Presse

La maladie de Lyme


La borréliose de Lyme, ou maladie de Lyme, est une maladie infectieuse, non contagieuse, due à une bactérie, Borrelia burgdorferi, transmise par des tiques du genre Ixodes. Certaines formes de la maladie avaient été décrites de longue date en Europe. C'est notamment le cas de formes cutanées comme l'acrodermatite chronique atrophiante, décrite dès la fin du XIXème siècle, l'érythème migrant, le lymphocytome cutané bénin, décrits au début du XXème siècle, ou encore de formes neurologiques qui ont été associées à des piqûres de tiques (Garin et Bujadoux, 1922).
Cependant, ce n'est qu'avec l'apparition, au milieu des années 1970, de 51 cas d'arthrite inflammatoire dans le Comté de Lyme (Connecticut, États-Unis) que de vastes études épidémiologiques sont entreprises et aboutissent, en 1981, à la découverte, par Willy Burgdorfer, de l'agent causal et de son vecteur.

Epidémiologie

La maladie de Lyme est une zoonose transmise par les tiques du genre Ixodes. Ces tiques sont caractérisées par la grande variété d’hôtes qu’elles parasitent, des petits mammifères aux plus gros (cervidés, suidés), ainsi que les oiseaux et les reptiles, lesquels constituent des réservoirs plus ou moins importants de la bactérie.

C’est une maladie très largement répandue dans les régions tempérées et froides de l’hémisphère nord, de la Chine à l’Amérique du Nord et de la Scandinavie à l’Afrique du Nord. Actuellement, elle est la première maladie vectorielle dans l’hémisphère nord, avec 15 000 cas annuels en moyenne aux États-Unis, plus de 50 000 en Europe, où il semble exister un gradient positif d’Ouest en Est.

En France, l’incidence présente des variations considérables d’une région à l’autre et on estime entre 12 000 et 15 000 environ le nombre de nouveaux cas par an. L’Est et le centre du pays sont les plus touchés, avec une incidence pouvant atteindre plus de 200 cas/100 000 habitants en Alsace. Des études menées en milieu naturel montrent que les tiques infectées sont très largement répandues sur l’ensemble du territoire français, à l’exception d’une petite bande de territoire en zone méditerranéenne et des régions situées à une altitude élevée. (BEH, hors-série, 6-8, 14 septembre 2010, rapports d’activité du CNR des Borrelia)

Aspect clinique

L’homme contracte la maladie dans l’environnement forestier, où se trouvent préférentiellement les tiques vectrices et leurs hôtes.

L’évolution clinique, en l’absence de traitement, comporte trois stades. Le premier se caractérise par une inflammation de la peau nommée érythème migrant (plaque rouge s’étendant rapidement), véritable marqueur de la maladie, parfois associé à des manifestations générales. En l’absence de traitement, peuvent apparaître au cours du second stade : des manifestations neurologiques (radiculite, paralysie faciale, méningite), des manifestations rhumatologiques avec des arthrites inflammatoires, ou plus rarement des manifestations cardiaques, ophtalmiques, cutanées (lymphocytome cutané bénin). Le troisième stade, plus tardif, comprend des manifestations cutanées (acrodermatite chronique atrophiante), neurologiques ou articulaires.

Borrelia burgdorferi est un complexe d'au moins 17 espèces dont cinq ont un pouvoir pathogène certain pour l’homme : B. burgdorferi sensu stricto (ss), B. garinii et B. afzelii et B. spielmanii, B.bavariensis. Il existe un tropisme d’organe particulier à chacune de ces espèces : si le premier stade d’érythème est indistinctement lié aux cinq espèces, l’évolution vers une forme neurologique est préférentiellement associée à l’espèce B. garinii, les arthrites plutôt à B. burgdorferi ss; quant à l’ acrodermatite chronique atrophiante (ACA) son agent étiologique spécifique est B. afzelii. Les cinq espèces pathogènes circulent en Europe tandis qu’une seule, B. burgdorferi sensu stricto, est connue aux États-Unis.

Traitement et prévention

Toutes les manifestations de la maladie de Lyme doivent faire l’objet d’un traitement antibiotique (cyclines ou béta-lactamines). Le traitement au stade primaire entraîne une guérison rapide et prévient les complications. Non traité, le stade primaire peut évoluer vers le stade secondaire et les arthrites et les manifestations neurologiques peuvent évoluer vers la chronicité.

La prévention individuelle repose sur le port de vêtements couvrants et surtout sur l’examen soigneux de la peau après une sortie en forêt pour détecter la présence de tique. Il est recommandé de retirer une tique fixée le plus rapidement possible. La prophylaxie antibiotique systématique consécutive à une piqûre de tique est déconseillée.

A l'Institut Pasteur

Le Centre National de Référence des Borrelia, situé à l’Institut Pasteur, a largement contribué à l’élaboration de la taxonomie du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato et à la description notamment des espèces européennes, B. garinii, B. afzelii, B. valaisiana et B. lusitaniae, B. spielmanii et B.bavariensis. Les autres apports de ce CNR des Borrelia ont concerné la démonstration d’un tropisme préférentiel d’organe pour chacune des trois espèces pathogènes B. burgdorferi sensu stricto, B. garinii, et B. afzelii.

Les travaux les plus récents, ont permis d’établir une corrélation entre le génotype ospC (gène codant une protéine majeure de membrane externe) et la capacité des souches de B. burgdorferi sensu lato à disséminer dans l’organisme hôte, et à déterminer ainsi des formes disséminées de la maladie. Cette capacité d’invasion des tissus serait liée à l’interaction entre la protéine OspC et le plasminogène de l’hôte. Actuellement les recherches s'orientent sur les interactions protéiques entre les tiques et les bactéries impliquées dans la transmission.

Le Centre National de Référence des Borrelia, actuellement dirigé par le docteur Elisabeth Ferquel, a diverses missions :
- Estimation de l’incidence de la borréliose de Lyme en France
- Mise au point de techniques de diagnostic et de typage génotypique des souches de Borrelia
- Etude épidémiologique du vecteur des Borrelia (densité et taux d’infection des tiques) dans plusieurs régions de France.
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Mars 2011
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