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Repères chronologiques
Institut impérial de Bactériologie de Constantinople

 

1886 A la suite de la guérison de Joseph Meister par la méthode de prophylaxie contre la rage mise au point par Louis Pasteur, et à la souscription internationale pour la fondation d'un institut antirabique qui s'en suit, Abd-ül-Hamid II, sultan de l'Empire Ottoman, fait parvenir une somme de 433 livres turques en or (10.000 francs or de l'époque) à Pasteur, pour la fondation de son Institut. Il délègue également, une équipe de trois médecins, Zoreos Pacha, professeur à l'Ecole impériale de médecine, le lieutenant-colonel Hüseyin Remzi Bey, professeur à l'Ecole militaire de médecine, le lieutenant-colonel Hüsmii Bey, professeur à l'Ecole vétérinaire, pour remettre à Louis Pasteur le Grand cordon de l'Ordre du Medjidié, et pour s'initier à la méthode de prophylaxie de la rage et du charbon.
1887 De retour à Constantinople, Zoreos Pacha fonde l'Institut antirabique de Constantinople. Le 10 mai de cette même année a lieu la première inoculation chez un jeune garçon de 13 ans. 41 personnes seront traitées de 1887 à fin 1888.
Hüseyin Remzi Bey rédige le premier traité, en langue turque, sur le vaccin antirabique, avant de prendre la direction du Centre d'inoculation de la variole.
1893 Une épidémie de choléra éclate à l'asile d'aliénés de Scutari, à Constantinople. Abd-ül-Hamid s'adresse alors à Louis Pasteur qui lui envoie un disciple, A. Chantemesse. Celui-ci conduit dans un premier temps une enquête épidémiologique, puis recommande des mesures propres à enrayer l'épidémie : création d'un Conseil supérieur d'hygiène pour la mise en oeuvre de travaux de longue haleine, telle la réfection des égouts de la ville ; création d'un bureau central d'hygiène pour le recueil régulier d'informations relatives à l'épidémie ; création de trois stations de désinfection et d'une équipe de désinfecteurs composée de trente pompiers. Il obtient également la création d'un Institut de bactériologie, englobant l'Institut antirabique fondé par Zoreos Pacha. La direction en est confiée à des chercheurs de l'Institut Pasteur.
11/1893 Arrivée à Constantinople de M. Nicolle (préparteur à l'Institut Pasteur), engagé en qualité de professeur de microbiologie à l'Ecole impériale de médecine. Il prend également la direction scientifique du nouvel Institut impérial de bactériologie, Zoreos Pacha continuant à diriger l'Institut antirabique. Mondragon, un employé au Service d'assainissement de la Ville de Paris, arrive dans le même temps, avec pour mission de former et de diriger les équipes de désinfection.
1899-1900 A.-Ch. Marie, membre de l'Institut Pasteur depuis 1894, est nommé chef du service antirabique à l'Institut impérial de bactériologie.
1893-1901 M. Nicolle poursuit la lutte contre le choléra dont il entreprend l'étude épidémiologique et microbiologique. Il s'intéresse aussi à d'autres maladies infectieuses comme la pneumonie des chèvres d'Anatolie, diverses pasteurelloses, la peste bovine, la piroplasmose bovine, le bouton d'Alep. Il mène également des études pour améliorer les procédés de préparation de la toxine diphtérique. En même temps, il se consacre à un enseignement de microbiologie destiné aux médecins et aux vétérinaires.
10/1898 L'Empereur d'Allemagne, Guillaume II, se rend en visite officielle à Constantinople où il est magnifiquement reçu par le sultan Abd-ül-Hamid. Il demande à visiter l'Institut bactériologique, mais M. Nicolle refuse de le recevoir.
