La lèpre
La lèpre est une maladie chronique provoquée par une bactérie, Mycobacterium leprae, qui n'est pas cultivable au laboratoire. Malgré d'intenses efforts au niveau mondial, 254 525 nouveaux cas ont été recensés en 2007. La première mention écrite connue de cette maladie remonte à 600 avant J-C. Déjà présente dans les civilisations antiques en Chine, en Egypte et en Inde, elle a toujours été un fléau marqué par la stigmatisation et l'exclusion, les malades étant souvent rejetés par leur communauté et leur famille. La lèpre peut être guérie grâce à l'administration d'une polychimiothérapie. Mais le temps d'incubation de l'infection est très long. Des personnes sans symptômes, porteuses du bacille et non dépistées, peuvent donc transmettre la maladie, ce qui rend son élimination difficile à l'échelle mondiale.
Epidémiologie
Ces 20 dernières années, plus de 12 millions de lépreux ont été guéris, et la lèpre a été éliminée dans 108 des 122 pays où elle était considérée par l’Organisation Mondiale de la Santé comme un problème de santé publique. Mais la lèpre reste un problème majeur dans 14 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. Six pays regroupent 83% de la prévalence mondiale et 88% des nouveaux cas annuels mondiaux : Inde, Brésil, Indonésie, Népal, République Démocratique du Congo, Mozambique. La lèpre reste endémique dans de nombreux autres pays (Angola, Madagascar, République Centrafricaine, Tanzanie,... ). L’OMS estime qu’il existe aujourd’hui 2,8 millions de lépreux dans le monde.
La maladie
Peu contagieuse, la lèpre est transmise par des gouttelettes d’origine nasale lors de contacts étroits et fréquents avec des personnes infectées et non traitées. Le bacille de la lèpre se multiplie ensuite très lentement : la période d’incubation de la maladie est de 5 ans en moyenne, mais les symptômes peuvent parfois n’apparaître qu’au bout de 20 ans. La maladie provoque des lésions cutanées et nerveuses. Sans traitement, ces lésions progressent et deviennent permanentes, touchant la peau, les nerfs, les membres et les yeux. On distingue deux types de lèpre : paucibacillaire (une à cinq lésions cutanées insensibles) et multibacillaire (plus de cinq lésions cutanées insensibles).
Le traitement
Le traitement préconisé par l’OMS depuis 1981 permet de guérir les malades et d’éviter, s’il est administré précocément, les invalidités. Il s’agit d’une polychimiothérapie (PCT), qui consiste en l’administration de trois antibiotiques (dapsone, rifampicine et clofazimine). La lèpre paucibacillaire peut être guérie en 6 mois et la lèpre multibacillaire en 12 mois. De plus, les malades ne sont plus infectieux dès la première dose de PCT, et leur capacité à transmettre la lèpre est donc interrompue. Aucune résistance du bacille à la PCT n’a aujourd’hui été observée, alors que dans les années 60 sa résistance à la dapsone, seul antilépreux alors disponible, était constatée.
A l'Institut Pasteur
L’Unité Postulante de Génomique Mycobactérienne Intégrée étudie plus particulièrement l’interaction du bacille de la lèpre avec les cellules nerveuses. Le tropisme de M. leprae pour les nerfs périphériques est déterminé par son interaction avec la “lame basale”, une structure caractéristique des unités cellules de Schwann - axones neuronaux myélinisantes. A l’aide de bactéries recombinantes, les chercheurs tentent d’élucider le rôle du phosphoglycolipide PGL-1 de la bactérie dans cette interaction, afin d’expliquer l’invasion spécifique des cellules de Schwann par M. leprae.
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Janvier 2009