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Repères chronologiques
Jacques-Joseph Grancher (1843-1907)

 

Médecin français né à Felletin (Creuse, France), le 29/09/1843. Son père est tailleur dans cette ville. Il y fait ses études jusqu'au baccalauréat ès sciences, d'abord chez les frères des écoles chrétiennes, puis au collège.
1862 Se rend à Paris où il débute des études médicales.
1865 Reçu externe, il suit l'enseignement de Béhier, professeur de clinique médicale à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu (Paris).
1867-1870 Passe le concours de l'internat et débute chez Cusco, chirurgien de l'Hôtel-Dieu, puis entre chez Bouchut à l'hôpital des Enfants-malades, chez Bernutz à l'hôpital de la Charité, chez Gallard à l'hôpital de la Pitié, chez Tillaux enfin, à l'hôpital Lariboisière. Il s'initie à la technique histologique avec Ranvier et Cornil, maîtres de l'anatomie pathologique, au laboratoire privé de la rue Christine.
1868-1878 Est nommé directeur du laboratoire d'anatomie pathologique et d'histologie normale de Clamart (rue du Fer à Moulin) que vient d'ouvrir l'Assistance publique. Il y enseigne pendant dix ans.
1870-1871 Sert comme aide-chirurgien-major pendant la guerre contre la Prusse. Mort de son père.
1872 Finit son internat. Fait paraître un mémoire dans les Archives de Physiologie où il étudie comparativement la texture d'une granulation tuberculeuse et d'un noyau de pneumonie caséeuse. Cette dernière maladie est considérée par Virchow, Reinhardt et leurs partisans, les dualistes , comme différente de la tuberculose. Mais Grancher démontre que ces deux produits pathologiques sont la manifestation d'une seule maladie, la tuberculose, se rangeant par là même dans le camp des unicistes .
06/02/1873 Soutient sa thèse de doctorat en médecine, intitulée De l'unité de la phtisie .
1874 Passe une année à l'Hôpital Tenon (Paris). Devient membre titulaire de la Société de biologie.
1875 Reçu médecin des Hôpitaux, il ouvre un cabinet privé rue du Pont-Neuf, à Paris, et exerce à l'Hôpital Necker.
1878 Publie, dans les Archives de physiologie , un mémoire sur la tuberculose pulmonaire. Il y souligne l'existence d'une capsule conjonctive cernant les lésions, qui offre, selon lui, la clé de la cicatrisation, donc de la curabilité de la tuberculose pulmonaire. Parution également d'un article, dans la Gazette médicale de Paris , définissant toute la prophylaxie antituberculeuse pour le demi-siècle à venir (diagnostic précoce, cures hygiéniques, placement des malades curables dans des stations sanitaires de campagne).
1879 Epouse Rosalia Abreu, veuve d'un planteur cubain.
1880 Obtient le prix Lacaze de l'Académie de médecine pour l'ensemble de ses travaux sur la tuberculose.
1881 Est chargé, comme agrégé, d'un cours sur les maladies du système nerveux.
1883 Première description d'une maladie qu'il appelle spléno-pneumonie (aujourd'hui connue sous le nom de maladie de Grancher ).
08/1884 Participe au congrès de Copenhague, où il présente, avec Verneuil et Daremberg, une étude sur le diagnostic précoce de la tuberculose. Il y entend L. Pasteur exposer le principe général des vaccinations contre les maladies virulentes.
1885-1907 Est choisi pour remplacer Parrot à la chaire de clinique des maladies des enfants. Il y donne pendant 22 ans des leçons de bactériologie.
1885 Lorsque Joseph Meister, mordu par un chien enragé, est conduit au laboratoire de L. Pasteur, rue d'Ulm, à Paris, J. Grancher se joint à Vulpian pour décider Pasteur à essayer sur l'homme le procédé d'immunisation expérimenté sur le chien. Grancher fait, en dix jours, les treize piqûres nécessaires au jeune Meister, et sauve l'enfant.
