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Des pasteuriens à leur microscope

De nombreux pasteuriens ont été portraiturés ou photographiés dans leur laboratoire, posant près de leur microscope. Nous en présentons ici une quarantaine. Cette approche des chercheurs, dont le fonds iconographique du Musée Pasteur a fourni le prétexte, propose de redécouvrir ou découvrir leurs parcours et leurs contributions. La présente exposition n’a pas l’ambition d’être exhaustive, puisque ce sont les collections même qui ont imposé le choix des portraits. On rencontrera des pasteuriens célèbres, d’autres moins connus.

Ce voyage à travers des vies au service de la santé, passionnées de microbiologie, montre les origines et les formations variées des premiers pasteuriens.

 

Émile DUCLAUX (Aurillac 1840 - Paris 1904)

Elève de l’Ecole normale supérieure et agrégé de Sciences physiques, Emile Duclaux est admis en 1862 comme préparateur dans le laboratoire de Pasteur.

Il collabore avec Pasteur à ses études sur les vers à soie et sur la bière.

En janvier 1887, il fonde les " Annales de l’Institut Pasteur " dont il dirige la publication.

Professeur à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand puis à celle de Lyon, enfin à celle de Paris.

Le cours de chimie qu’il professait à la Sorbonne est transféré à l’Institut Pasteur.

Son œuvre scientifique fort diverse : agriculture, bactériologie, chimie, étude des vins et du lait, médecine, physique, souligne son savoir encyclopédique. Il se distingue également comme un grand hygiéniste.

Après la mort de Pasteur en 1895, il prend la direction de l’Institut Pasteur qui ne cesse de grandir.

En 1898, il participe à la défense du capitaine Dreyfus. Il est l’un des fondateurs de la Ligue des droits de l’homme et du citoyen dont il sera vice-président.

 
 

Élie METCHNIKOFF (Ivanovka, Ukraine 1845 - Paris 1916)

Après des études de sciences naturelles, Elie Metchnikoff entreprend un voyage d’étude de trois ans en Europe. Il soutient sa thèse à Saint Pétersbourg et est nommé professeur à Odessa.

En 1882, à Messine, il fait sa plus grande découverte, le phénomène de la phagocytose.

En 1888, il quitte la Russie pour Paris où Pasteur lui confie la direction du service de Microbie morphologique dans son nouvel institut.

Les 28 années passées à l’Institut Pasteur sont consacrées à l’étude de trois sujets principaux : la théorie phagocytaire et le problème de l’immunité ; les maladies infectieuses et le microbisme intestinal ; la vieillesse et " l’orthobiose ".

Son influence intellectuelle marquera de nombreux chercheurs formés dans son laboratoire.

En 1904, il devient sous-directeur de l’Institut Pasteur.

En 1908 , il partage le prix Nobel de Médecine avec Ehrlich pour " ses découvertes sur l’immunité " (découverte de la phagocytose et de l’immunité cellulaire).

 

 

Émile ROUX (1853 - 1933)

Etudiant en médecine à Clermont-Ferrand, puis élève d’ Emile Duclaux, il entre en 1878 comme préparateur au laboratoire de Pasteur, à l’Ecole normale supérieure.

C’est là qu’il participe à l’élaboration du vaccin contre le charbon par atténuation de la bactéridie charbonneuse puis à celle du vaccin contre la rage par atténuation du virus rabique.

Ses études personnelles sont réalisées entre 1887 et 1895.

En 1889, avec Alexandre Yersin, il isole, à partir du bacille diphtérique, la première toxine bactérienne, puis étudie les antitoxines.

Ces travaux aboutiront, dés 1892, à la mise au point de la sérothérapie antidiphtérique puis antitétanique. En 1889, il inaugure le premier cours de microbiologie dit de " microbie technique ".
Avec Louis Martin, Émile Roux conçoit le plan de l’Hôpital de l’Institut Pasteur, inauguré en 1900, sur le principe de l’isolement du malade contagieux.

