Activités de service

Préalable

En Guyane, l’activité coordonnant les efforts en matière de lutte contre les maladies transmises par les insectes, auparavant régie par une convention tripartite (DDSDS-Serv. Désinf. Départemental-Institut Pasteur de la Guyane, convention d’octobre 1993) fait maintenant l’objet d’une convention bilatérale (DSDS- Institut Pasteur de Guyane, convention SP/5 du 13.06.2002) .
Ces activités font l’objet d’une coordination par le Service Coordination des Centres de Référence (CCR) à l’Institut Pasteur à Paris avec en particulier une démarche d’information systématique des biologistes correspondant des CNR, notamment en matière d’application de la réglementation du transport des matières biologiques.

Expertises en matière de microbiologie et pathologie de l'agent infectieux: P. falciparum

Identification et typage de souches :

- par examen microscopique pour le diagnostic d’espèce et la densité parasitaire (3 espèces parasitaires sont retrouvées en Guyane : P. falciparum, P. vivax (en augmentation depuis les années 80) et P. malariae (signalé côté surinamien depuis 1990 et côté brésilien depuis 1997). 

- par phénotypage : détermination des profils de résistance de 6 (avant 1998) à 8 (en 2001) molécules testées en microtest in vitro sur 42 heures (technique de Desjardin, modifiée par Lebras et Deloron en 1983). 

- par génotypage moléculaire classique (PCR et hybridation de marqueurs polymorphes) pour l’instant. Validation de procédures à grande échelle high throughout screening utilisant la technologie des puces à ADN dans un proche avenir.


Collection de souches et de sérums

- Isolats locaux pour recherche de marqueurs moléculaires (épidémiologie moléculaire)
- Sérums de patients symptomatiques
- Souches locales adaptées à la culture in vitro
- Cryostabilats en azote liquide.

Surveillance épidémiologique (contribution)

- Evolution des chimiorésistances in vitro par l’étude longitudinale des souches de P. falciparum isolées de patients symptomatiques.
- Etude épidémiologique des souches en provenance du Maroni et évaluation d’éventuels regroupements géographiques des résistances (analyse statistique réalisée par le service d’Epidémiologie de l’Institut Pasteur de Guyane).
- Contribution à la mise en place d’une coopération régionale sur la lutte et la surveillance du paludisme avec le Surinam et le Brésil (initiative Roll Back Malaria OMS-PAHO).

Rétro information, formation, conseils des professionnels de santé locaux

- Réunions de consensus (1990, 1995 et 2002) et de coordination avec la DSDS et la Direction Départementale de la Solidarité et de la Prévention (DSP) 

- Collaborations avec les cliniciens et les biologistes : médecins praticiens, hôpitaux (confrontations biologico-cliniques, ateliers avec le service de Parasitologie de l’UFR de Médecine : équipe EA 3593).

Alerte des autorités sanitaires, conseil des pouvoirs publics

Alerte
- Signalement des phénomènes anormaux à la Direction Générale de la Santé (DGS) et à l’Institut National de Veille Sanitaire (InVS) via la Direction de la Santé et du développement Social (DSDS ayant remplacé l’ancienne DASS), la Cellule Inter-Régionale d’Epidémiologie (CIRE Antilles-Guyane) et la Direction de la Solidarité et de la Prévention (DSP).
- Signalement des variations de la sensibilité in vitro des isolats locaux vis-à-vis des antipaludiques préconisés en Guyane, au cours des réunions du Comité Scientifique de la Convention bipartite entre l’Institut Pasteur de la Guyane et la DSDS concernant la lutte contre les maladies transmises par des insectes. 

Conseil
- Elaboration de mesures de lutte contre le paludisme : réunions régulières de coordination DSDS/Institut Pasteur de Guyane).
- Organisation de réunions de consensus avec les acteurs locaux de la santé (les dernières ont eu lieu à Cayenne en novembre 1990, en octobre 1995 et octobre 2002).
- Rencontres avec les praticiens hospitaliers et libéraux, pour la confrontation des données biologiques et cliniques et circulation de l’information auprès des professionnels de Santé locaux (bilan annuel adressé à nos collaborateurs, Bulletin de l’Observatoire Régional de la Santé de Guyane, médias locaux). Conseil aux médecins et professionnels de santé, de Guyane comme de la métropole.

