Historique

Brève histoire des bactériophages
La découverte des bactériophages s’est déroulée en plusieurs étapes. En premier lieu, il est aujourd’hui admis que les travaux de H. Hankin publiés en 1896 (document) dans les annales de l’Institut Pasteur sont les premières évidences de la présence de bactériophages dans l’eau et de leurs activités antibactériennes. Puis au début du XXème siècle, avant la découverte des antibiotiques, un chercheur anglais dénommé Frederik Twort décrit une substance douée de propriétés antibactériennes sans toutefois en préciser la nature. Enfin en 1917, un chercheur franco-canadien du nom de Félix d’Herelle (document) travaillant alors à l’Institut Pasteur, décrit l’isolement et les propriétés de ce qu’il considèrera dans un premier temps comme un microbe antagoniste, et auquel il donna le nom de bactériophage (du grec baktêria: bâton-les premières bactéries observées avaient une forme de bâton- et phagein : manger). Enfin, après une période faste de développement de l’utilisation des bactériophages en médecine, ceux-ci sont abandonnés à la recherche fondamentale qui les utilisa avec succès pour fonder ce que l’on appelle aujourd’hui la biologie moléculaire.

Bactériophages et médecine, une longue histoire
Dans son article fondateur de 1917, Félix d’Hérelle isola ses premiers bactériophages à partir des selles de patients en voie de guérison. Il pensa que ces bactériophages étaient les agents responsables des guérisons naturelles que l’on pouvait observer à cette époque. A partir de ce raisonnement il démontra rapidement que les bactériophages pouvaient être utilisés pour traiter des infections bactériennes chez l’homme. Ainsi les bactériophages furent utilisés en médecine à partir de 1919, 10 ans exactement avant la découverte du premier antibiotique, la pénicilline. Les bactériophages furent ainsi les premiers agents anti-bactériens spécifiques et naturellement leur utilisation fût immédiatement développée. Cependant, la nature même de ces bactériophages fût à l’origine d’un débat scientifique pendant 20 ans jusqu’à ce que la preuve de leur nature virale (via l’observation en microscopie électronique) fusse établie. D’autres évènements, tel que l’avènement des antibiotiques et la seconde guerre mondiale, ont alors précipité dans l’oubli l’utilisation médicale des bactériophages dans le monde exception faite de l’Europe de l’Est.
En effet, dans les années 1920, un chercheur géorgien dénommé Georgyi Eliava visita Félix d’Herelle à l’Institut Pasteur de Paris et reparti convaincu de l’utilisation médicale des bactériophages. Quelques années plus tard il permit la construction à Tbilissi d’un institut dédié à la recherche et à l’application médicale des bactériophages. Cet institut existe encore aujourd’hui (Eliava Institute of Bacteriophage, Microbiology & Virology) et a maintenu son activité d’origine toutes ces années durant. Un autre centre de recherches et de traitement, Institute of Immunology and Experimental Therapy, est situé à Wroclaw en Pologne.
 
Depuis un peu plus de 10 ans les bactéries qui résistent de plus en plus souvent à plusieurs antibiotiques et le tarissement de la découverte de nouveaux composés antibactériens ont provoqué un regain d’intérêt pour l’application thérapeutique des bactériophages.


Pour en savoir plus :

Recherche en cours (8/01/2010) - Ecouter
Interview diffusée sur Aligre FM (93.1)

La phagothérapie: virus contre bactéries  - Voir
Réalisé en Avril 2009
Reportage du magazine de la santé (France 5)
        
 
Impatience (13/03/2009) - Ecouter
Radio Suisse Romande

P.H.A.G.E. - Association à but non lucratif pour promouvoir l’utilisation des bactériophages en médecine.

Des virus pour combattre les infections.
Livre en français écrit par le Dr. A. Dublanchet
Editions Favre.
www.geephage.org (site d’information sur la phagothérapie, ouvert en 2008)
 
Viruses versus Superbug
Livre en anglais écrit par T. Häusler
Editions Macmillan
www.bacteriophagetherapy.info
        
   


Juin 2009
L. Debarbieux reçoit un prix de la Société de Médecine de Paris pour la qualité de l’exposé de ses travaux.