Dossiers de presse

Le paludisme : une priorité pour la santé publique mondiale

Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes en Afrique et entre 1 et 3 millions de personnes par an, selon les estimations de l'OMS. Deux milliards d'individus, soit 40% de la population mondiale, sont exposés et on estime à 500 millions le nombre de cas cliniques survenant chaque année. Les moyens de lutte existants sont les médicaments antipaludiques et la lutte contre les moustiques vecteurs du parasite Plasmodium. Mais la situation est d'autant plus préoccupante que depuis plusieurs années, les parasites développent des résistances aux médicaments, et que les moustiques développent des résistances aux insecticides. Aucun vaccin n'est aujourd'hui disponible.

De nombreuses équipes de l’Institut Pasteur se consacrent au paludisme. Outre la recherche vaccinale, plusieurs équipes mènent des travaux plus fondamentaux tant sur l’homme que sur le parasite Plasmodium et son vecteur, le moustique Anophèle. De telles recherches sont indispensables si l'on veut, à terme, trouver de nouveaux moyens de lutte contre le paludisme.


Vers un vaccin ?

Une vaste étude immuno-épidémiologique vient de confirmer l'intérêt d'un candidat-vaccin contre le paludisme, nommé MSP3, en développement à l'Institut Pasteur. Elle montre que les anticorps dirigés contre cette molécule et produits par les sujets exposés sont étroitement associés à la protection contre la maladie, et ce y compris chez le jeune enfant. Ces résultats, qui confirment ceux des premiers essais cliniques, apportent l'espoir de pouvoir induire, dès le jeune âge, une bonne protection contre le paludisme. Deux essais de phase Ib, en zone d’endémie, sont en cours au Burkina-Faso et en Tanzanie. Il faudra attendre l’essai de phase II pour vérifier l’efficacité vaccinale de MSP3 (voir notre communiqué du 13/11/07)

 


Le parasite dévoile ses ruses

 

Une autre équipe de l'Institut Pasteur a dévoilé un subtil mécanisme utilisé par le parasite pour échapper au système immunitaire lors d'une étape cruciale de son cycle chez l'hôte mammifère. Réalisée grâce à des techniques d'imagerie in vivo qui permettent de suivre le parasite en temps réel dans l'organisme, cette découverte pointe des cibles thérapeutiques nouvelles (voir notre communiqué du 1/09/06)


Etudier les moustiques vecteurs

Deux plateformes, le Centre de Production et d’Infection des Anophèles, et le Laboratoire de transgenèse de Plasmodium falciparum, ont de plus été créées ces dernières années pour faciliter l’étude du parasite et du moustique vecteur. Une nouvelle unité de recherche Génétique et génomique des Insectes vecteurs vient d’être créée, sous la responsabilité du Professeur Kenneth Vernick.

Par ailleurs, l'Institut Pasteur coordonne un important programme européen, nommé Biomalpar, qui regroupe 17 instituts de recherche et universités de 7 pays d'Europe et des partenaires dans 3 pays d'Afrique (Mali, Soudan, Ouganda).