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Polarisation des lymphocytes T et formation de la synapse immune
Les lymphocytes T reconnaissent les microorganismes pathogènes sous forme de fragments moléculaires (antigènes) présentés à la surface des cellules présentatrices d’antigène. Suite à la reconnaissance antigénique, le lymphocyte T se polarise vers la cellule présentatrice d’antigène. Cette polarisation se caractérise par des changements de morphologie du lymphocyte T, par la réorientation de son cytosquelette vers la cellule présentatrice d’antigène, et par la concentration de nombreuses molécules à l’interface cellulaire, en particulier le récepteur à l’antigène des lymphocytes T (récepteur T), ainsi que des molécules d’adhésion et de signalisation intracellulaire. Cette jonction cellulaire organisée, formée entre le lymphocyte T et la cellule présentatrice d’antigène, a été appelée “synapse immune” car elle assure la communication complexe qui s’établit entre le lymphocyte T et la cellule présentatrice d’antigène (Figure 1).
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1. Rôle du cytosquelette d'actine et de microtubules dans la formation de la synapse immune et dans l'activation des lymphocytes T.
R. Lasserre, S. Charrin, C. Cuche, S. Agüera, and A. Alcover
2. Régulation de l'activation des lymphocytes T par la protéine d'échafaudage SLP-76.
R. Lasserre, C. Cuche and V. Di Bartolo
3. Rôle du trafic vésiculaire intracellulaire dans la polarisation du récepteur T à la synapse immune. Inhibition par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH-1).
H. Soares, M. I. Thoulouze et A. Alcover, en collaboration avec l’Unité Virus et Immunité (O. Schwartz et collaborateurs.) et l’ Imagopole, Institut Pasteur
Pour permettre leur concentration à la synapse immune, les récepteurs T exprimés de façon homogène à la surface de la cellule doivent être acheminés dans la zone de contact avec la cellule présentatrice d’antigène. Différentes formes de transport moléculaire peuvent être impliquées, par des mécanismes de réorganisation des récepteurs T à la surface de la cellule, ou par la mobilisation de compartiments intracellulaires contenant les récepteurs T.
Nous avons montré que les endosomes de recyclage (vésicules par lesquelles transitent les récepteurs membranaires qui sont internalisés et recyclés à nouveau vers la membrane plasmique) peuvent transporter des récepteurs T vers la synapse immune. Par microscopie en temps réel, nous avons montré que les vésicules d’endocytose contenant des récepteurs T se polarisent rapidement vers la zone de contact cellulaire et s’accumulent à la synapse (Figure 4 A). Ce mécanisme n’est pas spécifique du récepteur T, mais implique plus généralement le compartiment d’endocytose et de recyclage (Figure 4 B). Ce compartiment intervient dans le transport d’autres récepteurs, comme le récepteur de la transferrine, et de protéines de signalisation intracellulaire telle la tyrosine kinase Lck. L’importance de ce mode de transport moléculaire sur l’accumulation du récepteur T à la synapse a été établie par microscopie confocale et par analyse d’images quantitative, en utilisant des modulateurs biologiques ou pharmacologiques d’endocytose, de recyclage, de polarisation, ou de fusion de vésicules. Enfin, nous avons montré que des molécules SNARE, qui contrôlent la fusion des vésicules de recyclage à la membrane plasmique, se concentrent à la synapse immune, ce qui indique que cette structure devient une zone active d’accostage et de fusion vésiculaire. L’ensemble de ces données démontre que le transport intracellulaire des vésicules d’endocytose constitue un mécanisme clé pour la polarisation du récepteur T à la synapse immune (Das et al. 2004).
Pour permettre leur concentration à la synapse immune, les récepteurs T exprimés de façon homogène à la surface de la cellule doivent être acheminés dans la zone de contact avec la cellule présentatrice d’antigène. Différentes formes de transport moléculaire peuvent être impliquées, par des mécanismes de réorganisation des récepteurs T à la surface de la cellule, ou par la mobilisation de compartiments intracellulaires contenant les récepteurs T.
Nous avons montré que les endosomes de recyclage (vésicules par lesquelles transitent les récepteurs membranaires qui sont internalisés et recyclés à nouveau vers la membrane plasmique) peuvent transporter des récepteurs T vers la synapse immune. Par microscopie en temps réel, nous avons montré que les vésicules d’endocytose contenant des récepteurs T se polarisent rapidement vers la zone de contact cellulaire et s’accumulent à la synapse (Figure 4 A). Ce mécanisme n’est pas spécifique du récepteur T, mais implique plus généralement le compartiment d’endocytose et de recyclage (Figure 4 B). Ce compartiment intervient dans le transport d’autres récepteurs, comme le récepteur de la transferrine, et de protéines de signalisation intracellulaire telle la tyrosine kinase Lck. L’importance de ce mode de transport moléculaire sur l’accumulation du récepteur T à la synapse a été établie par microscopie confocale et par analyse d’images quantitative, en utilisant des modulateurs biologiques ou pharmacologiques d’endocytose, de recyclage, de polarisation, ou de fusion de vésicules. Enfin, nous avons montré que des molécules SNARE, qui contrôlent la fusion des vésicules de recyclage à la membrane plasmique, se concentrent à la synapse immune, ce qui indique que cette structure devient une zone active d’accostage et de fusion vésiculaire. L’ensemble de ces données démontre que le transport intracellulaire des vésicules d’endocytose constitue un mécanisme clé pour la polarisation du récepteur T à la synapse immune (Das et al. 2004).
