Presse
La Maladie de Chagas
La maladie de Chagas est une des infections les plus négligées. Due au parasite Trypanosoma cruzi , elle est transmise par un insecte et sévit principalement sur le continent américain où plus de 100 millions de personnes sont à risque. L'Organisation Mondiale de la Santé estime que 10 millions de personnes étaient infectées en 2009 dans les zones endémiques de 21 pays d'Amérique Latine. L'infection chronique est incurable, peut être invalidante et occasionne plus de 10 mil morts annuellement.
Epidémiologie
T. cruzi est transmis par un insecte hématophage, le triatome. L’insecte vecteur se niche en effet dans les fissures des vieux murs ou des toits des habitations pauvres des zones rurales et des zones urbaines périphériques. Les populations exposées à la maladie vivent du sud des Etats-Unis au sud de l’Argentine. La maladie de Chagas menace un quart des populations d’Amérique Latine. Le Brésil est le plus grand pays d’endémie pour cette infection parasitaire et concentre à lui seul 40% de la prévalence de la maladie.
Le risque d’infection est fortement associée aux conditions socio-économiques. Cependant, le parasite peut être aussi transmis par transfusion sanguine, par voie transplacentaire et par transplantation d’organes. Donc, depuis plus d’une décennie la maladie est aussi détectée chez des personnes vivant dans des zones non endémiques telles que le Canada, les États-Unis, l’Australie, le Japon et dans presque tous les pays d’Europe occidentale.
Depuis février 2006, une directive du Parlement Européen relative au don, à l’obtention et au contrôle de tissus et des cellules d¹origine humaine prévoit des examens de dépistage en fonction des antécédents du donneur ou des voyages effectués en zones endémiques et exposition aux risques d’infection (2006/17/CE). D’autres directives européennes, comme la 2005/62/CE, établissent les normes à suivre par les établissements de transfusion sanguine à propos de la qualité de sang et des composants sanguins transfusés importés de pays tiers. L’Etablissement Français du Sang (EFS) et l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps) ont travaillé activement pour la validation et la mise en place de techniques sérologiques de dépistage adéquates du « Chagas » qui sont appliquées aux Antilles françaises et en France métropolitaine.
Le risque d’infection est fortement associée aux conditions socio-économiques. Cependant, le parasite peut être aussi transmis par transfusion sanguine, par voie transplacentaire et par transplantation d’organes. Donc, depuis plus d’une décennie la maladie est aussi détectée chez des personnes vivant dans des zones non endémiques telles que le Canada, les États-Unis, l’Australie, le Japon et dans presque tous les pays d’Europe occidentale.
Depuis février 2006, une directive du Parlement Européen relative au don, à l’obtention et au contrôle de tissus et des cellules d¹origine humaine prévoit des examens de dépistage en fonction des antécédents du donneur ou des voyages effectués en zones endémiques et exposition aux risques d’infection (2006/17/CE). D’autres directives européennes, comme la 2005/62/CE, établissent les normes à suivre par les établissements de transfusion sanguine à propos de la qualité de sang et des composants sanguins transfusés importés de pays tiers. L’Etablissement Français du Sang (EFS) et l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps) ont travaillé activement pour la validation et la mise en place de techniques sérologiques de dépistage adéquates du « Chagas » qui sont appliquées aux Antilles françaises et en France métropolitaine.
La maladie
Après une phase aiguë suivant l’infection, la maladie évolue vers la chronicité chez plus d’un tiers des personnes infectées. La phase chronique apparaît après 10 à 20 ans d’infection "silencieuse". Des lésions irréversibles peuvent toucher le cœur, l’œsophage, le colon, et le système nerveux périphérique : 27% des personnes infectées souffrent de symptômes cardiaques (cardiopathies chroniques), qui peuvent conduire à la mort subite ; 6% des individus sont atteints de lésions chroniques de l’appareil digestif et 3% des personnes infectées ont des atteintes du système nerveux périphérique (troubles neurologiques).
Prévention, traitement et vaccins
En dehors de la lutte vectorielle par des insecticides, il n'existe aucun moyen de contrôle de la maladie de Chagas, aucun traitement efficace pour les formes chroniques, ni vaccin. Le DNDi (Drugs for Neglected Diseases initiative), une initiative pour lutter contre les maladies négligées comme la maladie de Chagas, créé en 2003 regroupe l'Institut Pasteur, le Conseil Indien pour la Recherche Médicale (Inde), la Fondation Oswaldo Cruz (Brésil), l'Institut de Recherche Médicale du Kenya, Médecins Sans Frontières et le ministère de la Santé de Malaisie.
Ces partenaires travaillent en étroite collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la Banque mondiale et le Programme Spécial de Recherche et de Formation sur les Maladies Tropicales de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS/TDR) sur la recherche de nouveaux médicaments.
Des plans globaux pour combattre les maladies négligées sont un des objectifs anti-pauvreté du Millénaire pour le développement durable. Des fonds privés et publics sont annuellement nécessaires pour la recherche sur les maladies parasitaires négligées, dont la maladie de Chagas.
Ces partenaires travaillent en étroite collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la Banque mondiale et le Programme Spécial de Recherche et de Formation sur les Maladies Tropicales de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS/TDR) sur la recherche de nouveaux médicaments.
Des plans globaux pour combattre les maladies négligées sont un des objectifs anti-pauvreté du Millénaire pour le développement durable. Des fonds privés et publics sont annuellement nécessaires pour la recherche sur les maladies parasitaires négligées, dont la maladie de Chagas.
A l'Institut Pasteur
Le laboratoire Processus infectieux à Trypanosoma, dirigé par Paola Minoprio dans le département Infection et Epidémiologie, étudie les perturbations du système immunitaire lors de l’infection expérimentale par le parasite responsable de la maladie de Chagas.
L’équipe a identifié une enzyme parasitaire essentielle qui permet à T. cruzi de se développer, d’acquérir des propriétés infectieuses et d’échapper aux réponses immunitaires de l’hôte. La définition du mécanisme réactionnel et l’obtention de la structure 3D de cette enzyme ont ouvert la voie à la recherche d’une chimiothérapie contre la maladie de Chagas. Un tel médicament pourrait être utile pour traiter des infections causées par d’autres microorganismes possédant la même enzyme, telles que le Nagana - le trypanosomose animal, ou encore l’infection nosocomiale due à Clostridium difficile.
Actuellement , des approches multidisciplinaires impliquant l’immunologie, la chimie médicinale, la dynamique moléculaire et le criblage in silico ont permis d’identifier de nouveaux chefs de file thérapeutiques contre ces pathologies.
Pour en savoir plus
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Février 2011
L’équipe a identifié une enzyme parasitaire essentielle qui permet à T. cruzi de se développer, d’acquérir des propriétés infectieuses et d’échapper aux réponses immunitaires de l’hôte. La définition du mécanisme réactionnel et l’obtention de la structure 3D de cette enzyme ont ouvert la voie à la recherche d’une chimiothérapie contre la maladie de Chagas. Un tel médicament pourrait être utile pour traiter des infections causées par d’autres microorganismes possédant la même enzyme, telles que le Nagana - le trypanosomose animal, ou encore l’infection nosocomiale due à Clostridium difficile.
Actuellement , des approches multidisciplinaires impliquant l’immunologie, la chimie médicinale, la dynamique moléculaire et le criblage in silico ont permis d’identifier de nouveaux chefs de file thérapeutiques contre ces pathologies.
Pour en savoir plus
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Février 2011