1885-1887 Après le succès rencontré par cette première tentative, L. Pasteur lui confie la direction d'un centre de vaccination, installé dans les baraquements de la rue Vauquelin, près du laboratoire de la rue d'Ulm.
1886 Devient le parrain de L. Pasteur Vallery-Radot.
1886-1887 Elu secrétaire du comité de patronage de la souscription organisée pour créer l'Institut Pasteur (Jurien de la Gravière en est le président).
1887 A la demande de L. Pasteur, défend la vaccination antirabique devant l'Académie de médecine et fait état de statistiques fixant à moins de 1% le taux de mortalité des vaccinés. Il déclare que désormais, les pasteuriens publieront tous les mois une statistique détaillée des vaccinations dans les Annales de l'Institut Pasteur , que E. Duclaux vient de créer.
1887-1900 Elu secrétaire du conseil d'administration de l'Institut Pasteur. Chargé, par L. Pasteur, de la révision des statuts de l'Institut Pasteur pour que le Conseil d'Etat puisse accorder à celui-ci, la déclaration d'établissement d'utilité publique.
1888 Entre au comité de rédaction des Annales de l'Institut Pasteur où il retrouve A. Calmette, E. Duclaux, Ch. Chamberland, E. Metchnikoff, Ed. Nocard, E. Roux, I. Straus, L. Vaillard.
1889 Si nombre de pédiatres pratiquent, depuis 1880-1885, l'isolement des enfants contagieux dans leur service hospitalier, Grancher démontre que cette pratique, si elle diminue le contagion chez les entrants , ne modifie en rien la contagion interne. Il imagine dès lors de mettre en pratique l'isolement des enfants hospitalisés à l'aide d'un box (paravent grillagé entourant le lit du malade), et des règles d'hygiène strictes, destinées au personnel soignant, pour entrer et sortir du box (revêtir une blouse de box , se laver les mains au savon).
1890 Publie chez Doin son Traité des maladies de l'appareil respiratoire . Fait construire un hôtel particulier, rue Beaujon où, avec son épouse, il reçoit le Tout Paris .
1891 Présente, au congrès de la tuberculose à Paris, les travaux entrepris avec H. Martin, à l'Hôpital des Enfants-malades, sur des essais d'immunisation des animaux contre la tuberculose.
1892 Devient membre de l'Académie de médecine dans la VIe section d'anatomie pathologique. Il y entreprend un combat pour obtenir la déclaration obligatoire de la tuberculose. Atteint d'une grave pneumonie, il met plusieurs mois à retrouver la santé.
1896 Entre au conseil municipal de Cambo-les-Bains.
1898 Fait paraître, avec Comby et Marfan, un Traité des maladies de l'enfance .
1900 Elu vice-président du conseil d'administration de l'Institut Pasteur. Wallon en est le président.
1900-1905 Elu maire de Cambo-les-Bains. Républicain et radical, il s'occupe des écoles publiques, de l'électrification, de l'installation du téléphone, de l'abattoir, d'un jardin public.
1903 Crée l'Oeuvre de préservation de l'enfance contre la tuberculose (Oeuvre Grancher).
1904 Avec ses élèves, Babonneix et P. Armand-Delille, entreprend un dépistage de la tuberculose dans une école du 15e arrondissement de Paris et tente de préciser un mode de traitement possible à l'école. Mais le traitement ne se montre pas efficace. Grancher demande alors, au conseil municipal de la Ville, de Paris la création de sanatoriums-écoles, d'écoles de plein air, d'oeuvres de placement à la campagne d'enfants atteints de tuberculose légère.
1905-1907 Devient président du conseil d'administration de l'Institut Pasteur, après la mort de Wallon.
13/07/1907 Décède d'une pneumonie infectieuse.

Publications en collaboration avec : Comby, Daremberg, Marfan, Verneuil

D'après J. Roussillat.

Références bio. : Roussillat (Jacques), La vie et l'oeuvre du professeur Jacques-Joseph Grancher , thèse de doctorat en médecine, Guéret, Les Presses du Massif Central, 1964, 138 p.

Service des Archives de l'Institut Pasteur