Sous-directeur de l’Institut Pasteur depuis 1895, Émile Roux devient directeur de l’Institut Pasteur en 1904 jusqu’à sa mort en 1933.

C’est pendant cette période souvent difficile (guerre de 14-18), que l’Institut Pasteur devient le lieu de la mise au point, par de grands biologistes (Calmette, Guérin, Ramon, etc.), d’importants vaccins (tuberculose, diphtérie , etc.).


 

Paul-Louis SIMOND (Beaufort-sur-Gervanne, Drôme 1858 Valence - 1947)

Médecin de la Marine, puis médecin des Troupes coloniales, Paul-Louis Simond participe à de nombreuses missions en Guyane, en Indochine, en Chine.

En 1895, il suit le cours de microbiologie à l’Institut Pasteur et travaille dans le laboratoire de Metchnikoff.

En 1898, envoyé aux Indes anglaises, il réalise l’expérience capitale démontrant le rôle de la puce du rat dans la transmission de la peste.

Après avoir assuré la direction de l’Institut Pasteur de Saigon pendant deux ans, il participe à des missions d’études de la fièvre jaune au Brésil et en Martinique, avec Marchoux et Salimbeni.

Il sera également professeur de bactériologie et directeur de l’Institut Impérial de bactériologie de Constantinople.

En 1914, il repart en Indochine. Retiré à Valence dès 1919, il se consacre aux œuvres sociales de sa ville en créant une pouponnière et un dispensaire antituberculeux.

 

 

Maurice NICOLLE (Rouen 1862 - Paris 1932)

Après son internat des hôpitaux, Maurice Nicolle entre à l’Institut Pasteur au laboratoire de Emile Roux en 1890. Avec Victor Morax, il précise les méthodes de coloration bactérienne.

En 1893, il est nommé directeur de l’Institut de Microbiologie de Constantinople pour lutter contre une épidémie de choléra et mener des recherches sur d’autres maladies. De son étude sur la peste bovine, il tire deux faits importants, la filtrabilité du virus et la notion de " microbe de sortie ", dans ce cas, la piroplasmose des bovidés.

Il crée pour les médecins et les vétérinaires turcs un cours de microbiologie sur le modèle de celui du docteur Roux à Paris.

Il rejoint l’Institut Pasteur en 1902, où il étudie toutes les branches de la microbiologie. Sa collaboration avec Félix Mesnil, ouvre l’ère de la chimiothérapie des trypanosomiases.

 

 

Albert CALMETTE (Nice 1863 - Paris 1933)

Médecin du service de Santé de la Marine, Albert Calmette séjourne au Gabon puis à Saint-Pierre-et-Miquelon.

A la demande de Pasteur, il fonde à 27 ans, l’Institut Pasteur de Saigon, destiné à la préparation du vaccin antivariolique et du vaccin antirabique. Parallèlement, il étudie le choléra et la dysenterie et entreprend des recherches sur les venins.

L’Institut Pasteur de Lille, dont il devient directeur, conçu selon ses plans est inauguré en 1899. Il y entreprend des travaux sur l’ankylostomiase et l’épuration biologique des eaux usées.

La lutte contre la tuberculose domine alors son œuvre par des actions sanitaires et sociales (dispensaires, Œuvre Grancher, conférences…), puis par l’étude du bacille de la maladie.

En collaboration avec Camille Guérin, après 13 ans d’expériences, il met au point en 1921 un vaccin antituberculeux, le BCG.

Nommé sous-directeur de l’Institut Pasteur en 1919, il prend possession, en 1931, d’un vaste service où sont développées les études sur la tuberculose

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Jean CANTACUZÈNE (Bucarest 1863 - 1934)

Né à Bucarest, il poursuit en France des études de médecine et de sciences naturelles. Accueilli en 1892 à l’Institut Pasteur dans le laboratoire de Metchnikoff, il étudie l’immunologie pendant 8 ans.