Coopération régionale et réseaux internationaux

La disponibilité d’un observatoire du paludisme, représenté par le CNRCP guyanais, est unique dans la zone amazonienne et sous-tend une coopération régionale en cours d’organisation sous l’égide de l’OMS (initiative Roll Back Malaria en Amérique du Sud) et du Ministère des Affaires Etrangères.
A la fin des années 90 s’est progressivement mis en place un réseau amazonien de surveillance des maladies émergentes, à l’initiative de l’antenne américaine de l’OMS (PAHO) et identifiant clairement les compétences des deux CNR guyanais (arbovirologie et paludisme comme laboratoires de référence.
Deux champs de coopération ont ainsi été définis avec les autorités brésiliennes :

- le premier porte sur la surveillance de la chimiorésistance du paludisme en zone frontière entre Brésil et Guyane française. La participation des Instituts Pasteur de Guyane et Evandro Chagas (Belem) est requise et impliquera une collaboration sur le terrain (fleuve Oyapock).
- le second implique une participation plus générale au réseau amazonien de surveillance des maladies émergentes (arboviroses, paludisme chimiorésistant, maladie de Chagas, etc...).

De la même manière, une coopération régionale avec le Surinam est en cours d’organisation avec le Ministère des Affaires Etrangères et devrait permettre un suivi précis, de par et d’autre de la frontière (fleuve Maroni), de la transmission et de la morbidité palustre.
Aux niveaux régional et international, le CNRCP réalise des transferts réguliers d’information avec les équipes suivantes :

- Cellule Inter-régionale d’Epidémiologie d’Intervention (CIRE) Antilles-Guyane, Dr P. Chaud, Fort-de-France, Martinique.
- Réseau International des Instituts Pasteur (RIIP Paris), groupe "paludisme" avec les IP de Tananarive (Madagascar), de Dakar (Sénégal), de Phnom-Pen (Cambodge).
- CAREC/PAHO/WHO, Port-of-Spain, Trinidad aux Antilles (Directeur du CAREC et Dr Y. Souares, médecin-épidémiologiste).
- OMS, Genève, avec notamment le bureau de surveillance de la chimiorésistance (Anti-Infective Drug Resitance Surveillance and Containment, Dr P. Ringwald et collaborateurs).
- Ministère Surinamien de la Santé (Service du Paludisme, Paramaribo, Dr. X. Freedom) et Secrétariat de la Santé de l’Etat brésilien d’Amapa (Division de Contrôle des Endémies, Macapa, Dr. F. De Magalhaes) à partir de 2002.

Recherches impliquant le CNRCP et l'Institut Pasteur

L’interface avec les unités de recherche est une spécificité des "laboratoires de référence et d’expertise" (comprenant entre autres les CNR situés sur le campus) au sein de l’Institut Pasteur.
Cette stratégie d’échanges permanents entre recherche et santé publique est appliquée également au sein du Réseau International des Instituts Pasteur Dans celui-ci, la structure en réseau permet une standardisation et une approche internationale extrêmement riche en information : c’est le cas en particulier des études sur la biodiversité de P. falciparum, soutenues par le prix Louis D accordé fin 2000 par l’Académie des Sciences et en cours dans 4 instituts outre-mer (Cambodge, Guyane, Madagascar, Sénégal) et l’Institut Pasteur à Paris. Ce programme est coordonné par O. M. Puijalon, Unité d’Immunologie moléculaire des parasites.
Les résultats obtenus récemment au sein de l’Unité de Parasitologie de l’Institut Pasteur de Guyane, (équipe juxtaposée à celle du CNRCP) sont présentées dans la rubrique “Actualités”.

Assurance qualité

Le CNR est engagé dans une démarche qualité, s’inscrivant dans le cadre de la politique qualité de l’Institut Pasteur.