Presse
Escherichia coli entérohémorragique (ECEH)
Escherichia coli (E.coli) est une bactérie qui s’établit dans le tube digestif de l’homme et des animaux à sang chaud. La majorité des souches d’E.coli sont inoffensives, quelques-unes seulement sont pathogènes. C’est le cas des souches d’E.coli dites entérohémorragiques (ECEH). Ces dernières provoquent des diarrhées sanglantes et produisent des toxines à l’origine du syndrome hémolytique et urémique (SHU). Régulièrement, des souches d’ECEH sont la cause d’intoxications alimentaires via la consommation de produits animaux mal cuits ou consommés crus. Les fruits et les légumes frais, lorsqu’ils se sont retrouvés au contact d’ECEH, sont aussi à risque.
Épidémiologie
ECEH peut être à l’origine de toxi-infections alimentaires graves (TIA). Les premières données épidémiologiques remontent à 1982, date à laquelle la première souche d’ECEH a été isolée lors d’une flambée de TIA survenue aux Etats-Unis. L’épidémie avait été provoquée par des hamburgers dont les steaks hachés étaient insuffisamment cuits. Depuis, ECEH a engendré de nombreuses autres flambées épidémiques, ce qui fait d’elle un problème de santé publique. Un des sérotypes les plus courants d’ECEH est le O157:H7, régulièrement mis en cause lors de cas sporadiques et de flambées.
En 1996, le Japon a connu une importante épidémie de TIA provoquée par une bactérie ECEH de sérotype O157:H7. Suite à la consommation de graines germées de radis, 9578 cas ont été recensés. En 2011, une souche de ECEH appartenant au sérotype O104:H4 a provoqué un épisode comparable en Europe. Á la fin de l’épidémie, dont le foyer initial était l’Allemagne, les autorités sanitaires européennes faisaient état de plusieurs milliers de personnes intoxiquées et de 47 décès. Après enquête, des graines germées de haricot mungo et de fenugrec importées d’Egypte ont été désignées comme étant la source de l’épidémie.
L’incidence des infections par ECEH est variable selon les classes d’âge. Elle atteint son maximum chez les enfants de moins de 15 ans. Cependant, dans le cas de l’épidémie européenne survenue en 2011, 7 personnes sur 10 touchées étaient des adultes de sexe féminin. Cette répartition inhabituelle des cas parmi la population peut en grande partie s’expliquer par les différences d’habitudes alimentaires : les femmes, plus grandes consommatrices de crudités que les hommes, ont été davantage touchées par l’épidémie.
En France, la plus grande épidémie transmise par des steaks hachés date de 2005. Les autorités sanitaires avaient enregistré 69 cas, dont 57 concernaient des mineurs âgés de moins de 13 ans.
En 1996, le Japon a connu une importante épidémie de TIA provoquée par une bactérie ECEH de sérotype O157:H7. Suite à la consommation de graines germées de radis, 9578 cas ont été recensés. En 2011, une souche de ECEH appartenant au sérotype O104:H4 a provoqué un épisode comparable en Europe. Á la fin de l’épidémie, dont le foyer initial était l’Allemagne, les autorités sanitaires européennes faisaient état de plusieurs milliers de personnes intoxiquées et de 47 décès. Après enquête, des graines germées de haricot mungo et de fenugrec importées d’Egypte ont été désignées comme étant la source de l’épidémie.
L’incidence des infections par ECEH est variable selon les classes d’âge. Elle atteint son maximum chez les enfants de moins de 15 ans. Cependant, dans le cas de l’épidémie européenne survenue en 2011, 7 personnes sur 10 touchées étaient des adultes de sexe féminin. Cette répartition inhabituelle des cas parmi la population peut en grande partie s’expliquer par les différences d’habitudes alimentaires : les femmes, plus grandes consommatrices de crudités que les hommes, ont été davantage touchées par l’épidémie.