Ses expériences contribuent à la connaissance de l’immunité humorale et à la découverte de l’immunité de contact.

Il est rappelé en Roumanie en 1902 pour occuper la chaire de pathologie expérimentale à la Faculté de médecine de Bucarest.

Il organise l’application à grande échelle de la vaccination antityphoïdique et anticholérique dans les armées roumaines puis celle du BCG.

En 1924, il prend la direction d’un nouvel institut construit à Bucarest sur le modèle de l’Institut Pasteur et qui porte son nom.

 

 

Auguste-Charles MARIE (Bayeux 1864 - Paris 1935)

Interne des hôpitaux, Auguste-Charles Marie soutient sa thèse de médecine sur le cancer et entre à l’Institut Pasteur en 1894.

En 1899-1900, il remplit les fonctions de chef du Service antirabique à l’Institut de Microbiologie de Constantinople, alors dirigé par Maurice Nicolle.

De retour à Paris, il consacre son activité à l’étude de l’action de la toxine tétanique sur le système nerveux, de la vaccine et de la tuberculose. Avec Jean Cantacuzène, il étudie les entérites expérimentales à vibrions cholériques. Mais l’essentiel de son œuvre reste ses travaux sur la rage. Ses recherches aboutiront à la mise au point de nouveaux procédés de vaccination antirabique, notamment un vaccin à partir de moelles virulentes de cinq jours.

 

 

Victor MORAX (Morges, Suisse 1866 - Paris 1935)

D’origine suisse, Victor Morax étudie la médecine à Paris en 1886. Dès la fondation de l’Institut Pasteur, il travaille dans le laboratoire d’Emile Roux.

En 1903, il prend la direction du service d’ophtalmologie de l’hôpital Lariboisière mais poursuit régulièrement ses études à l’Institut Pasteur, qu’il rejoindra définitivement en 1929.

Créateur de la microbiologie oculaire, son nom reste attaché à la découverte des bactéries des conjonctivites. L’un des premiers, il tente l’étude expérimentale du trachome. Dans le laboratoire de Calmette, il se consacre à l’étude expérimentale des tuberculoses oculaires.

L’ensemble de ses travaux met au premier plan l’ophtalmologie française.

 

 

Charles NICOLLE (Rouen 1866 - Tunis 1936)

Charles Nicolle termine ses études de médecine à Paris en 1893 et suit le cours de microbiologie à l’Institut Pasteur en 1892.

En 1902 il succède à Adrien Loir (neveu de Pasteur) à la direction de l’Institut Pasteur de Tunis où il restera toute sa vie.

Son œuvre est marquée par des découvertes capitales concernant l’épidémiologie, la prévention et l’étude de nombreuses maladies infectieuses, telles le typhus, la spyrochétose, la coqueluche, la syphilis, le paludisme. On lui doit la découverte de l’agent de la toxoplasmose et la mise au point de la culture du parasite de la leishmaniose.

Il reçoit le prix Nobel de Médecine en 1928 pour sa contribution majeure, la découverte du rôle du pou dans la transmission du typhus, et ses travaux sur le typhus.

En 1932, il succède à d’Arsonval au Collège de France.

 

 

Jean BINOT (Saint-Mandé 1867 - Paris 1909)

Reçu à l’Internat de médecine en 1892, Jean Binot entre à l’Institut Pasteur en 1896, comme préparateur d’Emile Roux. Il crée la Collection microbienne qu’il dirige, entretient et augmente jusqu’à sa mort. Cette collection de tous les microbes connus, outil de travail indispensable à l’enseignement et à la recherche, est mise libéralement à la disposition des pasteuriens et des bactériologistes de tous les pays.

Devenu membre du Conseil supérieur d’Hygiène de France, il met en place des contrôles rapides et peu onéreux des nouveaux appareils destinés à la désinfection.

