Dossiers de presse

Principes de la vaccination

Les origines de la vaccination

La vaccinologie, qui a pris son essor au début du vingtième siècle repose sur une observation très ancienne : il est rare que des hommes ayant survécu à une maladie infectieuse soient atteints une seconde fois par cette maladie. Au XVIIIème siècle, on pratiquait, pour se protéger de la variole, maladie gravement invalidante et même mortelle, la "variolisation", c’est à dire l’inoculation du virus de la variole. On savait aussi, sans se l’expliquer, que les vachers atteints de vaccine, une maladie bénigne transmise par leur vache, étaient protégés contre la variole. En 1796, un médecin anglais, Edward Jenner, inocula à un jeune enfant du virus de la vaccine prélevé sur une jeune femme accidentellement infectée par une vache. Quelques mois plus tard, il vérifia le pouvoir protecteur de cette vaccine en administrant à l’enfant du virus de la variole. Par la suite, Edward Jenner "vaccina" ainsi plusieurs enfants.


Louis Pasteur et l'atténuation de la virulence

Dans les années 1880, Louis Pasteur et ses collaborateurs constatèrent que certaines bactéries, responsables du choléra des poules, lorsqu’elles sont mises en culture pendant plusieurs semaines ou exposées à des conditions défavorables, sont modifiées et perdent leur virulence. Des animaux inoculés avec ces bactéries ne développent pas la maladie et, mieux encore, ils sont protégés contre une infection ultérieure avec l’agent infectieux virulent. Pasteur vient de découvrir la vaccination par des germes pathogènes atténués. Il applique ce principe à d’autres maladies animales (le charbon du mouton, le rouget du porc), puis à la rage. Pasteur réussit à atténuer, sans l’avoir identifié, l’agent responsable de la rage. Ce fut le premier vaccin contre cette maladie, appliqué en 1885 sur un jeune garçon, Joseph Meister.


Les défenses immunitaires

L’évolution des connaissances permet aujourd’hui de comprendre les principes de base de la vaccination. L’homme, ainsi que tous les vertébrés, est protégé des micro-organismes qui l’entourent par un système de défense extrêmement efficace : le système immunitaire. C’est une véritable "armée" intérieure, composée de milliards de cellules et de molécules. Une des propriétés les plus remarquables du système immunitaire est qu’il est capable de faire la distinction entre les éléments (cellules, molécules) du corps qu’il défend et tout élément "étranger". Autrement dit, il reconnaît le "soi" du "non-soi". Lorsqu’un organisme est envahi par un agent infectieux, son système immunitaire apprend à le reconnaître et produit des cellules et des molécules de défense, à durée de vie parfois très longue, spécifiquement dirigées contre l’agent étranger.

La vaccination repose sur cette propriété du système immunitaire. Elle consiste à introduire dans l’organisme un agent (virus, bactérie ou molécule) qui va sensibiliser le système immunitaire - ou l’immuniser - , sans être pathogène. Le système immunitaire "apprend" à reconnaître les antigènes du micro-organisme c’est-à-dire un ensemble de molécules, protéines ou sucres complexes, spécifiques de ce microbe. Lors d’une infection ultérieure par le même agent ou par un micro-organisme très proche, la réponse immunitaire sera beaucoup plus rapide et plus intense qu’au cours de la première exposition.

Les effets protecteurs induits par les vaccins sont assurés en particulier par des globules blancs du sang, les lymphocytes T, et par les anticorps, molécules produites par d’autres globules blancs, les lymphocytes B. Les anticorps circulent dans l’organisme et sont capables de neutraliser des substances biologiquement actives, des toxines par exemple, de se fixer sur des micro-organismes et de permettre leur élimination par les cellules du système immunitaire. Les lymphocytes T auxiliaires jouent un rôle essentiel dans l’activation des lymphocytes B et produisent diverses molécules, les cytokines, qui agissent à tous les niveaux du système immunitaire. Les lymphocytes T cytotoxiques reconnaissent les cellules infectées par des virus ou d’autres micro-organismes intracellulaires et les détruisent. La diversité de ces réponses permet d’assurer la défense de l’organisme vis-à-vis de pathogènes très différents.