Presse / Dossiers de presse

VIH et sida dans le Réseau International des Instituts Pasteur

Les établissements du Réseau international des Instituts Pasteur (RIIP) sont fortement impliqués dans les travaux sur le virus du sida et sur la maladie elle-même. L'implantation des instituts du Réseau, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, est particulièrement importante quand on sait que plus de 90 % des cas de sida se trouvent au Sud.


Cambodge et Kenya

Le suivi des patients sous antirétroviraux dans les pays en développement

Dans les pays en développement, où l’accès aux tests de laboratoires reste limité, trouver des outils simples et peu coûteux pour évaluer la progression de la maladie chez les patients infectés par le VIH et sous anti-rétroviraux est essentiel. Une étude menée par des chercheurs de l’Institut Pasteur en collaboration avec Médecins Sans Frontières au Cambodge et au Kenya sur plus de 5000 patients a suggéré qu’un critère aussi simple que la prise de poids pouvait être utilisé pour suivre et améliorer la prise en charge des patients infectés par le VIH sous traitement antirétroviral. L’étude démontre en effet que chez les patients sous traitement anti-rétroviral et atteints de malnutrition modérée à sévère, la prise de poids est fortement corrélée à la survie. En attendant un accès plus large aux tests fondés sur le comptage des cellules CD4 et la quantification de la charge virale, la mesure du poids peut ainsi constituer une aide précieuse pour apporter aux personnels de santé des informations significatives sur les patients.
>> Voir Un simple pèse-personne pour suivre les patients sous antirétroviraux dans les pays en développement ?


Cameroun

Prévenir la transmission de la mère à l'enfant et améliorer la prise en charge des enfants infectés au Cameroun

Le Centre Pasteur du Cameroun (CPC) situé à Yaoundé a été l’initiateur d’un programme de prévention thérapeutique de la transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant, en collaboration avec une équipe de l’Institut Pasteur à Paris, et avec le soutien de la fondation Glaxo. Ce programme a abouti à une prise en charge globale des femmes enceintes et pour la prévention de la transmission mère-enfant de l’infection VIH-1 au niveau national au Cameroun. L’amélioration de la prise en charge des enfants infectés, notamment en ce qui concerne le traitement et la réponse à la vaccination, fait l’objet d’une étude ANRS, récemment initiée en collaboration avec des hôpitaux parisiens et des équipes de l’Institut Pasteur à Paris.

Une récente étude menée par des chercheurs de l’Institut Pasteur à Paris et le laboratoire de Virologie du CPC a récemment démontré comment l’infection par le parasite du paludisme chez la femme enceinte pourrait augmenter le risque de transmission in utero du virus du sida à son enfant. Ces recherches ont démontré que la séquestration du parasite Plasmodium falciparum dans le placenta de la femme enceinte était probablement à l’origine de cette augmentation.Plus précisément, la fixation du parasite du paludisme aux cellules du placenta semble stimuler localement la réplication du VIH-1 et contribue à la transmission mère-enfant du virus in utero. Des interactions spécifiques du parasite du paludisme avec le placenta semblent ainsi contribuer à la transmission mère-enfant du virus du sida dans les régions où les deux maladies co-existent. Améliorer l’instauration de thérapies anti-paludiques en plus des thérapies antirétrovirales pendant la grossesse pourrait donc aider à prévenir la transmission mère-enfant du VIH-1.


Cambodge

L'étude des co-infection sida-tuberculose

L’Institut Pasteur du Cambodge participe à un essai clinique ANRS. Il est coordonné au Sud par le "Cambodian Health Committee" et au Nord par l’Hôpital du Kremlin-Bicêtre ; il implique également l’Institut Pasteur à Paris ainsi qu’une équipe américaine (Harvard Medical School). Cet essai vise à définir à quel moment il est préférable d’administrer des antirétroviraux chez des patients VIH+ tuberculeux. Ce problème est complexe car il existe des interactions médicamenteuses entre molécule-clé du traitement anti-tuberculeux et certains antirétroviraux, qui constituent souvent des contre-indications à l’utilisation concomittante des deux traitements. De plus, la reconstitution de l’immunité obtenue par les antirétroviraux peut s’accompagner d’une importante aggravation de la tuberculose dont les mécanismes restent méconnus. Des recherches sur ces mécanismes immunologiques, notamment le rôle de l’immunité innée, sont développées à l’Institut Pasteur du Cambodge en collaboration avec une équipe de l’Institut Pasteur à Paris. Les résultats de ce programme bénéficieront à l’ensemble de la communauté médicale internationale.


Ces quelques exemples ne sont pas exhaustifs, d’autres recherches étant menées au sein du RIIP, comme l’étude de la diversité génétique du VIH-1 et de sa résistance aux anti-rétroviraux (ARV) chez des patients naïfs et sous traitement ainsi que l’évaluation de technologies peu coûteuses pour le diagnostic de nouveaux nés et le suivi virologique des patients en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Guyane.

Par ailleurs, en termes de santé publique, la vaste majorité des Instituts Pasteur du réseau en Afrique et en Asie du Sud-Est réalise le diagnostic sérologique et moléculaire de l’infection VIH et le suivi immunologique (taux de lymphocytes T CD4+) et virologique (charge virale et résistance aux ARV) des patients traités ou non par des ARV.


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