 

 

Amédée BORREL (Cazouls-lès-Béziers 1867 - Cazouls-lès-Béziers 1936)

Licencié ès Sciences naturelles et docteur en Médecine à la Faculté de Montpellier, Amédée Borrel entre en 1892 dans le laboratoire d’Elie Metchnikoff à l’Institut Pasteur. Il publie ses premiers travaux sur la tuberculose.

A partir de 1895, il rejoint le service de Microbie technique d’Emile Roux.

La majeure partie de son œuvre est consacrée à l’étude de certains cancers (cancer expérimental, recherche d’un agent de transmission du virus, recherche de cellules réceptrices) qui en fait l’un des pionniers de la théorie virale du cancer.

En 1919, désigné à la direction de l’Institut d’hygiène et de bactériologie de Strasbourg, il poursuit ses recherches sur l’étiologie et le traitement de certains cancers.

 

 

A. Taurelli SALIMBENI (Acquapendente, Italie 1867 - 1942)

Alexandre Salimbeni poursuit ses études de médecine à Sienne puis y enseigne l’anatomie pathologique.

Il arrive au laboratoire de Metchnikoff à l’Institut Pasteur en 1895, l’année de la mort de Pasteur. Il y sera successivement préparateur, chef de laboratoire, chef de service.

Il effectue des missions au Portugal (1899), avec Calmette pour étudier l’épidémie de peste ; au Brésil (1901) avec Marchoux et Simond pour l’étude de l’étiologie et de la prophylaxie de la fièvre jaune. En Russie, il accompagne l’expédition organisée par Metchnikoff pour étudier le choléra à Moscou, la tuberculose et la peste dans les steppes.

Durant la guerre de 14-18, à la demande de Roux, il fonde le premier service des Vaccins. Ce service a pu répondre aux demandes considérables, pendant les deux guerres, en fournissant les doses nécessaires pour la vaccination de l’Armée.



 

Edouard DUJARDIN - BEAUMETZ (1868 - Nantes 1947)

Etudiant en médecine, Edouard Dujardin-Beaumetz entre à l’Institut Pasteur en 1897. Il allait y demeurer pendant 43 ans. Travailleur bénévole, puis préparateur du cours de microbiologie, ses maîtres sont Emile Roux et Amédée Borrel.

Après une thèse sur la péripneumonie des bovidés (1900), il devient chef du laboratoire de la Peste. Pendant la guerre de 1914-1918, il assure la fabrication de milliers de doses de sérums et de vaccins anti-pesteux. Il contribue également, par une judicieuse prophylaxie, à enrayer l’épidémie de peste à Paris en 1920.



 

Alexandre BESREDKA (Odessa 1870 - Paris 1940)

Etudiant de la Faculté des sciences d’Odessa, Alexandre Besredka vient à l’Institut Pasteur en 1893, rejoindre Elie Metchnikoff auquel il succède en 1918.

Il soutient sa thèse de doctorat en médecine à Paris en 1897.

De 1905 à 1914, il effectue des travaux sur les endotoxines.

Durant la guerre de 14-18 il est chargé de laboratoires de bactériologie des Armées.

Ses expériences l’amènent à élaborer l’idée d’une immunité locale : " Chaque virus a son organe et chaque organe a son virus ". Il préconise alors la vaccination locale. Son nom reste également attaché à l’ " antianaphylaxie ", méthode de désensibilisation contre le très grave choc anaphylactique.

En 1921, il publie l’ " Histoire d’une idée " consacrée à l’œuvre de Metchnikoff.

 

 

Jules BORDET (Soignies, Belgique 1870 - Bruxelles 1961)

Après des études de médecine, Jules Bordet est accueilli dans le laboratoire de Elie Metchnikoff où il contribue à la connaissance des mécanismes de l’immunité.

