Syndrome de Sanfilippo

Le syndrome de Sanfilippo est une maladie neurodégénérative rare, incurable, et d’origine génétique. Les premiers signes débutent dès l’enfance et aboutissent à une mort prématurée au début de l’âge adulte. Les enfants atteints présentent un retard mental et un handicap physique qui s’intensifient avec la progression de la maladie.

La maladie

Le syndrome de Sanfilippo est la conséquence d’une accumulation de molécules appelées mucopolysaccharides dans plusieurs tissus de l’organisme. En raison d’une mutation génétique qui occasionne une déficience enzymatique, le corps ne parvient plus à les éliminer et leur présence devient toxique, notamment pour le cerveau.

Les premiers symptômes de la maladie, agressivité, hyperactivité, troubles du sommeil et mouvements brusques involontaires, apparaissent entre 3 et 6 ans. Par la suite, l’atteinte neurologique entraîne une déficience intellectuelle et une réduction des capacités motrices qui aboutissent à la perte d’autonomie vers l’âge de 10 ans. Une légère dysmorphie faciale, caractérisée par un élargissement de la base du nez, est également constatée. La dégénérescence nerveuse, progressive, provoque le décès prématuré entre 20 et 30 ans.

Epidémiologie

La maladie de Sanfilippo étant sous diagnostiquée, il est difficile d’en établir la prévalence avec certitude. Néanmoins, les chiffres les plus récents situent le nombre de naissances concernées entre 1 et 3 sur 100 000 selon le pays étudié. En France, une étude réalisée entre 1990 et 2006 a établi le chiffre de 0,68 cas sur 100 000 naissances.

Quatre sous-types – A, B, C et D – ont été recensés pour la maladie de Sanfilippo. Ils correspondent chacun à une déficience enzymatique différente. D’après les études européennes menées à ce jour, le sous-type A est majoritaire dans le nord de l’Europe, tandis qu’au sud, c’est le B qui est prédominant.

Selon le sous-type diagnostiqué, la sévérité et la progression des symptômes sont variables. En revanche, pour chacun d’entre eux, le mode de transmission des parents à l’enfant est le même. Il est dit autosomique récessif : un enfant a des risques d’être atteint si les deux parents sont porteurs d’une mutation génétique responsable de la maladie.

Traitement et prise en charge

Aucun traitement curatif n’a été validé pour la maladie de Sanfilippo. Cependant, des essais de thérapie génique pour les sous-types A et B sont programmés chez l’homme dans les années à venir (voir paragraphe À l’Institut Pasteur). Ces essais ont pour but de supprimer la déficience enzymatique responsable de la maladie en apportant l’enzyme manquante via un vecteur de type viral. Pour le moment, aucun recours ne permet de retarder l’issue fatale de maladie. Cependant, pour améliorer la qualité de vie des patients et des familles, des prises en charges multidisciplinaires sont délivrées. Il est possible de prévenir et d’atténuer certains des symptômes de la maladie, notamment les troubles du comportement qui font l’objet de traitements médicamenteux. Concernant les défauts de motricité et les troubles moteurs, les enfants suivent des séances avec un personnel paramédical spécialisé.

A l'Institut Pasteur

Le département Neuroscience abrite l’unité mixte Institut Pasteur/Inserm Rétrovirus & Transfert Génétique, dont les recherches portent sur plusieurs maladies neurodégénératives. Dirigée par Jean-Michel Heard, cette unité a mis au point en juillet 2011 le premier modèle de neurone humain pour la maladie de Sanfilippo. Ce modèle constitue un outil de choix pour étudier les mécanismes cellulaires à l’origine de la maladie et ainsi identifier des axes thérapeutiques. Le procédé employé par les chercheurs, qui fait intervenir des cellules souches, pourrait aussi être appliqué pour modéliser d’autres maladies, en particulier neurodégénératives.

L’Institut Pasteur est également promoteur d’un essai de thérapie génique. Ce dernier doit débuter au début de l’année 2012 et concerne le sous-type B de la maladie.
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Aout 2011