En France, la plus grande épidémie transmise par des steaks hachés date de 2005. Les autorités sanitaires avaient enregistré 69 cas, dont 57 concernaient des mineurs âgés de moins de 13 ans.
La maladie
Les symptômes provoqués par ECEH apparaissent entre 3 et 8 jours après l’infection. Il s’agit de douleurs abdominales et de diarrhées, lesquelles peuvent évoluer vers des formes sanglantes (colites hémorragiques). Des vomissements et de la fièvre peuvent aussi survenir.
Parallèlement, les toxines produites par ECEH (appelées shigatoxines en raison de leur ressemblance avec celles produites par Shigella dysentriae) détruisent la paroi des vaisseaux sanguins et causent des problèmes de coagulation ainsi que d’hypertension artérielle. Chez 10% des personnes infectées, la dissémination des shigatoxines provoque un syndrome hémolytique et urémique (SHU), mortel dans 3 à 5% des cas. Ce dernier est caractérisé par une atteinte de la fonction rénale et par une baisse de la concentration des cellules sanguines (globules rouges et plaquettes). Un quart des personnes souffrant de SHU développe aussi des complications neurologiques qui peuvent aboutir à un état de coma.
Parallèlement, les toxines produites par ECEH (appelées shigatoxines en raison de leur ressemblance avec celles produites par Shigella dysentriae) détruisent la paroi des vaisseaux sanguins et causent des problèmes de coagulation ainsi que d’hypertension artérielle. Chez 10% des personnes infectées, la dissémination des shigatoxines provoque un syndrome hémolytique et urémique (SHU), mortel dans 3 à 5% des cas. Ce dernier est caractérisé par une atteinte de la fonction rénale et par une baisse de la concentration des cellules sanguines (globules rouges et plaquettes). Un quart des personnes souffrant de SHU développe aussi des complications neurologiques qui peuvent aboutir à un état de coma.
Transmission
La transmission des pathogènes de type ECEH survient majoritairement lors de la consommation d’aliments contaminés. Les produits concernés sont généralement la viande crue ou insuffisamment cuite, les produis laitiers au lait cru, et plus rarement les produits végétaux crus. Le réservoir naturel des ECEH étant principalement le tube digestif des bovins, la contamination peut également survenir lors de la traite ou l’abattage de ces animaux. La matière fécale des ruminants qui se retrouve dans le sol, dans le fumier, et dans l’eau (mares, ruisseaux), est aussi une source d’infection.
La transmission interhumaine d’ECEH est également possible, mais elle survient plus rarement. Dans la majorité des cas, elle a lieu de l’enfant à l’adulte, par exemple lors de la toilette du nouveau-né.
La transmission interhumaine d’ECEH est également possible, mais elle survient plus rarement. Dans la majorité des cas, elle a lieu de l’enfant à l’adulte, par exemple lors de la toilette du nouveau-né.
Traitement
Lors d’une infection par un micro-organisme de type ECEH, la prise d’antibiotiques est déconseillée. En détruisant les bactéries, ces derniers entraînent la libération de shigatoxine dans l’organisme, ce qui aggrave le SHU. Pour éviter cette situation, la stratégie thérapeutique privilégiée consiste à combler les déficiences occasionnées par les shigatoxines (chute des globules rouges, des plaquettes, atteinte rénale) par transfusion, dialyse, et en changeant le plasma sanguin.
Les épisodes diarrhéiques sont quant à eux traités de manière symptomatique : les patients sont réhydratés, mais ne prennent pas d’anti-diarrhéiques, afin de permettre à leur organisme d’éliminer la bactérie et ses toxines dans les selles.
Les épisodes diarrhéiques sont quant à eux traités de manière symptomatique : les patients sont réhydratés, mais ne prennent pas d’anti-diarrhéiques, afin de permettre à leur organisme d’éliminer la bactérie et ses toxines dans les selles.
