Institut Pasteur / Histoire / Bibliographie sur Louis Pasteur

Bibliographie sur Louis Pasteur

Quelques ouvrages sur la vie et l'œuvre de Pasteur :

Pasteur, une science, un style, un siècle 
Bruno Latour. Éd. Perrin/Institut Pasteur, 1995

Pasteur
Maurice Vallery-Radot. Éd. Perrin, 1994 

Louis Pasteur

Patrice Debré. Ed. Flammarion, 1995

Louis Pasteur, franc-tireur de la science
René Dubos. Éd. La Découverte, 1995 

Louis Pasteur, l’empire des microbes

Daniel Raichwarg. Éd. Découvertes Gallimard, 1995

Pasteur, cahiers d’un savant
Collectif CNRS. Éd. Zulma, 1995

Pasteur, des microbes au vaccin
Annick Perrot et Maxime Schwartz. Ed. Casterman/Institut Pasteur, 1999 

La vie de Pasteur
René Vallery-Radot. Éd. Flammarion ou Hachette *

Oeuvres de Pasteur
réunies et annotées par Louis Pasteur Vallery-Radot. Éd. Masson, 7 tomes, 1939 *

Pasteur, Histoire d’un esprit
Emile Duclaux. Imprimerie Charaire, 1896

Voici la présentation de deux ouvrages consacrés à Louis Pasteur et publiés à l'occasion de l'année Pasteur, en 1995.

 

Pasteur, Une Science, Un Style, Un Siècle

Bruno Latour

 

Voici un siècle disparaissait Louis Pasteur. Ses découvertes bouleversaient fondamentalement la connaissance scientifique et effaçaient les peurs ancestrales éprouvées face aux fléaux épidémiques.

Extrait de la 4e de couverture

Cent ans après sa mort, Louis Pasteur continue de susciter la même admiration qu’au jour de ses funérailles nationales où l’on parlait, sans hésiter, du «siècle de Pasteur». Par l’image et par le texte, cet album s’efforce de renouveler notre regard sur Pasteur et de découvrir d’autres raisons, plus inattendues et plus profondes, d’admirer ses découvertes. Le vinaigre la bière, le lait, les vers à soie, les cristaux, les chiens enragés, les moutons, les porcs, les enfants mordus, les femmes en couches, les égouts, l’eau, l’air, le feu, toute la France semble passer, à un moment ou à un autre, par son laboratoire. Au lieu de séparer son oeuvre scientifique du reste de sa vie et de l’époque où elle s’inscrivait, cet album suit les liens multiples que Pasteur a lui-même établis entre ses travaux et les intérêts de ceux qui en suivaient les péripéties, parfois jour après jour. Le retour dans nos pays riches des épidémies mortelles, comme le sida ou la tuberculose, nous permet de mieux comprendre l’originalité de Pasteur, ce chimiste devenu médecin malgré lui, ainsi que les hésitations de ceux qui se battaient à ses côtés.
Cet ouvrage raconte une autre histoire que celle de la Lumière de la raison en lutte contre l’Obscurité des préjugés. Il met en scène l’épopée d’un laboratoire plongé dans un siècle. Dans un style vif et imagé, il veut faire comprendre au grand public intéressé par Pasteur à la fois une science, un homme d’exception et une époque. L’auteur, professeur à l’École nationale supérieure des mines de Paris, s’est spécialisé depuis vingt ans dans les rapports de la science avec le reste de la culture. Il a écrit de nombreux ouvrages. L’un d’eux, Aramis ou l’amour des techniques, a reçu en 1992 le prix Roberval grand public.

 

Pasteur

Maurice Vallery-Radot
Éditions Perrin
Préface du Professeur Luc MONTAGNIER

 

En cette année 1995, le monde entier rend hommage à la mémoire de Louis Pasteur à l’occasion du centième anniversaire de sa mort Cérémonies officielles, colloques scientifiques, expositions se déroulent sous toutes les latitudes - Journaux et revues, films et émissions télévisées reprennent l’évocation de l’épopée pasteurienne, s’attachant à faire revivre la personnalité du savant dont l’armure reste intacte, malgré quelques inévitables appréciations divergeantes quant aux comportements de l’homme. Pour en savoir plus, les éditeurs nous ont doté en librairie d’ouvrages écrits ou réécrits en cette année Pasteur. De grande qualité pour la plupart, ils méritent d’être lus et relus. Parmi eux, un précédent ouvrage publié par Maurice Vallery-Radot en 1985 aux éditions Favre «Un génie au service de l’homme» est repris et complété par l’auteur, sous le seul titre de Pasteur, aux éditions Perrin. Préfacée par le Professeur Luc Montagnier, la nouvelle biographie, réécrite par le petit neveu de la fille de Pasteur, Conseiller d’État et ami bienveillant de notre association d’anciens élèves. a bénéficié lors de sa rédaction de conseils de notre collègue Bernard Vacher.

