Dossiers de presse

Vaccins : des millions de vie à sauver

Un peu plus de cent ans après la mise au point du premier vaccin contre la rage par Louis Pasteur, en 1885, l’administration systématique et massive de vaccins contre différents agents pathogènes a permis de lutter efficacement contre certaines maladies infectieuses. Actuellement des millions de vies sont sauvées chaque année grâce à la vaccination contre les six maladies courantes de l’enfance (diphtérie, tétanos néonatal, coqueluche, rougeole, tuberculose et poliomyélite). Ces vaccins sont administrés à 80% des enfants du monde.

De plus, un succès tout à fait remarquable a été obtenu avec le vaccin contre la variole, maladie éradiquée de la planète à la fin des années soixante-dix, dix ans après le lancement de la campagne mondiale de vaccination par l’OMS. On espère aboutir bientôt au même résultat avec une autre maladie gravement invalidante, la poliomyélite, qui a déjà totalement disparu d’Europe de l’Ouest et du continent américain à l’exception de cas importés.

Toutefois, les maladies infectieuses sont loin d’avoir disparu, certaines d’entre elles sont même en recrudescence. La tuberculose fait partie de ces infections qui semblent se répandre à nouveau de façon inquiétante dans les populations, en particulier les plus défavorisées. Aujourd’hui encore, les maladies infectieuses font 13 millions de morts chaque année.

De fait, on est encore loin de disposer de vaccins contre tous les agents pathogènes. Aucune protection par la vaccination n’est encore possible contre certaines infections respiratoires aiguës, principales causes de décès chez les enfants des pays en développement, des maladies diarrhéiques de l’enfance, la lèpre, des maladies virales comme le sida ou l’hépatite C ou bien encore des maladies parasitaires tropicales comme le paludisme, la bilharziose, la maladie du sommeil, ...

De plus, l’accroissement de la résistance des microorganismes aux médicaments et l’apparition inopinée de nouveaux microbes pourraient interdire de faire obstacle aux maladies infectieuses comme cela est encore possible aujourd’hui. Depuis quelques décennies, nous apprenons à nos dépens que lutter contre la maladie revient à tenter d’atteindre une cible en perpétuel mouvement. Les microbes, et des plus redoutables, s’adaptent pour survivre. Il faut donc toujours être en avance sur eux. Dans ce contexte, la nouvelle génération de vaccins actuellement en cours de développement est un enjeu particulièrement crucial.

Par ailleurs, les progrès de la recherche en cancérologie et en immunologie montrent qu’il est désormais possible par la vaccination de stimuler nos défenses immunitaires non seulement contre un agent infectieux mais aussi contre des cellules du corps humains devenues anarchiques, à l’origine de tumeurs. Un nouveau pan de l’histoire de la vaccination s’est ouvert avec la recherche, en plein essor, de vaccins contre les cancers.

Depuis quelques années, les recherches en matière de vaccination ont pris un rythme accéléré. De nouvelles technologies sophistiquées et le développement des connaissances, notamment en biologie moléculaire, en génomique et en immunologie, viennent donner l’espoir qu’à plus ou moins long terme on pourra renforcer la vaccination, améliorer certains des vaccins existants ainsi que leur mode d’administration (voie orale, nasale,…) et en élaborer de nouveaux.

L’Institut Pasteur, qui depuis la vaccination humaine contre la rage a apporté des contributions majeures dans le domaine des vaccins, y consacre toujours une grande partie de ses recherches, dont nous vous présentons ici quelques exemples, du paludisme au sida, des vaccins anti-cancers à ceux contre les maladies diarrhéiques.