Dossiers de presse

Budget et besoins de financement de l'Institut Pasteur

Le budget courant de l’Institut Pasteur est passé de 2002 à 2008 de 180 à 230,5 M€, soit une croissance annuelle de 4,3%, pour un effectif globalement stable de 2650 personnes. L’Institut doit faire face, comme tous les acteurs mondiaux de la recherche, à un renchérissement sensible du coût de sa recherche. En effet, la compétition mondiale impose une revalorisation des rémunérations des chercheurs (par ailleurs tout à fait justifiée) pour être en capacité de continuer à attirer les meilleurs chercheurs à l’international. Autres sources d’augmentation des coûts : les évolutions technologiques, avec des équipements de plus en plus chers, et les exigences réglementaires qui se sont considérablement alourdies pour suivre les différentes étapes de validation de toute innovation thérapeutique.

Le budget pour 2008 est notamment marqué par le financement de huit nouvelles structures de recherche (unités et groupes à cinq ans, sélectionnés dans le cadre d’appels d’offre internationaux), signe du dynamisme de l’institut pour renouveler ses thématiques de recherche, et le démarrage de la construction du nouveau centre de recherche sur la biologie intégrative des maladies émergentes.


Fondation privée à but non lucratif, l’Institut Pasteur a toujours veillé à un équilibre de ses différentes sources de financement, gage de son indépendance. Près d’un tiers de son budget vient de ses ressources propres, issues d’une politique très active de valorisation de sa recherche : fort d’un portefeuille de plusieurs milliers de brevets, l’Institut cède des licences à l’industrie pharmaceutique mondiale, développe des contrats de recherche partenariale avec les entreprises et créé des start-up dans les biotechnologies, avec plus de 150 emplois créés depuis 10 ans.

Un tiers des coûts de la recherche est pris en charge par les pouvoirs publics, au travers d’un soutien du ministère de la recherche, mais également, de plus en plus, au travers d’aides sur projets venant de l’Union Européenne, de l’Agence Nationale de la Recherche, ou encore du ministère de la santé. Enfin, le solde provient des produits financiers du patrimoine de la fondation et, surtout, du soutien de nos donateurs, qui constitue depuis l’origine de l’Institut un élément essentiel de son budget.

Pour maintenir son rang parmi les instituts de recherche les plus performants du monde, et mener à bien ses grands projets au service de la santé dans le monde, l’Institut Pasteur a besoin de développer davantage ses ressources issues du mécénat, auprès de donateurs individuels, entreprises et fondations, à l’image de ce qui se passe depuis plusieurs décennies aux Etats-Unis. En ce sens, une première campagne radiophonique de collecte de fonds a été engagée en mai dernier, dénommée le Pasteurdon, et une campagne internationale sera être lancée l’année prochaine, à l’occasion du 120 ième anniversaire de l’Institut, afin de collecter au moins 17 millions d’euros pour le financement du nouveau centre de recherche sur la biologie intégrative des maladies émergentes.

La répartition des moyens consacrés aux différentes thématiques de recherche apparaît dans le graphique ci-dessous. Les moyens progressent notamment dans le domaine de la virologie, autour des nouvelles émergences virales, en lien avec les travaux menés dans les instituts du réseau international. Par ailleurs, il convient de noter l’importance des thématiques en biologie fondamentale, dans les domaines de la génétique, de l’immunologie, de la biologie du développement et des neurosciences, dont les acquis seront mobilisés pour développer des innovations thérapeutiques afin de lutter contre les pathologies qui se développent dans le cadre du vieillissement des populations, en particulier dans le domaine du handicap sensoriel et des maladies neurodégénératives.