Musée des Applications de la Recherche
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Le Musée des Applications de la Recherche se trouve dans un domaine de 68 hectares, le domaine de Villeneuve-l’Etang, sur la commune de Marnes-la-Coquette.
Occupé par les soldats de Napoléon III, le bâtiment dans lequel a été installé le Musée s’appelle le Pavillon des Cent Gardes.
Après la chute de l’Empire, Villeneuve-l’Etang devient domaine public en 1878 : affecté au Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux Arts, il est attribué à Louis Pasteur en 1884 pour lui permettre de poursuivre ses travaux sur la rage.
Ses recherches, déjà très avancées, impliquent la mise en expérience de nombreux lapins et chiens : les animaleries de la rue d’Ulm sont saturées, les chiens gênent le voisinage.
Le bâtiment des Cent Gardes retenu par la Commission de la rage nécessite d’énormes travaux qui seront réalisés grâce à la somme de 80 000 F accordée à Pasteur.
On y aménage des laboratoires, une réserve d’animaux, et, dans les chambres des Cent Gardes, un appartement pour Pasteur dans lequel aujourd’ hui se trouve ce Musée.
A l’époque, Pasteur fait le projet d’y installer son « Institut ». Mais en fait, grâce à une souscription internationale, un terrain sera acheté rue Dutot à Paris et l’Institut Pasteur sera inauguré quelques années plus tard, en 1888.
Villeneuve devient alors « l’annexe », où Pasteur, chaque été, peut profiter de son pied-à-terre et des frondaisons du parc.
C’est là qu’il meurt le 28 septembre 1895 à 16h40. La chambre a été conservée.
Fondateur de la microbiologie, après avoir démontré la complicité du « terrain » devant la maladie, entamé une lutte incessante pour le respect de l’hygiène, il voulut pour prévenir « faire de l’agent de la maladie, l’agent de la guérison ».
Autour de Pasteur, un petit nombre de disciples, grâce à la doctrine triomphante, bouleverse la médecine et ouvre l’ère pasteurienne qui ne cesse de s’enrichir depuis plus de 100 ans.
Le Musée des Applications de la Recherche retrace cette lutte contre les maladies infectieuses à l’aide de photographies, de documents originaux, de matériels venant des collections du Musée Pasteur, enrichies d’un don important de la famille de Gaston Ramon.
A travers les travaux de Roux, Yersin, Calmette sont abordés l’histoire de la sérothérapie (antidiphtérique, antitétanique, antivenimeuse) et la production des sérums.
Les travaux de Ramon sont bien évidemment à l’honneur, qu’il s’agisse notamment des anatoxines, de la notion de substances susceptibles de renforcer l’immunité ou encore des vaccinations associées. Son bureau et quelques uns de ses instruments évoquent le chercheur.
L’oeuvre des pasteuriens au cours du siècle écoulé fut considérable dans de nombreux domaines : la lutte contre la peste, le typhus, le paludisme, la tuberculose, la maladie du sommeil, la fièvre jaune, le choléra, la poliomyélite, l’élucidation du rôle des vecteurs dans de grandes maladies tropicales, les premiers essais de chimiothérapie, la découverte de l’action anti-infectieuse des sulfamides - les antibiotiques n’existaient pas encore - et des sulfones (première arme efficace contre la lèpre)...
L’épopée des pasteuriens qui essaimèrent dans le monde pour apporter leur concours à l’amélioration de la santé publique et fonder des Instituts Pasteur est, elle aussi abordée.
L’actualité de la recherche pasteurienne est évoquée par des exemples de recherches et d’applications concernant l’hépatite B, la paludisme, le SIDA, la lutte biologique contre les insectes.
Toute application en faveur de la santé publique est précédée de travaux importants en amont, ce qu’on appelle « la recherche fondamentale ». La renommée internationale de l’Institut Pasteur est due non seulement aux retombées de ses recherches mais aux avancées qu’il a permises dans la connaissance.
Le Musée présente les grands thèmes de recherche actuels : exploration des mécanismes normaux et pathologiques du système immunitaire, de la transmission de l’influx nerveux, de l’étude de la différenciation cellulaire, ou des travaux qui visent, dans le cadre des biotechnologies, à exploiter des micro-organismes, au bénéfice de la santé ou de l’agriculture par exemple.
Le Musée a été conçu de telle sorte que les informations soient accessibles à un large public. Il montre comment les pasteuriens ont été présents au cours du siècle passé et comment ils s’engagent dans le nouveau siècle.