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Les bactéries à Gram positif à bas G+C% rassemblent des genres bactériens (bacilli, clostridia, listeria, staphylocoques, streptocoques et enterocoques) phylogénétiquement, physiologiquement et génétiquement distincts qui partagent un écosystème commun en tant que parasites de l’homme. Ces bactéries rassemblent des espèces qui sont des pathogènes majeurs associés à une grande morbidité et mortalité chez l’homme. On estime en effet que les cocci à Gram positif (entérocoques, streptocoques et staphylocoques) sont responsables d’au moins un tiers des infections bactériennes chez l’homme, dont les angines (Streptococcus pyogenes), les méningites et pneumonies (Streptococcus pneumoniae et Streptocccus agalactiae), les otites (S. pneumoniae), ainsi que des intoxications alimentaires (Staphylococcus aureus), diverses maladies de peau et des infections graves à choc toxique (S. aureus et S. pyogenes).
Notre activité de recherche vise à élucider les bases moléculaires de la virulence des bactéries à Gram positif à bas G+C%. En effet une meilleure compréhension du scénario physiopathologique du processus infectieux, contribuera au développement de nouvelles thérapeutiques ou d’outils nouveaux pour le traitement des infections dues à ces bactéries. Nous avons choisi S. aureus et S. agalactiae comme modèles de pathogène humain extracellulaire, et L. monocytogenes comme modèle de pathogène humain intracellulaire.
Nos principaux sujet de recherche sont :

• Etude de la régulation de l’expression génique en relation avec :
- la réponse au stress
- l’adaptation environnementale (système de régulation à deux composants)
- l’expression des facteurs de virulence

• Composants de surface et interaction avec l’hôte :
- les acides lipotéichoïques
- les protéines de surface ancrées au peptidoglycane
- les lipoprotéines.

 Les Streptomyces sont des eubactéries filamenteuses, aérobies, Gram positives appartenant à la classe des Actinomycètes et vivant dans le sol. Ce genre bactérien est caractérisé par un cycle morphologique complexe proche de celui des champignons filamenteux. Sur milieu artificiel solide, ce cycle passe par la formation de mycélium basal, puis de mycélium aérien, celui-ci subit ensuite une septation en masse pour se différencier en spores. Cette différenciation morphologique est accompagnée d’une différenciation métabolique qui fait des Streptomyces le genre bactérien le plus riche en producteurs de métabolites secondaires. Beaucoup sont utilisés par l’homme en tant qu’antibiotiques ou anticancéreux. Ainsi plus de 50% des antibiotiques commercialisés sont produits par les Streptomyces.
Bien que des milliers de ces molécules aient été décrites, il est probable qu’ elles ne représentent qu’une petite fraction du répertoire des composés bioactifs qui pourraient être produits par les Streptomyces. Une des surprises apportées par la détermination de la séquence du génome des Streptomyces a été que le nombre de voies de biosynthèse de métabolites secondaires était beaucoup plus grand que prévu. S. coelicolor A3(2), la souche la plus étudiée, analysée depuis plus de 40 ans, était connue pour produire quatre antibiotiques différents. L’analyse de son génome (2001) a montré qu’il contient plus de 20 voies codant pour des enzymes caractéristiques du métabolisme secondaire. Dans l’espèce S. avermitilis, 30 nouvelles voies de biosynthèse de métabolites secondaires ont été trouvées lors du séquençage du génome. Par conséquent, un important réservoir encore inconnu de diversité génétique et métabolique réside dans les génomes des souches déjà isolées et même dans les souches les plus analysées. Il reste à déterminer comment et quand ces gènes impliqués dans le métabolisme secondaire sont exprimés, la nature et l’activité des composés qu’ils pourraient synthétiser.