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Les leishmanioses

Les leishmanioses sont des maladies parasitaires provoquant des affections cutanées ou viscérales très invalidantes, voire mortelles si elles ne sont pas traitées. Elles sont dues à différents parasites du genre Leishmania, transmis par la piqûre d'insectes de la famille des phlébotomes. Les leishmanioses touchent chaque année 1,5 à 2 millions de personnes dans le monde, et sont aujourd'hui considérées comme des maladies négligées.


Transmission

Les leishmanies, parasites protozaires responsables des leishmanioses, sont transmises aux êtres humains par la piqûre de phlébotomes, insectes de petite taille ressemblant à des mouches. Comme chez le moustique, c’est la femelle phlébotome qui pique, pour prendre son repas sanguin. Ces insectes sont particulièrement actifs à la tombée de la nuit ; leur piqûre est douloureuse. Dans le monde, on estime que 350 millions de personnes sont exposées au risque de piqûres de phlébotomes, qui se nourrissent également du sang de mammifères comme les rongeurs ou les canidés sauvages. Parmi les nombreuses espèces de leishmanies, une vingtaine est pathogène pour l’homme, comme Leishmania donovani, L. major, L. tropica ou encore L. aethiopica. Elles sont responsables de différentes formes de la maladie.


Cycle du parasite Leishmania

Le cycle de développement des Leishmania fait intervenir successivement deux hôtes : l’hôte mammifère, comme l’homme, et la femelle phlébotome, qualifiée de vecteur car elle participe à la dissémination du parasite.

Les parasites de leishmanies sont injectées au stade dit « promastigotes » (possédant un flagelle) à l’homme ou à l’hôte mammifère à l’occasion d’une piqûre par la femelle phlébotome. Dans le derme du mammifère, ces leishmanies sont « avalées » par des globules blancs appelés macrophages. Elles s’y différencient en « amastigotes » (stade sans flagelle) et s’y multiplient considérablement. Elles peuvent ensuite atteindre différents tissus de l’organisme, provoquant les symptômes de la maladie.

À l’occasion d’un repas sanguin, la femelle phlébotome prélève au niveau du derme le sang du mammifère infecté, contenant les leishmanies amastigotes au sein des macrophages. Celles-ci arrivent dans le tube digestif de l’insecte, où elles sont libérées des globules blancs. Elles s’y différencient en promastigotes (elles acquièrent un flagelle) et s’y multiplient. Certaines d’entre elles s’accumulent ensuite dans le tube digestif de l’insecte. D’autres migrent vers les trompes de l’appareil salivaire : ce sont ces parasites qui seront injectées au niveau de la peau de l’hôte mammifère à l’occasion d’une piqûre.


Epidémiologie

Chaque année surviennent dans le monde 1,5 à 2 millions de cas de leishmanioses : entre 1 à 1,5 millions de cas de leishmanioses cutanées et de l’ordre de 500 000 cas de leishmanioses viscérales. Actuellement, on estime qu’il y a au total 12 millions de personnes infectées par les Leishmania, certaines avec des manifestations cliniques et d’autres sans symptôme. La maladie est endémique dans 88 pays, dont 72 sont des pays en développement.

D’après l’Organisation mondiale de la santé :
  90% des leishmanioses cutanées sont regroupées en Afghanistan, au Brésil, en Iran, au Pérou, en Arabie saoudite et en Syrie.
  90% des leishmanioses cutanéo-muqueuses concernent la Bolivie, le Brésil et le Pérou.
  90% des cas de leishmanioses viscérales apparaissent enfin au Bangladesh, au Brésil, en Inde, au Népal et au Soudan.
Au sud de la France, la présence de Leishmania infantum et de ses vecteurs phlébotomes est révélée par des cas de leishmanioses canines et de plus rares cas de leishmanioses viscérales humaines.


Prévention et traitements

Il n'existe pour le moment aucun vaccin ni médicament prophylactique, mais la recherche d'un vaccin est active, notamment en Iran, au Venezuela et au Brésil. Pour le traitement, des sels organiques d'antimoine sont utilisés par voie intramusculaire profonde ou par voie intraveineuse lente. Actuellement, un nouveau traitement oral très prometteur à base de miltefosine est en phase d’essais cliniques. Les moustiquaires et les colliers canins imprégnés de répulsifs sont des outils de prévention efficaces. Il faut d’autre part dépister et surveiller les réservoirs animaux (chiens et petits rongeurs forestiers).


A l'Institut Pasteur

A Paris, l’unité « Immunophysiologie et parasitisme intracellulaire » cherche  à mieux comprendre comment certaines espèces de leishmanies survivent au sein de leurs cellules hôtes (ex vivo), ou au sein des tissus (in vivo). Elle étudie le développement du parasite au stade amastigote dans ses cellules cibles chez l’hôte mammifère. Les chercheurs du groupe « Virulence parasitaire » se penchent quant à eux sur les bases moléculaires de la virulence du parasite et de sa persistance chez l’homme, dans le but d’identifier des cibles pour le développement de nouvelles stratégies contre les leishmanies.
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Décembre 2008