Figure 4 : cliquez sur l'image pour agrandir et afficher la légende
Le virus de l’immunodéficience humaine du type 1 (VIH-1) détourne de nombreux processus cellulaires pour assurer sa survie et sa multiplication à l’intérieur des cellules infectées, et pour permettre sa propagation à d’autres cellules. Le VIH-1 infecte et se réplique activement dans des lymphocytes T, ce qui conduit à des altérations profondes de la physiologie de ces cellules et à leur déplétion massive dans les individus infectés. L’infection des lymphocytes T par VIH-1 modifie des voies de signalisation intracellulaire, ainsi que l’expression et le trafic intracellulaire de nombreux récepteurs membranaires.
Nous avons étudié les conséquences de l’infection des lymphocytes T par le VIH-1 sur la formation de la synapse immune. Par des approches de microscopie confocale et d’analyse d’image quantitative, nous avons montré que les lymphocytes T infectés par VIH-1 forment des synapses immunes défectueuses: le nombre des conjugués cellulaires est réduit et les synapses qui se forment se caractérisent par une accumulation très réduite du récepteur T et de tyrosine kinase Lck. Cette diminution est due à une altération du trafic intracellulaire de ces molécules, et à leur rétention dans le compartiment endosomial (Figures 5, 6). Enfin, la capacité des lymphocytes T infectés à transmettre des signaux d’activation est alterée, ce qui se traduit par des taux très réduits de protéines phosphorylées à la synapse immune (Thoulouze et al., 2006). Nous avons montré que Nef, une protéine de VIH-1 modulant les phénomènes de trafic et signalisation intracellulaires, est essentiellement responsable de ces altérations. Des modifications de l’endocytose et de la signalisation dans la synapse immune ont probablement des conséquences sur les fonctions et le devenir des lymphocytes T infectées par le VIH-1 (Revues, Alcover & Thoulouze, 2010 ; Fakler et al 2007). Nos objectifs actuels sont de caractériser les compartiments vésiculaires ciblés par le VIH-1 et de déterminer les mécanismes moléculaires responsables de la rétention de Lck et du récepteur T dans des compartiments endosomiaux.
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4. Polarisation des lymphocytes et transmission intercellulaire du virus de la leucémie humaine à cellules T (HTLV-1).
A. M. Pais-Correia, V. Robbiati, R. Lasserre, C. Inizan, A. Alcover et M. I. Thoulouze, en collaboration avec l’Unité d’Epidémiologie et Physiopathologie des Virus Oncogènes (A. Gessain et collaborateurs) et l’Imagopole, Institut Pasteur.
Les travaux provenant de plusieurs laboratoires indiquent que VIH-1 et HTLV-1 détournent des mécanismes de polarisation impliqués dans la formation de la synapse immune pour se transmettre efficacement d’une cellule à une autre. Il a été décrit que les lymphocytes T infectés se polarisent au contact avec d’autres lymphocytes formant une zone de contact organisée, la « synapse virologique », qui facilite la transmission intercellulaire de ces virus (Revue, Pais-Correia et al. 2007). Nous avons montré récemment que la transmission de HTLV-1 par des synapses virologiques met en jeux des structures extracellulaires complexes, générées par les lymphocytes T infectés, induites par le virus, et similaires aux biofilms bactériens (Fig 7). Ces « biofilms viraux » sont formés des particules virales infectieuses, de protéines de la matrice extracellulaire riches en résidus glycosylés, et de protéines de pontage. Ils sont présents à la surface des cellules T infectées, productrices des virus, et se transmettent à d’autres cellules au cours de contacts cellulaires. L’élimination du biofilm viral de la surface de cellules infectées diminue fortement leur capacité à infecter d’autres cellules (Pais-Correia et al, 2010). Nos objectifs sont à présent de caractériser les mécanismes de production de ces biofilms viraux, de déterminer si d’autres virus forment de telles structures et de caractériser les mécanismes moléculaires qui facilitent la transmissions de ces biofilms d’une cellule à une autre. Pour les virus formant de tels biofilms, il serait intéressant de redessiner des stratégies thérapeutiques anti-virales, qui viseraient non seulement le virus lui-même, mais la formation de ces biofilms viraux (Revues, Thoulouze et Alcover 2010, 2011).
Les travaux provenant de plusieurs laboratoires indiquent que VIH-1 et HTLV-1 détournent des mécanismes de polarisation impliqués dans la formation de la synapse immune pour se transmettre efficacement d’une cellule à une autre. Il a été décrit que les lymphocytes T infectés se polarisent au contact avec d’autres lymphocytes formant une zone de contact organisée, la « synapse virologique », qui facilite la transmission intercellulaire de ces virus (Revue, Pais-Correia et al. 2007). Nous avons montré récemment que la transmission de HTLV-1 par des synapses virologiques met en jeux des structures extracellulaires complexes, générées par les lymphocytes T infectés, induites par le virus, et similaires aux biofilms bactériens (Fig 7). Ces « biofilms viraux » sont formés des particules virales infectieuses, de protéines de la matrice extracellulaire riches en résidus glycosylés, et de protéines de pontage. Ils sont présents à la surface des cellules T infectées, productrices des virus, et se transmettent à d’autres cellules au cours de contacts cellulaires. L’élimination du biofilm viral de la surface de cellules infectées diminue fortement leur capacité à infecter d’autres cellules (Pais-Correia et al, 2010). Nos objectifs sont à présent de caractériser les mécanismes de production de ces biofilms viraux, de déterminer si d’autres virus forment de telles structures et de caractériser les mécanismes moléculaires qui facilitent la transmissions de ces biofilms d’une cellule à une autre. Pour les virus formant de tels biofilms, il serait intéressant de redessiner des stratégies thérapeutiques anti-virales, qui viseraient non seulement le virus lui-même, mais la formation de ces biofilms viraux (Revues, Thoulouze et Alcover 2010, 2011).
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Figure 8: cliquez sur l’image pour agrandir et afficher la légende |