Il peut être considéré comme l’un des fondateurs de l’immunologie dite " humorale ".

Ses recherches le conduisent à établir les règles de la sérologie qui auront d’importantes applications pour le diagnostic, en particulier la méthode dite de " déviation du complément " appliquée au diagnostic de la syphilis (réaction de Bordet-Wassermann).

En 1901, il quitte l’Institut Pasteur pour fonder et diriger l’Institut Provincial de Sérothérapie et de Bactériologie du Brabant. Son œuvre scientifique se poursuit par la découverte de plusieurs microbes dont celui de la coqueluche, Bordetella pertusis, celui de la diphtérie aviaire, et celui de la péripneumonie des bovidés.

Il reçoit le prix Nobel de Médecine en 1919 " pour ses découvertes concernant l’immunité " (mise en évidence du rôle des anticorps et du complément).



 

Charles TRUCHE (Arpajon 1871 - Saint-Brévin-les-Pins 1951)

Diplômé de l’Ecole vétérinaire d’Alfort en 1893, Charles Truche pratique la médecine vétérinaire à Paris pendant une quinzaine d’années.

En 1909, il suit le cours de microbiologie de l’Institut Pasteur, et entre dans le service de Maurice Nicolle où il entreprend des travaux sur les toxines puis sur le pneumocoque. En 1919, il met au point un sérum antipneumococcique.

Pendant la guerre il est nommé vétérinaire capitaine au laboratoire antityphoïdique de l’armée puis au service de Sérothérapie à Alfort.

De retour dans le service des Vaccins vétérinaires de l’Institut Pasteur aux côtés de M. Staub, il se consacre particulièrement à la préparation des vaccins contre les nouvelles maladies épizootiques et en assure le diagnostic.



 

Charles DOPTER (1873 - 1950)

Médecin militaire agrégé en 1904, il dirige ensuite le Service des contagieux et le laboratoire du Val-de-Grâce .

Appelé en 1910 par Roux, Dopter, tout en faisant face à ses obligations militaires, consacre une grande partie de son activité à l’Institut Pasteur. Ses recherches porteront essentiellement sur la dysenterie et la méningite cérébro-spinale.

Il rédige avec Saquépée un " Précis de bactériologie " qui a longtemps servi de livre de base. Durant la guerre de 14-18 il organise la prophylaxie des maladies contagieuses en créant avec Roux et Vaillard " les Laboratoires d’Armée ".

Il est aussi l’un des organisateurs de la lutte contre les gaz de combat.

 

 

Constantin LEVADITI (Galati, Roumanie 1874 - Paris 1953)

Etudiant en médecine à Bucarest, Constantin Levaditi passe sa thèse de doctorat à Paris en 1902.

À partir de 1900, il travaille à l’Institut Pasteur dans les laboratoires de Roux et Metchnikoff. Son œuvre scientifique est entièrement consacrée à l’étude des micro-organismes pathogènes. Il établit une classification systématique des maladies à virus et montre avec Landsteiner que la poliomyélite est due à un virus filtrable. Il est l’un des fondateurs, avec Amédée Borrel, de l’école pasteurienne de virologie.

En 1932, Levaditi est nommé directeur de l’Institut Alfred Fournier créé à Paris où il dirigera les travaux jusqu’à la fin de sa vie.

Grâce à la découverte de la pénicilline, il réalise des études systématiques sur l’action des antibiotiques sur la syphilis.

 

 

Edmond SERGENT (Skikda, Algérie 1876 - Andilly 1969)

Edmond Sergent entre en 1900 à l’Institut Pasteur. Son frère Etienne (1878-1948) le rejoint en 1902.

Les deux frères créent la mission permanente de l’Institut Pasteur en Algérie de 1900 à 1910.

En 1910 Edmond Sergent est nommé directeur du nouvel Institut Pasteur d’Alger créé par Albert Calmette. Il le restera jusqu’en 1963.