Précédé d’un sommaire détaillé qui donne à l’ouvrage un accès facile à des chapitres parfaitement orientés. Le livre ne se lit pas obligatoirement d’une seule traite et permet d’aborder toutes les faces de la personnalité de Pasteur et de son oeuvre.
Si le cheminement des travaux du savant est bien connu et fait l’objet de nombreux rappels dans les discours et propos tenus en cette année Pasteur, il faut savoir gré à l’auteur d’avoir fait place aux précurseurs, savants chimistes, médecins et vétérinaires d’avant garde qui ont conforté dans son élan le savant révolutionnaire. On me pardonnera d’avoir retenu tout particulièrement la qualité des rapports de J.A. Villemin «ce grand médecin militaire» et de Pasteur pour des raisons de science et d’amitié.
Il est tout aussi intéressant de prendre part à la fondation et au financement de l’Institut Pasteur. Les rapports du savant avec l’argent ont peut-être marqué ceux qui devaient prendre sa relève.
Mais à nos yeux, le nouvel ouvrage de Maurice Vallery-Radot brosse plus et mieux encore un portrait intime du savant éclairant d’un jour nouveau certains aspects de ses comportements. Une enfance et une jeunesse édifiantes nous ont toujours préparés à retrouver un homme («trop parfait, trop patriote, trop bon chrétien, trop bon mari, grand père à la barbe fleurie» qui est celui de précédentes biographies. Les retouches apportées à partir de documents intimes et familiaux préservent la statue du savant qui reste un homme patriarche autoritaire mais soucieux de l’avis du conseil de famille, travailleur acharné consacrant plus de quinze heures par jour à son laboratoire, s’imposant une existence cénobitique, secret, peu causant, timide et isolé. Une seule confidente est sûre à ses yeux, Madame Pasteur.
D’une grande tendresse, Pasteur aimait les enfants, non seulement les siens mais tous ceux qui ont traversé sa route. Angoissé, d’une grande franchise et d’une grande sensibilité, il était capable de colères qu’il regrettait vite. Handicapé, hémiplégique à 46 ans, quelques aspects abrupts nous rendent le caractère de l’homme plus humain.
Modeste dans la vie privée, il l’est un peu moins dans la vie publique. «Sans aller au devant des honneurs, il les reçoit avec une satisfaction non déguisée et jamais il ne détourne l’encens qu’on lui destine».
Deux chapitres consacrés à Pasteur Citoyen conservateur et au «Croyant» apportent aussi un éclairage intime sur l’homme, souvent présenté comme le saint laïc de la 3e République.
En fait, pour Maurice Vallery-Radot, le Savant était un citoyen résolument conservateur qui a su évoluer en fonction des données politiques du moment, marqué par le culte napoléonien insufflé par son père, attaché à l’ordre du Second Empire mais qui a su accueillir avec enthousiasme la 2e République et s’accommoder de la 3e. Une petite touche d’opportunisme n’est-elle pas à la mesure de bien des hommes.
Nous découvrons aussi avec le biographe familial un homme encore plus pudique quant à ses sentiments religieux que pour ses options politiques.
Élevé dans la tradition chrétienne, Pasteur fut en fait un étudiant pieux qui abandonne vers 2û ans la pratique religieuse, mais se révèle auprès de son épouse profondément croyante, un père de famille attentif à l’éducation chrétienne de ses enfants. S’il ne fréquente pas régulièrement l’église, il ne se borne pas à prier lorsque la mort visite sa famille, et il entretient des contacts avec des prêtres qui l’aideront à retrouver la voie des sacrements.
Après la mort du savant, on a reproché à sa famille une trop grande discrétion sur les positions religieuses du défunt, mais peut-être l’époque préférait-elle l’image du grand Saint laïc. Pasteur croyait en Dieu, il avait osé le dire, la République l’avait absous.

H.M. Antoine