La fièvre à virus West Nile
Le virus West Nile est transmis à l'homme par des moustiques, entraînant une fièvre brutale parfois associée à des complications neurologiques pouvant être mortelles. Depuis sont identification en Afrique, le virus a été trouvé dans diverses régions du globe, au Moyen-Orient, en Inde et en Europe. Il s'est récemment illustré en émergeant pour la première fois sur le continent américain, lors d'une épidémie survenue à New York en 1999 (62 cas dont 7 décès). En moins de 10 ans, le virus a été responsable d'infections humaines ou animales dans 47 états.
Epidémiologie
Aujourd’hui considéré comme le plus répandu des flavivirus après le virus de la dengue, il touche l’homme de façon sporadique ou épidémique. Des cas humains de fièvre à virus West Nile ont été rapportés en Afrique, au Moyen-Orient, en Inde, en Europe, et plus récemment sur le continent américain, où une première épidémie s’est déclarée dans la ville de New York, Etats-Unis, en 1999. Des épidémies limitées ont eu lieu aux Etats-Unis les deux années suivantes, et c’est en 2002 que le virus s’est considérablement répandu, touchant 4156 personnes dans 44 états, et faisant 284 décès. C’est la plus grande épidémie de fièvre à virus West Nile jamais répertoriée, avec un pic d’activité en 2003 touchant 9862 personnes dans 44 états dont 2866 cas d’encéphalites et 264 décès.
Un léger fléchissement marque l’année 2004, avec 2470 infections humaines et 88 décès aux Etats-Unis. Le bilan humain reste lourd en 2007 avec 3630 cas confirmés dont 1217 formes neurologiques et 124 décès. En 2008, 1356 cas ont été diagnostiqués dont environ 50% d’encéphalite/méningite et 44 décès. Enfin, au cours de l’année 2009, 663 cas ont été comptabilisés dont environ 50% d’encéphalite/méningite (source CDC, USA) et 30 décès.
Des centaines de cas de fièvre à virus West Nile ont été décrits auparavant chez l’homme en Israël et en Afrique du Sud. La plus importante épidémie en Afrique a touché 3000 personnes dans la province du Cap en 1974, à la suite de pluies abondantes. Des cas isolés ou des épidémies chez l’homme ont été observés en Algérie, Azerbaïdjan, Egypte, Ethiopie, Inde, Madagascar, Maroc, Nigeria, Pakistan, République Centrafricaine, République démocratique du Congo, Sénégal, Soudan, Tunisie et dans quelques pays d’Europe. En Europe précisément, une importante épidémie a eu lieu en Roumanie en 1996-97, à Bucarest : plus de 500 personnes furent infectées avec une mortalité de 10%. En France, les premiers cas humains et équins ont été diagnostiqués dans le début des années 1960. Le virus est réapparu chez des chevaux en Camargue en 2000, et 7 cas humains ont été recensés en 2003 dans le Var. En juillet 2004, deux cas humains étaient rapportés dans le sud du Portugal. En 2008 et 2009, des cas humains et équins ont été rapportés dans le sud et l’est de l’Europe continentale.
(1) Famille de virus dont font partie les virus de la dengue, de la fièvre jaune, de l’encéphalite japonaise ou encore le virus de l’hépatite C.
Ecologie : un cycle moustiques/oiseaux
La transmission naturelle du virus West Nile se fait par des moustiques principalement du genre Culex. Tous les facteurs favorisant la pullulation des moustiques vecteurs (pluies abondantes, irrigation, températures plus élevées que la normale…) sont susceptibles d’augmenter l’incidence de la fièvre à virus West-Nile dans les régions où ce virus circule.
Le virus a également été occasionnellement isolé d’autres arthropodes, comme les tiques. Les hôtes principaux du virus sont les oiseaux sauvages ou domestiques (canards, pigeons…). Ils jouent un rôle crucial dans la dissémination du virus, notamment les migrateurs qui permettent le passage du virus West Nile de l’Afrique aux zones tempérées d’Europe et d’Asie au printemps. Là, les moustiques présents s’infectent lors de repas de sang sur ces oiseaux et perpétuent localement le cycle moustiques/oiseaux.
Les mammifères quant à eux sont considérés comme des hôtes accidentels du virus (bétail, chiens, chats, chevaux, hommes…). Depuis 1998-1999, en Israël puis aux Etats-Unis une mortalité liée à l’infection par le virus West Nile est observée chez certaines espèces d’oiseaux dont les corbeaux.
Transmission et symptômes chez l'homme
Si le virus West Nile infecte l’homme principalement par piqûre d’un moustique vecteur, des cas de transmission par transfusion sanguine et lors de transplantations d’organes ont été décrits.
Dans la majorité des cas (80%), l’infection par le virus West Nile est inapparente. Les formes symptomatiques de la maladie se caractérisent par l’apparition brutale d’une fièvre importante après 3 à 6 jours d’incubation. Cette fièvre est accompagnée de maux de tête et de dos, de douleurs musculaires, d’une toux, d’un gonflement des ganglions du cou, et souvent d’une éruption cutanée, de nausées, de douleurs abdominales, de diarrhées et de symptômes respiratoires.
Des complications neurologiques (méningite, encéphalite) surviennent dans moins de 1% des cas. Plus rarement encore, d’autres complications (hépatite, pancréatite ou myocardite) peuvent apparaître. Généralement, le malade récupère spontanément, parfois avec séquelles. Mais la maladie peut s’avérer fatale surtout chez des personnes âgées, et parfois chez l’enfant jeune.
L'encéphalite du cheval
Des cas de chevaux infectés par le virus West Nile ont été rapportés en Egypte, en France, et récemment en Italie (1998), en Israël (2000), aux Etats-Unis (1999-2004), en France (en Camargue en 2000 et dans les Pyréneés Orientales en 2006), en Guadeloupe en 2002, et au Maroc en 2003. Le virus provoque chez ces animaux une fièvre, une encéphalomyélite et une paralysie des membres postérieurs, avec un taux de mortalité assez élevé.
A l'Institut Pasteur
Février 2011