07/1901 Les difficultés de financement de l'Institut de bactériologie par les autorités de la Sublime Porte, les mauvaises relations avec l'ambassade de France, puis la création à Constantinople d'un laboratoire concurrent, confié à un bactériologiste anglais, M. Black, pousse Nicolle à démissionner.
1901 A la demande de E. Roux, P. Remlinger (médecin de l'Hôpital militaire de Tunis) arrive à Constantinople pour prendre la direction de l'Institut impérial de bactériologie. Zoréos Pacha tombé en disgrâce, et Adil Bey malade, Remlinger doit aussi assurer la charge de l'Institut antirabique.
1902 Reprenant les leçons données à Constantinople sur les techniques microbiologiques et sur les organismes pathogènes, Maurice Nicolle publie, en collaboration avec P. Remlinger, un Traité de Microbiologie Générale.
1903 P. Remlinger et Riffat Bey démontrent que l'agent pathogène de la rage est un virus filtrant.
1908 A la suite de la révolution des Jeunes Turcs, Remlinger souhaite retourner en France. Ch. Nicolle, pressenti pour le remplacer, accepte le poste, mais l'affaire n'aboutit pas et Remlinger finit par abandonner son projet de départ.
1911-1914 A la demande de E. Roux et de A. Calmette, P.-L. Simond succède à P. Remlinger à la direction de l'Institut. Le petit-fils de Louis Pasteur, L. Pasteur Vallery-Radot, devient son assistant. Les deux hommes s'attachent à la préparation de vaccin antityphique et doivent faire face à une épidémie de choléra.
03-07/1914 P. Forgeot, à la demande du ministère de l'Agriculture Ottoman, prend la direction de l'Institut impérial de bactériologie, récemment installé place Sultan-Ahmed, dans une annexe de l'Ecole vétérinaire de Constantinople. Sa mission prend fin en raison des menaces de guerre. Haïm Effendi lui succède.
1918 Projet sans suite de A. Vaudremer (maître de conférence à l'Ecole pratique des Hautes études, attaché à l'Institut Pasteur) de transformer l'Institut impérial de bactériologie de Constantinople en Institut Pasteur.
1923 A la suite de la fondation de la République Turque, les laboratoires de bactériologie, biochimie et de production ainsi que le l'Institut antirabique sont réunis en un nouvel Institut d'hygiène dont la direction est confiée à un ancien collaborateur de M. Nicolle, Refik Güran.
1926 A la demande du Gouvernement Turc, P. Forgeot reprend la direction scientifique à l'Institut bactériologique vétérinaire de Constantinople, installé désormais dans le district de Pendik. Il est également chargé d'un enseignement de microbiologie.
1930 P. Forgeot quitte l'Institut vétérinaire pour regagner la France.
1988 Les autorités Turques donnent le nom de Maurice Nicolle à un laboratoire de recherche en microbiologie nouvellement crée à Istambul. L. Chambon, sous-directeur de l'Institut Pasteur, assiste à l'inauguration.

Chercheurs turcs de l'Institut impérial de bactériologie : Riza Arif, Raphaël Asséa, Adil Bey, Réfik Bey, Haïm Effendi, Riffat Hüsamettin Bey, Ihsran, Israël, Haïm Naïm, Osman Nouri, Zoreos Pacha, Kemal Monktar.

Références bibliographiques :
- Huet (Maurice), L'Institut Impérial de bactériologie de Constantinople, Histoire des Sciences Médicales, t. XXXIV, nÝ 3, p. 289-294, 2000.
- Nicolle (Jacques), L'Institut Impérial de Bactériologie de Constantinople dans Maurice Nicolle (1862-1932), La Colombe, p. 59-81.
- Unver (Süheyl), Lettres et cartes de visite de Pasteur retrouvées à Istambul, Société Française d'Histoire de la Médecine, p. 108-111.
- Dedet (Jean-Pierre), Institut Impérial de Bactériologie de Constantinople dans Les Instituts Pasteur d'Outre-Mer - Cent-vingt ans de microbiologie française dans le monde, L'Harmattan, p. 151-154.

Service des Archives de l'Institut Pasteur