Les méthodes prophylactiques issues de ses travaux permettent le recul du paludisme sur le territoire algérien.

Il étudie l’étiologie et la transmission de la fièvre récurrente invoquant le rôle du pou ; il découvre le trypanosome de la maladie des dromadaires et découvre des rickettsies dans le contenu intestinal du pou infecté de typhus.

 

 

René LEGROUX (1877 - Paris 1951)

Elève d’Emile Roux , René Legroux devient préparateur bénévole à l’Institut Pasteur en 1904 puis assure la direction de l’enseignement. Il se consacre alors au laboratoire de Microbie technique jusqu’à sa mort.

Dès 1914, il dirige l’organisation des laboratoires mobiles d’armée. Parallèlement, il entreprend la fabrication massive du vaccin typhoïdique pour les besoins de l’Armée et de la population civile.

En 1917 il organise la mission française antipaludique en Orient.

En 1935, il met au point le sérum antibotulique.

Passionné de la tradition pasteurienne, Legroux réunit tous les souvenirs scientifiques laissés par Pasteur dans ses laboratoires successifs : appareils, microscopes, flacons encore remplis, etc. présentés depuis au Musée.

 

 

Joseph MAGROU (Béziers 1883 - Paris 1951)

Licencié ès Sciences naturelles en 1913, docteur en Médecine en 1914 puis docteur ès Sciences en 1921, Joseph Magrou entre dès 1910 comme boursier à l’Institut Pasteur. Il a pour maîtres Emile Roux, Amédée Borrel, Charles Nicolle. Il est successivement préparateur, chef de laboratoire, chef du service de Phytopathologie et Mycologie.

Il confirme l’étiologie bactérienne du cancer des plantes et des analogies que cette maladie présente avec le cancer de l’homme et des animaux.



 

Georges BLANC (Vauvert, Gard 1884 - Paris 1963)

Licencié ès Sciences et docteur en Médecine, Georges Blanc se consacre d’abord à la parasitologie.

Dés 1914, il rejoint Charles Nicolle à l’Institut Pasteur de Tunis, où il entreprend l’étude des maladies méditerranéennes.

En 1920, nommé directeur de l’Institut Pasteur d’Athènes, il poursuit notamment des recherches sur l’épidémiologie de la dengue.

En 1932, à la demande d’Emile Roux, il fonde l’Institut Pasteur de Casablanca qu’il dirige pendant 30 ans. L’activité scientifique est particulièrement orientée vers l’étude du typhus. Il met au point le premier vaccin vivant contre le typhus exanthématique.

Entre 1940 et 1945, avec son collaborateur Marcel Baltazard, il mène l’étude complète du mode de transmission de la peste bubonique et établit les règles de prophylaxie de la peste humaine. Il effectuera également des travaux sur les mycétomes et les spirochètes.

 

 

Antoine LACASSAGNE (Villerest, Loire 1884 - Paris 1971)

Après ses études de médecine à Lyon, Antoine Lacassagne entre au laboratoire d’Histologie de Claudius Regaud à l’Institut du Radium créé en 1913 par l’Institut Pasteur et l’Université de Paris. En 1937 il est nommé directeur du laboratoire Pasteur de l’Institut du Radium.

Ses recherches sont essentiellement consacrées à l’étude des actions des radiations sur les organismes vivants et à l’étiologie du cancer, domaines dans lesquels il s’impose comme pionnier.

Nommé en 1941 professeur de Radiologie expérimentale au Collège de France, il occupera, de 1951 à sa retraite en 1954, la chaire de Médecine expérimentale où ses cours sont consacrés à la cancérologie.

 

 

René DUJARRIC de la RIVIÈRE (Excideuil 1885 - Neuilly s/Seine 1969)

Né en Dordogne, René Dujarric de la Rivière poursuit ses études médicales successivement, à Bordeaux, à Lyon et à Paris.

