Le virus du sida
Une émergence mystérieuse
Le sida, décrit en 1981, est-il une nouvelle maladie ?
On sait aujourd’hui, grâce à des études rétrospectives sur des sérums zaïrois, que le virus était présent dès 1959 et s’était déjà répandu en Afrique entre 1970 et 1980. Le debut de l’épidémie ne remonte donc vraisemblablement pas à plus de quarante ans.
Le virus aurait pu exister dans une population isolée et se disséminer suite à l’ urbanisation et à l’extension des voyages. Au moins trente espèces de singes africains (dont les chimpanzés, singes verts, mangabeys, mandrills et cercocèbes) sont naturellement infectés par des rétrovirus proches du VIH : ce sont les virus de l’immunodéficience simienne (SIV), mais qui ne provoquent pas de sida chez ces animaux. Un des deux virus humains, le VIH 2, est d’ailleurs très proche du SIV du Mangabey qui vit en Afrique de l’Ouest. Des contaminations de l’homme à partir de morsures de ces singes auraient donc pu se produire. Quand au VIH 1, il aurait pu être transmis par des chimpanzés, dont certains au Cameroun ou au Gabon sont porteurs d’un SIV très proche du VIH 1. On ne sait pas estimer avec précision à quel moment ces virus ont pu franchir la barrière d’espèces.
Une diffusion rapide
Le VIH a diffusé depuis 1981 - année de la découverte de l’épidémie - de l’Afrique au continent nord-américain puis à l’Europe. Les homosexuels à partenaires multiples ont été les premiers touchés aux Etats-Unis. Puis l’épidémie a été révélée chez les transfusés, les hémophiles et les toxicomanes, démontrant que la voie sanguine était un important facteur de transmission du virus. En Asie, la maladie n’est apparue que vers 1986-87, d’abord en Thaïlande, puis dans les autres pays du Sud-Est Asiatique. La prostitution ainsi que la toxicomanie par voie intraveineuse ont joué un rôle important dans la diffusion de l’infection dans ces pays. Actuellement, le mode de transmission le plus important dans le monde entier est la voie hétérosexuelle. Selon les estimations, près de 40 millions de personnes sont actuellement infectées (voir Le sida en chiffres).
Il faut souligner qu’il existe des personnes asymptomatiques à long terme ("long term survivors") : après plus de dix ans d’infection, ceux-ci - qui représentent probablement 2 à 5% de la population - n’ont toujours pas développé un sida.. Certains individus, dans les populations caucasiennes (moins de 1% d’entre eux), sont même résistants à l’infection par le V.I.H., grâce à une mutation survenue dans un des gènes du virus du sida., le gène du récepteur "CCR-5" des globules blancs (lymphocytes). Les cas de couples paradoxaux, de certaines prostituées ou encore de certains enfants nés de mères infectées et résistants à l’infection sont à l’étude.
Extrait du dossier Les virus émergents
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