une enquête en région parisienne pour déterminer la proportion d’adultes de plus de 18 ans ayant une coqueluche confirmée biologiquement parmi des patients toussant depuis plus de 7 jours et moins de 31 jours. Les patients étaient recrutés par leur médecin généraliste en cabinet de ville. Cette proportion est élevée (32%). Une estimation de l’incidence a été faite : 507 cas pour 100 000. Si les mêmes définitions de cas sont utilisées, cette incidence élevée est semblable à celle des Etats-Unis, pays utilisant un vaccin similaire depuis 45 ans. Au cours de cette enquête, il a été montré que la plupart des adultes avaient été vaccinés, ou avaient eu la maladie dans l’enfance. Ces données confirment nos résultats antérieurs montrant que l’immunité suite à une infection ou une primo-vaccination et un rappel vaccinal ne protègent pas à vie. Ces résultats confirment la nécessité de rappels vaccinaux chez l’adolescent et l’adulte.
Voir Gilberg et al., J. Infect. Dis. 2002 ;186 :415-418.

Par ailleurs, de plus en plus de cas groupés ont été à l'InVs (Poujol et al. Hygiène, 2008) et au CNR. Une épidémie ayant eu lieu dans un grand hôpital français a montré l'infection de 91 personnes dont une dizaine de patients contaminés par le personnel de santé (Bassinet et al. Infect Cont Hosp Ep., 2004; 25, n°11 : 995-997). Le coût d'une telle épidémie a été évaluée à 45.000 euros (Ward et al. Infect Cont Hosp Ep., 2005; 26 n°3:288-292).

Suite à ces différentes études un rappel vaccinal a été introduit en 2004 pour les jeunes adultes en âge d'être parents et pour le personnel de santé en contact avec des jeunes nourrissons (B.E.H. 2004).
En 2004, une enquête prospective a été de nouveau réalisée dans des centres hospitaliers en Allemagne, Canada, Etats-Unis et France. L'unité PTMMH a coordonné la partie microbiologique et les diagnostics biologiques. Les résultats confirment que les nourrissons de moins de 6 mois hospitalisés pour coqueluche sont contaminés dans 78 % des cas par des adultes de leur entourage et que des porteurs asymptomatiques peuvent exister dans l'entourage de ces cas. (Wendelboe et al., Pediatr Infect Dis J 2007; 26:293-9).

Enfin, en raison du nombre croissant des infections nosocomiales et en collectivité et de la faible couverture chez l'adulte, le Haut Conseil de Santé Publique recommande depuis le 19 mars 2008 une vaccination pour tous les personnels de santé et tous ceux travaillant dans les collectivités de personnes âgées, un rappel pour les adultes à 26-28 ans et pour ceux qui n'ont pas reçu de vaccination au cours des dix dernières années et qui sont dans l'entourage de nourrissons ou d'une femme enceinte (grand-parents, famille, nourrice, etc.) (http://www.hcsp.fr/hcspi/docspdf/avisrapports/hcspa20080319_coqueluche.pdf). 

Une enquête réalisée en 2009 avec des médecins généralistes du réseau Sentinelles dans la région parisienne, a montré de nouveau l'importance de l'utilisation du diagnostic biologique pour confirmer la maladie. L'incidence de la maladie trouvée en 2009 est de 145 pour 100.000 personnes chez l'adulte (Lasserre et al. , Eurosurveillance, sous presse).


Conséquences sur le diagnostic biologique : rôle du CNR


En raison de l’introduction des vaccins coquelucheux de façon généralisée, et du changement épidémiologique, la coqueluche est dans notre pays souvent atypique cliniquement chez les adolescents et adultes et une confirmation biologique est nécessaire.
Les diagnostics biologiques mis au point par le CNR sont de deux types :

Directs :

- Isolement et identification de la bactérie au niveau d'aspirations nasopharyngées ou d'expectorations dans le cas des adultes. Ce diagnostic a été transféré dans 22 centres hospitaliers. Ce diagnostic peut être pratiqué dans les deux premières semaines de toux uniquement.
- Détection de l'ADN de la bactérie dans les mêmes prélèvements biologiques par PCR en temps réel. Le diagnostic a été transféré dans plusieurs laboratoires d’analyses de biologie médicale hospitaliers ou privés. Ce diagnostic peut être pratiqué dans les trois premières semaines de toux.

Voir : "Comment réaliser un prélèvement" dans la rubrique "aide au diagnostic" des Activités de service

Indirects :

- Détection d'anticorps anti-toxine de pertussis dans le sérum des patients par la technique ELISA. Ce diagnostic n'est réalisé que par le CNR car il n'est pas commercialisé. Il ne doit être pratiqué qu'à plus de trois semaines de toux et uniquement si le patient n'as pas eu de vaccination dans les 3 ans qui précèdent. Voir recommandations HCSP à l'adresse : http://www.hcsp.fr/hcspi/docspdf/avisrapports/hcspa20080905_coqueluche.pdf 


Bordetelloses


Outre la surveillance de la coqueluche, le CNR assure, quand cela est possible, la surveillance des autres bordetelloses, en particulier celles dues à Bordetella holmesii ou Bordetella bronchiseptica. En effet, il a pu être montré que l'homme peut être contaminé après contact avec un animal infecté et que B. bronchiseptica peut induire une maladie chronique, en particulier chez les personnes âgées ou immunodéprimées.
Les nouvelles recommandations pour la conduite à tenir devant un ou plusieurs cas groupés se trouve sur le site du HCSP à l’adresse : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/cshpf/hcspr20080905_coqueluche.pdf

Rapports

Rapports du CNR:

- 2013
- 2012
- 2011
- 2009
- 2008
- 2007
- 2006

Rapports de l’Unité de recherche : 

- 2011
- 2009
- 2008
- 2007
- 2006

Les rapports des années antérieures sont disponibles sur demande au CNR.

Publications

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