En 1910 il entre comme interne à l’hôpital de l’Institut Pasteur.

Lors de la guerre 1914 - 1918, il reçoit la direction du laboratoire central de l’Armée de la place de Calais.

La grippe reste longtemps un de ses sujets de recherche au cours duquel il démontre la nature filtrable du virus.

Il se consacre également à l’étude des toxines végétales (champignons toxiques). C’est surtout dans le domaine de l’immunité, en particulier de l’étude des groupes sanguins que se situent ses travaux. L’ensemble de ses recherches l’amènent à s’intéresser aux problèmes d’hygiène, notamment en milieu hospitalier.

De 1945 à 1958, il assure les fonctions de sous-directeur de l’Institut Pasteur.

 


 

Jean BABLET ( Quimper 1886 - Paris 1952)

Après avoir étudié la médecine à l’Ecole de Santé navale de Bordeaux, puis à Marseille, Jean Bablet est affecté en Afrique équatoriale française. De 1913 à 1916, il y organise le dépistage de la trypanosomiase. En 1917, il se forme à l’anatomie pathologique dans le laboratoire de A. Pettit à l’Institut Pasteur, puis il part en Indochine.

A l’Institut Pasteur de Saigon, il prend en charge le service des Vaccinations, le laboratoire de Microbiologie clinique et crée un laboratoire d’Anatomie pathologique.

Dès la création de l’Institut Pasteur d’Hanoi en 1926, il en reçoit la direction.

En 1932, il regagne l’Institut Pasteur où il fonde un laboratoire d’Anatomie pathologique qui en 20 ans recueillera plus de 20 000 coupes consacrées à la pathologie tropicale.



 

Gaston RAMON (Bellechaume, Yonne 1886- Paris 1963)

Après ses études à l’Ecole vétérinaire d’Alfort en 1907, Gaston Ramon entre en 1910 à l’Institut Pasteur au service des sérums, situé à Marnes-la-Coquette, où il enchaîne des expériences fondamentales.

En 1922, il caractérise le phénomène de floculation et établit une méthode de titrage des sérums in vitro. Il découvre le pouvoir détoxifiant du formol combiné à la chaleur sur la toxine diphtérique. Il l’appelle " anatoxine ". Ce principe est à l’origine d’un nouveau type de vaccin, appliqué à la diphtérie et au tétanos (1923-1924). En 1925, il énonce la méthode dites des substances adjuvantes et stimulantes de l’immunité qui sera la base, un an plus tard, de la pratique des vaccinations associées.

De 1926 à 1944, il dirige l’annexe de l’Institut Pasteur de Marnes-la-Coquette où il développe ses recherches sur l’immunité : anavirus, ana-ferments, séro-anatoxivaccinations, etc.

Pendant un an, en 1940, il assure la direction de l’Institut Pasteur.

Il dirige encore quelques années l’annexe de Marnes et est nommé à la direction de l’Office des Epizooties.

 

 

Georges GIRARD : (Isigny-sur-Mer 1888 - Paris 1985)

Licencié ès Sciences et docteur en Médecine, Georges Girard sort de l’Ecole de Santé navale de Bordeaux en 1913.

En 1922, après un stage à l’Institut Pasteur, il part pour Madagascar où il dirige l’Institut Pasteur de Tananarive jusqu’en 1940. Il y mène de nombreuses recherches liées à la pathologie locale mais son nom reste attaché à ses travaux sur la peste, maladie endémique sur les hauts plateaux de l’île. En 1932, il met au point avec Jean Robic, une préparation vaccinale élaborée à partir d’une souche isolée ayant perdu sa virulence. Les résultats de ce vaccin font rapidement baisser la morbidité de l’épidémie.

Rentré en France en 1940, Georges Girard prend la direction du service de la Peste de l’Institut Pasteur. Il y poursuivra, jusqu’à sa retraite en 1959, ses recherches sur les agents de la peste, de la tularémie, de la pseudotuberculose.