Prévention et recommandations
Les connaissances actuelles ne permettent pas de réduire l’incidence de ECEH au sein des populations bovines. En revanche, via des tests, il est possible de déterminer si un animal est porteur de la bactérie. Le cas échéant, la viande peut subir un traitement bactéricide qui consiste à la chauffer ou à l’irradier. Ces techniques, bien qu’étant efficaces, ne garantissent pas systématiquement l’absence d’ECEH dans les aliments. Pour se prémunir efficacement des infections par ECEH, il faut respecter l’application de pratiques hygiéniques strictes, également valables pour éviter la contamination par beaucoup d’autres micro-organismes. Celles-ci s’appliquent aussi bien du côté des producteurs de viande et de légumes que du côté des consommateurs et des cuisiniers.
Pour le personnel impliqué dans la production et la préparation de produits végétaux et animaux crus, la formation aux pratiques hygiéniques est un point important. Elle permet d’abaisser le taux de contamination du produit final. Concernant les consommateurs et les cuisiniers, il est possible d’éviter la plupart des infections par ECEH en respectant les recommandations suivantes : cuire la viande à une température d’au moins 70 degrés pendant plusieurs minutes. Se laver les mains avant de toucher les aliments, en sortant des toilettes, après avoir changé un enfant. Éviter la consommation de fromage au lait cru chez les enfants de moins de 5 ans. S’abstenir de boire l’eau d’une source non contrôlée qui se trouve à proximité d’animaux.
Pour le personnel impliqué dans la production et la préparation de produits végétaux et animaux crus, la formation aux pratiques hygiéniques est un point important. Elle permet d’abaisser le taux de contamination du produit final. Concernant les consommateurs et les cuisiniers, il est possible d’éviter la plupart des infections par ECEH en respectant les recommandations suivantes : cuire la viande à une température d’au moins 70 degrés pendant plusieurs minutes. Se laver les mains avant de toucher les aliments, en sortant des toilettes, après avoir changé un enfant. Éviter la consommation de fromage au lait cru chez les enfants de moins de 5 ans. S’abstenir de boire l’eau d’une source non contrôlée qui se trouve à proximité d’animaux.
À l’Institut Pasteur
L’Institut Pasteur abrite le centre national de référence (CNR) des Escherichia coli et Shigelles. Celui-ci est adossé à l’unité des Bactéries Pathogènes Entériques, que dirige François-Xavier Weill. Le CNR exerce une mission de veille sur les infections par ECEH. Chaque année, il analyse, répertorie et classifie les échantillons envoyés par les laboratoires français (laboratoires d’analyses de biologie médicale et laboratoires des centres hospitaliers).
En cas d’épidémie, comme celle survenue en Europe en mai 2011 après la consommation de graines germées, le CNR joue un rôle de premier plan. C’est lui qui doit alerter la Direction Générale de la santé et l’Institut de Veille Sanitaire des cas recensés. Il participe également à l’enquête épidémiologique en effectuant le typage moléculaire des souches bactériennes via l’analyse d’échantillons. Enfin, il développe de nouveaux outils moléculaires pour le suivi des souches bactériennes.
_________ En cas d’épidémie, comme celle survenue en Europe en mai 2011 après la consommation de graines germées, le CNR joue un rôle de premier plan. C’est lui qui doit alerter la Direction Générale de la santé et l’Institut de Veille Sanitaire des cas recensés. Il participe également à l’enquête épidémiologique en effectuant le typage moléculaire des souches bactériennes via l’analyse d’échantillons. Enfin, il développe de nouveaux outils moléculaires pour le suivi des souches bactériennes.
Aout 2011
L'Institut Pasteur est une fondation privée à but non lucratif dédiée à la recherche biomédicale, à la santé publique et à l'enseignement. Près de 2600 personnes travaillent sur son campus à Paris, où une grande partie des recherches est axée sur les maladies infectieuses. Son budget dépend de la générosité du public : pour aider la recherche à l'Institut Pasteur, consultez nos pages "dons et legs".