Dossiers de presse

… et son moustique vecteur


La compétence vectorielle d'Aedes albopictus

Anna-Bella Failloux et son groupe, dans l’unité de Génétique moléculaire des Bunyavirus, étudie l’aptitude des moustiques à transmettre la maladie du Chikungunya à l’homme. Depuis le début de l’épidémie de 2005, l’équipe a obtenu des résultats qui permettent de mieux comprendre l’ampleur de la flambée et de fournir des pistes de lutte contre ces insectes vecteurs.

Les travaux des chercheurs, menés en laboratoire sur des moustiques prélevés sur l’île en mars 2006, ont tout d’abord montré que le virus mutant, apparu pendant l’épidémie de 2006, est deux fois mieux transmis par le moustique Aedes albopictus présent à la Réunion que le virus non muté, circulant précédemment. Et ils ont expliqué pourquoi : le virus muté franchit la barrière intestinale du moustique plus facilement : il se retrouve alors dans les glandes salivaires de l’insecte, prêt à être transmis à l’homme à la prochaine piqûre, deux jours seulement après l’infection du moustique –au lieu de sept habituellement–. Cette réduction du cycle viral, qui accélère fortement la transmission du virus, explique en partie l’ampleur de la flambée de 2006 dans l’Océan indien.

L’équipe a également montré qu’à la différence du moustique Ae. albopictus de Mayotte, le moustique Ae. albopictus de la Réunion mourrait plus tôt lorsqu’il était infecté. Ces résultats suggèrent que moustique, originaire d’Asie, et cette souche virale, originaire d’Afrique, qui se rencontraient pour la première fois, étaient encore, en 2005-2006, mal adaptés l’un à l’autre. En 2010, quatre ans après, la combinaison pourrait avoir évolué, et être plus efficace...


Vacciner les moustiques ?

Comment les insectes, porteurs du virus chikungunya, parviennent-ils à se défendre pour ne pas être « malades » ? Les chercheurs du groupe de recherche Virus et interférence ARN (Institut Pasteur/CNRS URA 3015) dirigé par Carla Saleh étudient chez la mouche du vinaigre, qui est un excellent modèle d'étude des insectes en laboratoire, les mécanismes immunitaires qui permettent aux insectes de se protéger contre l’infection par les arbovirus. Lors d’une infection virale, des effecteurs du système immunitaire de l'insecte découpent le génome du virus en petites molécules d’ARN, appelées ARN interférents, qui ont une action anti-virale très efficace. L’équipe de Carla Saleh tente de comprendre le fonctionnement de ces petits ARN. Les chercheurs ont déjà montré qu’il était possible de vacciner des mouches contre des virus proches de celui du chikungunya, en faisant produire aux insectes des ARN interférents avant l’infection virale. Si cette méthode de vaccination permettait de protéger les insectes contre le virus chikungunya, il serait envisageable de limiter sa transmission à l’homme.


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