 

Jean LAIGRET (1894 - 1966)

Médecin militaire de Bordeaux, Jean Laigret part à l’Institut Pasteur de Brazzaville où il travaille sur la maladie du sommeil.

Après un séjour à Saigon, il est affecté en 1928 au Sénégal, en pleine épidémie de fièvre jaune. Il assure l’assainissement de la ville de Dakar, et isole, avec A. W. Sellards, une première souche de virus amarile.

Quatre ans plus tard, ils mettent au point un premier vaccin contre la fièvre jaune.

D’autres missions de prévention des maladies infectieuses le conduiront au Soudan, en Espagne et en Chine.



 

Pierre LÉPINE (Lyon 1901 - Paris 1987)

Après ses études de médecine à Lyon, Pierre Lépine entre à l’Institut Pasteur en 1927 comme chef de laboratoire dans le service de Constantin Levaditi.

Directeur de l’Institut Pasteur d’Athènes de 1930 à 1935, il revient à Paris diriger le service de la Rage puis celui des Virus.

A partir de 1947, il se consacre à l’étude épidémiologique de la poliomyélite qui aboutit à la mise au point, à la fin de 1954, d’un vaccin inactivé.

Il étudie également, grâce à la microscopie électronique, la structure de nombreux virus ainsi que les lésions cellulaires qu’ils provoquent.

Passionné d’histoire de la médecine, il fut également conseiller municipal de Paris.

 

 

André LWOFF (Ainay le Château, Allier 1902 - Paris 1994)

Au cours de ses études de sciences et de médecine, André Lwoff commence sa vie scientifique à Roscoff, sous la direction d’Edouard Chatton. Il entre à 20 ans à l’Institut Pasteur, dans le laboratoire de Félix Mesnil.

En 1938, il est nommé chef du service de Physiologie microbienne. Dans le " grenier ", il accueille Jacques Monod, Elie Wollman, Pierre Schaeffer et François Jacob.

Son œuvre scientifique est dominée par deux recherches majeures : d’une part, le statut et le rôle des facteurs de croissance d’où est sortie la notion d’unité de structure et de fonctionnement du monde vivant ; d’autre part, la possibilité pour un virus, le bactériophage, de devenir un constituant génétique de la bactérie-hôte. Ces découvertes font de lui l’un des fondateurs de la biologie moléculaire.

Avec François Jacob et Jacques Monod il reçoit le prix Nobel de Médecine en 1965 " pour leurs découvertes sur la régulation génétique de la synthèse des enzymes et des virus ".



 

Georges HORNUS : (Annecy 1905 - Brienne 1940)

Externe des hôpitaux depuis 1926, Georges Hornus entre à l’Institut Pasteur en 1931 dans le service de Constantin Levaditi pour participer, entre autres recherches, à celles sur la poliomyélite.

Après avoir séjourné à Boston, il est nommé préparateur du cours supérieur de Bactériologie à l’Institut Pasteur et chef de laboratoire. Mobilisé en 1939 dans un laboratoire d’armée, il est frappé mortellement en 1940.

 

 

Jacques OUDIN (Dreux 1908 - Paris 1985)

Docteur en Médecine en 1936, et docteur ès Sciences en 1949, Jacques Oudin entre à l’Institut Pasteur en 1937.

En 1944 il est nommé chef du laboratoire d’Immunochimie analytique. Deux ans plus tard, il rédige une note devenue classique où il décrit la méthode d’immunodiffusion des solutions d’antigènes et d’anticorps en milieu gélifié qu’il avait mise au point. Cet outil analytique est l’une des techniques de base de l’immunologie fondamentale et de l’immunologie clinique.

Ses recherches qui aboutiront à la découverte de l’allotypie des immunoglobulines (1956) et à la découverte de l’idiotypie des anticorps (1963) donnent naissance à l’immunologie génétique.