Dossiers de presse

Nipah

Le virus Nipah provoque une maladie qui débute comme un syndrome grippal, avec forte fièvre et douleurs musculaires, et qui peut évoluer vers une encéphalite et un coma.

Ce virus de découverte récente se répand de manière inquiétante en Asie du Sud Est. Il est apparu entre septembre 1998 et avril 1999 en Malaisie, touchant 265 personnes dont 105 sont décédées. La grande majorité avait été professionnellement exposée à des porcs. En mars 1999, une flambée de virus Nipah a eu lieu à Singapour (11 cas, 1 décès) chez des personnes ayant manipulé des porcs importés des régions où avait sévi l'épidémie en Malaisie. Des traces de la présence du virus ont depuis été détectées au Bangladesh et au nord de l'Inde en 2001 et 2003, et au Cambodge en 2002 (travaux réalisés par une équipe de l'Institut Pasteur du Cambodge).Depuis 2002, une flambée d'infections à virus Nipah est survenue au Bangladesh, touchant plus de cinquantes personnes chaque année. On pense que les réservoirs du virus Nipah sont des chauve-souris frugivores, qui possèdent des anticorps contre le virus, par ailleurs retrouvé dans les urines de certaines d'entre elles. Mais on ignore de quelle façon ce virus est transmis aux autres animaux.
Compte tenu du développement inquiétant du virus Nipah, contre lequel aucun traitement n'existe à l'heure actuelle, il est important de mettre au point rapidement des outils de lutte efficaces.


Vers un vaccin vétérinaire

L'équipe de Vincent Deubel de l'Unité Biologie des Infections Virales Emergentes à l'Institut Pasteur, en collaboration avec l'équipe de Fabian Wild de l'INSERM et des chercheurs Malaisiens, a mis au point un candidat vaccin contre le virus Nipah, testé avec succès sur un modèle hamster de l'infection.

Ce vaccin est basé sur des vecteurs vaccinaux (virus de la vaccine) permettant d'exprimer les deux glycoprotéines responsables de l'entrée du virus dans l'organisme. Les chercheurs ont montré que les animaux vaccinés produisent des anticorps neutralisants dirigés contre ces protéines virales qui empêchent le développement du virus, dont aucune trace n'est retrouvée dans le sang. Le vaccin permet ainsi de prévenir complètement la mortalité des animaux.

Les chercheurs visent actuellement à développer un vaccin vétérinaire pour protéger les porcs, avant d'envisager le développement de vaccins capables de protéger les populations humaines vivant dans les régions à risques où le virus se terre.


Immunothérapie

Un traitement des personnes exposées à des animaux infectés par le virus Nipah a été développé par l’équipe Pasteur-INSERM en utilisant des anticorps monoclonaux qui, administrés à des hamsters, les protègent contre une infection létale. L’utilisation de ces anticorps pour le traitement des cas humains est actuellement en cours de développement.

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Mars 2005