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Repères chronologiques
Auguste Trillat (1861-1944)
fonds d'archives
 

Chimiste et biologiste français né le 14/02/1861, à Pont de Beauvoisin (Isère, France).
Etudes au petit séminaire de Valence, puis à Genève.
1884 Aide chimiste aux usines de matières colorantes de la Plaine (Suisse), il y prépare du violet hexaméthylé pour lequel il doit produire de l'aldéhyde formique.
1885-1887 Préparateur dans les laboratoires des professeurs Bayer et Loew, à l'Université de Munich (Allemagne), où il poursuit ses travaux sur la préparation industrielle d'aldéhyde formique.
1888 A son retour en France, il publie une brochure sur l'Enseignement de la chimie en Allemagne .
1888 Entre dans le laboratoire de Schützemberger, au Collège de France. Il y met au point, en 1899, un mode de production industrielle d'un produit proche de l'aldéhyde formique qu'il nomme formol , nom qu'il dépose, en 1892, pour bien établir une différence entre le formaldéhyde pur et le mélange de formaldéhyde polymérisé obtenu par son procédé. La fabrication du formol, dont l'intérêt échappe aux maisons françaises, est installée par ses soins, à Höchst en Allemagne, dans les usines Farbwerke Meister Lucius. Tout au long de sa carrière, il va déposer un grand nombre de brevets liés à cette découverte et à ces applications.
1889 Débute des travaux ayant pour but de démontrer que la puissance antiseptique du formol sur divers germes pathogènes (charbon, bacille d'Erberth, bacille de Koch) est supérieure au bichlorure de mercure, utilisé jusque là. En 1896, plusieurs expériences de désinfection de locaux par le formol sont organisées comme à l'Hôpital du Val-de-Grâce, sous la surveillance de L. Vaillard, dans le Laboratoire de bactériologie de Rouen, où l'expérience qui fait l'objet d'un rapport de Ch. Nicolle, à Lille encore, où A. Calmette rédige un rapport qui conclut à l'adoption du système par la ville. D'autres expériences, suivies de conférences, s'enchaînent à Paris, Nancy, Bruxelles et Berlin.
1891 Dépose un brevet sur l'application du formol pour la conservation et le transport de la viande. Peu appliqué en France, il connaît une application importante en Amérique. Un autre brevet concernant l'application du formol à la conservation des pièces anatomiques (animaux, plantes) est déposé la même année.
1893-1894 Met en évidence l'action coagulante du formol sur les matières albuminoïdes et applique cette propriété à la fabrication d'objets en caséine et en gélatine. Les premiers échantillons sont fabriqués dans les laboratoires de la maison Huilliard, à Suresnes. Méconnu en France, l'invention émigre en Allemagne où elle est exploitée sous le nom de galalithe.
1893 Signale que le formol peut se condenser avec les phénols pour donner des matières résinoïdes. Plusieurs de ces résines sont présentées par le chercheur lors de l'Exposition de 1900. Ces recherches, reprises par Bakeland, vont donner naissance à la bakélite.
1894-1908 Devient directeur scientifique de la Maison Adrian et Cie. Monte ou améliore plusieurs fabrications pour cette société pharmaceutique comme la Formine (diurétique mieux connu sous le nom d'Urotropine que lui ont donné les chimistes allemands), l'Arrhénal, le chloroforme anesthésique.
1894 Après avoir mis au point les premiers autoclaves et étuves de désinfection par production de vapeurs de formol, en exploite les brevets, d'abord avec la Maison Adrian et Cie, puis en 1896, avec la Société des Usines du Rhône en créant, à Paris, la Société française de désinfection. Des succursales de la société voient bientôt le jour en France et dans les principales villes d'Europe et d'Amérique, et en quelques années, le nombre de stations sanitaires utilisant des appareils formogènes se chiffre par milliers.
1895 Applique la méthode de désinfection par vapeur de formol à la grande distillerie G. Boulet, à Bapaume, près de Rouen. Après le succès de l'expérience, la stérilisation des salles de fermentations dans les brasseries par ce procédé devient courante.
Elu président de la Société des chimistes de sucrerie et de distillerie de France.
1897 Entre à la Société de Froges pour étudier les applications de l'aluminium dans les industries alimentaires (altération, rôles des impuretés, toxicité, influence dans la marche des fermentations et des éthérifications). La vulgarisation de ces travaux, poursuivis pendant de nombreuses années, va largement contribuer à faire adopter ce métal dans l'industrie alimentaire.
1898 Chargé de conférences à l'Ecole de physique et chimie de la Ville de Paris.
1900 Nommé Conseiller du Commerce extérieur de la France.
1900-1904 Entre à l'Institut Pasteur, où E. Duclaux qui a agréé son programme d'étude des propriétés antiseptiques du formol dans les domaines de l'hygiène et de l'épidémiologie, le charge du Cours d'analyses.
1901 Publie un ouvrage sur L'Organisation des industries chimiques en Allemagne . Est fait chevalier de la Légion d'honneur. Promu officier, en 1911, et commandeur, en 1923.
1902 Soutient sa thèse sur l'oxydation catalytique des alcools.
1905 Nommé chef du service des recherches appliquées à l'Hygiène, à l'Institut Pasteur.
1906-1933 Ses travaux évoluent vers de l'épidémiologie, en particulier sur les microbes en suspensions dans l'air et leurs mécanismes de transmission, ainsi que l'influence du climat sur ce type de contagion. Une des extensions de ce travail le conduit à s'intéresser à la forme aérosol des produits pharmaceutiques ouvrant la voie de nombreux traitements en particulier celui de l'asthme.
1911 Donne une conférence à l'Institut Pasteur sur Honoré de Balzac et la théorie unitaire.
Elu président de l'Association des chimistes de France et des Colonies.
1915-1918 Son laboratoire est désigné comme laboratoire annexe des études chimiques de guerre, on y travaille en particulier sur les gaz asphyxiants, les masques à gaz et la fabrication de matières premières. Est nommé conseiller des ministères de la Guerre et de la Marine dans le domaine des nuages artificiels et de la protection des métaux légers contre la corrosion.
Nommé chef du Service de chimie biologique à l'Institut Pasteur.
Nommé membre du Conseil d'hygiène et de salubrité de la Seine.
1934 Retraité de l'Institut Pasteur, il y poursuit néanmoins ses recherches.
1937 Elu membre de l'Académie nationale de médecine.
1939 Part pour la Tunisie, rejoindre sa fille et son gendre, officier de Marine.
02/04/1944 Décès à Douar-Chott prés de Carthage (Tunisie).

Publications en collaboration avec : Bousquet, Brulin, A. Calmette, Fouassier, Frouin, Kaneko, Mallein, Moliex, Quesneville, G. Roux, Sauton, Teutmann.

Références bibliographiques :
- Macheboeuf (Michel), M. A. Trillat (1861-1944), Annales de l'Institut Pasteur , 75, 1947, pp. 622-623.
- Tréfouël (Jacques), Notice nécrologique de M. Auguste Trillat, présenté à l'Académie de Médecine (Archives Institut Pasteur, TRE.DS.125).
- Trillat (Auguste), Notice sur les Titres et Travaux scientifiques de M. A. Trillat , Laval, Barnéoud, 1921, 1924, 1933.

Service des Archives de l'Institut Pasteur