Des vaccins thérapeutiques anti-cancers
L’unité de Régulation immunitaire et vaccinologie (Institut Pasteur-Inserm U1041), que dirige Claude Leclerc, travaille à la mise au point de candidats-vaccins thérapeutiques contre les cancers. Contrairement à la vaccination préventive, la vaccination thérapeutique vise à stimuler les réponses immunitaires des patients quand la maladie est déjà déclarée. Ces candidats-vaccins anti-cancers pourraient donc dans l’avenir être utilisés comme traitement curatif complémentaire à la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Faisant appel aux capacités de mémoire du système immunitaire, ils présenteraient l’avantage de prévenir les rechutes.
MAG-Tn3 : un projet prometteur contre de nombreux cancers
Les chercheurs de l’unité travaillent sur un candidat-vaccin appelé MAG-Tn3, qui a pour cible les adénocarcinomes, des cancers qui touchent presque tous les organes du corps humain et notamment le poumon, la prostate, le sein, le colon, et l’ovaire.
Ce candidat-vaccin s’appuie sur l’utilisation de l’antigène Tn, fortement exprimé à la surface des cellules tumorales de ces cancers. Des tests réalisés en laboratoire ont démontré son efficacité chez la souris : une vaccination avec le MAG-Tn3 avant la greffe de cellules tumorales portant l'antigène Tn protège ces animaux contre l’apparition d’une tumeur dans 70 à 90 % des cas. Mais plus important, le traitement par le MAG-Tn3 de souris déjà atteintes d'une tumeur portant l'antigène Tn a permis à 70% d’entre elles de se débarrasser de ces cellules tumorales.
Le succès de cette première phase de tests en laboratoire permet aujourd’hui d’envisager son évaluation chez l’homme. Il faut donc à présent produire ce candidat-vaccin dans les conditions techniques et scientifiques acceptables pour une administration chez l’homme et vérifier chez l’animal son innocuité. À la suite de cette phase de mise au point, une formulation finale pourrait être proposée à des patients volontaires atteints de cancer. Plusieurs années d’essais cliniques, destinés à établir la bonne tolérance et l’efficacité du vaccin, seront nécessaires avant d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché qui permettra d’administrer le vaccin de manière plus large à des patients atteints de cancer.
Photo : l’équipe de recherche à l’origine du projet MAG-Tn3 : Richard Lo-Man*, Sylvie Bay** et Claude Leclerc* (*unité Régulation immunitaire et vaccinologie, ** unité de Chimie des Biomolécules.
Des candidats-vaccins contre le cancer du col de l'utérus et le mélanome
L’équipe a ces dernières années, en collaboration avec d’autres unités de l’Institut et la société Genticel, développé un vecteur vaccinal particulièrement performant, utilisé dans la mise au point de deux candidat-vaccins thérapeutiques dirigés respectivement contre le cancer du col de l’utérus et le mélanome. Ces deux projets ont reçu l'autorisation d'entrer en essai clinique de phase I.
- En savoir plus : voir « Vers un vaccin thérapeutique contre le cancer du col de l'utérus ».
- En savoir plus : lire notre fiche d'information sur les papillomavirus