Presse

HTLV-I

Le virus HTLV-I est le premier rétrovirus humain à avoir été découvert : il fut isolé en 1980 par l'équipe de Robert Gallo aux Etats-Unis. Quinze à vingt millions de personnes sont infectées par ce virus à travers le monde. Les foyers majeurs d'infection endémique à HTLV-I sont localisés au sud-ouest du Japon, dans les Caraïbes, en Amérique Latine et en Afrique tropicale.

Epidémiologie

L’HTLV-I a d’abord été associé à une leucémie lymphoïde T de l’adulte, d’où son nom (Human T cell Leukemia/lymphoma Virus). Cette maladie, nommée ATLL est une forme de leucémie ou de lymphome, fréquente dans le sud-ouest du Japon, où l’on dénombre quelque 700 nouveaux cas chaque année pour environ un million de porteurs du virus.
Le lien entre l’HTLV-I et une neuromyélopathie appelée "paraparésie spastique tropicale" (TSP/HAM = tropical spastic paraparesis/HTLV-I associated myelopathy) a ensuite été établi aux Antilles. On sait désormais que cette pathologie est fréquente dans toutes les zones de forte endémie pour l’HTLV-I, en particulier dans les Antilles françaises et en Guyane.
Le risque cumulé de développer l’une ou l’autre de ces maladies après une infection par l’HTLV-I est de l’ordre de 5%.
Mais l’HTLV-I est aussi à l’origine d’autres syndromes, encore peu étudiés à l’heure actuelle (dermatite infectieuse, uvéite, myosite,…). Avec eux, le risque de développer durant sa vie une maladie après l’infection virale s’élève dans certaines régions à près de 10%.
L’origine de ce virus chez l’homme est très probablement liée à une transmission inter-espèces à partir d’un rétrovirus très proche nommé STLV-I, endémique chez de très nombreuses espèces de singes de l’Ancien Monde, en particulier africains.
L’HTLV-II, un virus apparenté à l’HTLV-I, touche essentiellement les toxicomanes par voie intraveineuse aux Etats-Unis et en Europe, mais est aussi endémique dans de nombreuses populations d’Amérindiens et certaines populations de Pygmées. On connaît mal les maladies associées à ce virus, qui semblent très rares.

 


Transmission

Dans les pays endémiques, la voie de transmission de la mère à l’enfant est importante : 15 à 20% environ des enfants de mère infectée sont à leur tour infectés, majoritairement lors d’un allaitement prolongé. La transmission par voie sexuelle existe, majoritairement de l’homme à la femme. La prévalence de l’infection est d’ailleurs plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Dans les zones de forte endémie, la séroprévalence augmente avec l’âge. Enfin, la transmission par transfusion sanguine peut désormais être évitée par le dépistage des dons de sang, pratiqué au Japon, aux Etats-Unis et en France (depuis juillet 1991), notamment.


Symptômes et traitements

L’ATLL, dans sa forme leucémique ou lymphomateuse, est un cancer très agressif, d’évolution rapide, résistante à la chimiothérapie, qui emporte généralement le malade en moins d’un an. Elle est observée chez des individus ayant entre 20 et 70 ans, et le plus fréquemment chez des personnes ayant la cinquantaine. Les symptômes sont variables, et souvent compliqués de lésions de la peau, d’une hypertrophie des ganglions lymphatiques, du foie ou de la rate. Les cellules leucémiques ou lymphomateuses infiltrent divers organes. En plus des formes aiguës de la maladie, existent certaines formes où les patients ont peu de cellules T anormales dans le sang et n’ont pas de signes sévères de la maladie pendant une longue période. Certaines personnes souffrent aussi de formes chroniques dans lesquelles le taux de cellules leucémiques est élevé, la maladie pouvant malgré cela rester stable pendant quelques temps. Divers essais associant chimiothérapie et/ou antiviraux commencent à donner des résultats encourageants, dans les formes chroniques en particulier, mais les formes leucémique et lymphomateuse restent de sombre pronostic.

De même, les essais d’association immunomodulateurs- corticothérapie-antiviraux dans les TSP/HAM - qui se caractérisent par une contracture des membres inférieurs entraînant la paralysie et par des troubles de la miction, avec peu de troubles sensitifs associés - n’ont apporté qu’une amélioration clinique transitoire et à court terme.
Parmi les autres syndromes ayant été associés à l’HTLV-I, on peut citer un certain degré d’immunodépression, des uvéites de l’adulte jeune - surtout au Japon-, des dermatites infectieuses chez l’enfant - surtout en Jamaïque et au Brésil-, ou encore des myosites et polymyosites.

Aucun vaccin n'est disponible à l'heure actuelle.


A l'Institut Pasteur

L’unité d’Epidémiologie et physiopathologie des virus oncogènes de l’Institut Pasteur à Paris, dirigée par Antoine Gessain, développe de nombreuses études dans le domaine de l’épidémiologie clinique et moléculaire des virus de type HTLV-I/HTLV-II, des rétrovirus simiens proches, et des maladies associées, et travaille également sur la physiopathologie des leucémies, des pathologies neurologiques et des mysosites associées.

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Janvier 2011

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L'Institut Pasteur est une fondation privée à but non lucratif dédiée à la recherche biomédicale, à la santé publique et à l'enseignement. Près de 2600 personnes travaillent sur son campus à Paris, où une grande partie des recherches est axée sur les maladies infectieuses. Son budget dépend de la générosité du public : pour aider la recherche à l'Institut Pasteur, consultez nos pages "dons et legs".