Dossiers de presse

Hépatite B

L'hépatite B est une des plus importantes maladies infectieuses à travers le monde : on estime que 350 millions de personnes sont porteurs chroniques du virus. Ces porteurs chroniques sont à haut risque de décès par cirrhose du foie ou cancer du foie (hépatocarcinome), un cancer presque toujours fatal.

Dans les régions les plus touchées, l'Afrique sub-saharienne, la majeure partie de l'Asie et du Pacifique, la plupart des personnes sont infectées durant l'enfance et 8 à 10% de la population générale est chroniquement infectée. Dans ces régions, le cancer du foie figure parmi les trois premières causes de mortalité par cancer. Des taux élevés d'infections chroniques par l'HBV sont également trouvés en Amazonie et en Europe de l'Est et Centrale. Au Moyen-Orient et dans le sous-continent indien, environ 5% de la population est chroniquement infectée. L'infection est moins courante en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord, avec moins de 1% de porteurs chroniques dans la population générale.

A l'Institut Pasteur, un vaccin recombinant contre l'hépatite B a été mis au point dans les années 80 et commercialisé par les industriels en 1989 (GenHevac B).


Un vaccin thérapeutique à l'essai

Aujourd'hui, les recherches sont axées sur la vaccination à visée thérapeutique, destinée aux milliers de porteurs chroniques du virus HBV. L'équipe de Marie-Louise Michel, de l'Unité Institut Pasteur/INSERM U 812 Carcinogenèse hépatique et Virologie moléculaire, a étudié différentes approches sur un modèle de souris transgéniques pour un antigène de surface du virus (HBs). L'approche aujourd'hui retenue est la vaccination par ADN nu ou vaccination génétique. Il s'agit d'injecter dans le muscle l'ADN codant pour les protéines d'enveloppe du virus, qui seront ensuite directement produites par les cellules musculaires. L'objectif est d'obtenir une stimulation suffisamment forte du système immunitaire pour éliminer le virus de l'organisme. Les bons résultats obtenus chez l'animal ont justifié le lancement en avril 2001, d'un essai clinique de phase I chez l'homme, financé par l'INSERM, l'ARC et BioMerieux et en collaboration avec le service d'hépatologie de l'hôpital Necker-enfants Malades (Christian Bréchot, Stanislas Pol et Hélène Fontaine). Le test a été effectué sur 10 porteurs chroniques du virus qui ne répondaient pas aux traitements antiviraux classiques et qui ont reçu trois à quatre injections d'ADN. Une augmentation de la réponse des cellules T spécifiques du virus a été observée chez tous les individus sans que le moindre signe d'intolérance ne soit observé. La virémie a fortement diminué chez deux patients. Compte tenu de ces résultats encourageants, un essai de phase II va débuter en 2006 dans plusieurs services d'hépatologie en France. Cet essai combinera un traitement avec des médicaments anti-viraux permettant de réduire la charge virale en préalable aux injections de vaccin ADN destinées à stimuler la réponse immunitaire. Un groupe contrôle recevra le traitement anti-viral seul. La durée prévue de cet essai est de 24 mois.
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Mars 2006