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Leucémies : quand des poissons font progresser la recherche


L’unité Macrophages et développement de l’immunité (Institut Pasteur-CNRS-URA 2578), sous la direction de Philippe Herbomel, étudie le fonctionnement et la formation du système immunitaire et des cellules sanguines. Les chercheurs utilisent pour cela le poisson-zèbre, un petit poisson entièrement transparent dont l’hématopoïèse –le système de formation des cellules sanguines et immunitaires– est proche de celle de l’Homme. Grâce à ce modèle de choix, les chercheurs peuvent suivre facilement, à l’intérieur même du corps du poisson, la formation des globules rouges, des globules blancs et des cellules souches leur donnant naissance. Une approche originale pour mieux comprendre les processus à l’origine des leucémies –les cancers du sang et de la moelle osseuse–, qui touchent chaque année 250 000 personnes dans le monde et causent 4 000 décès annuels en France.

L’équipe se penche actuellement sur un nouveau gène suppresseur de la leucémie myéloïde appelé Tet2, découvert l’année dernière par des scientifiques de l’Institut Gustave Roussy (IGR) : une mutation dans ce gène prédispose à l’apparition d’une leucémie. Dans le cadre d’une collaboration avec l’IGR, les chercheurs de l’Institut Pasteur travaillent à identifier la fonction de Tet2 dans l’hématopoïèse grâce au modèle du poisson-zèbre. Ils étudient notamment comment la suppression de l’activité du gène perturbe l’hématopoïèse.


Dans l'avenir, un espoir de cellules souches sur mesure pour traiter les leucémies ?

Karima Marin et Philippe Herbomel, de l’unité Macrophages et développement de l’immunité, ont en 2010, grâce une technologie d’imagerie en temps réel sur l’embryon de poisson-zèbre, d’observer que les cellules souches hématopoïétiques (CSH), qui produisent tout au long de la vie les cellules sanguines, se forment à partir des cellules de la paroi de l’aorte, l’artère centrale de l’embryon. Ces travaux apportent ainsi une réponse à la question de l’origine de ces cellules souches hématopoïétiques, qui faisait débat depuis plusieurs décennies. Ils montrent également que des cellules déjà spécialisées, comme celles qui constituent un vaisseau, peuvent naturellement se reprogrammer pour devenir des cellules souches à potentialités multiples. Mais ils laissent surtout espérer qu’il pourrait être envisageable de régénérer des CSH humaines sur mesure en laboratoire à partir de biopsies des propres vaisseaux sanguins des malades. Cette découverte constituerait alors un espoir pour le traitement personnalisé de patients atteints de leucémie : ré-introduites après chimiothérapie ou radiothérapie pour remplacer les anciennes, les nouvelles CSH pourraient alors reconstituer les systèmes sanguin et immunitaire sur mesure pour chaque malade.


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